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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:12

Depuis quelques années, les invertis occupent le devant de la scène. Force est de constater que leur présence s’affiche de plus en plus ouvertement. Il en résulte que la sexualité naturelle devient difficile. L’inversion touche beaucoup de personnes et sous des formes diverses, mais beaucoup choisissent de ne pas vivre leur sexualité. Ils transposent leur énergie, leur imagination, sur la dimension sociale de la relation, le travail… Les invertis sont rejetés et souffrent de cette discrimination. Mais il serait dangereux de les promouvoir ou de promouvoir leur comportement sexuel. L’inversion a une place comme maladie dans le système législatif qui constitue une normalisation éducative des relations humaines(1) . L’inversion a des causes et des manifestations multiples. Il existe une incompréhension entre la culture grecque et la culture hébraïque. Les religions du livre ont des origines dans la Bible. Voici quelques éléments de réflexion sur les relations avec les invertis.

1. Les lieux de spectacle comme Chez Michou, les films comme La cage aux folles font rire de nos fragilités. L’art permet la reconnaissance de nos fragilités. Cette démarche s’accompagne du respect des normes éducatives et légales, et d’une certaine discrétion. Le jeu, l’imitation, la répétition symbolique n’impliquent pas la pratique sexuelle s’ils ne sont pas exhibitionnistes. Être inverti est peut-être difficile mais n’exclut pas de la société, sauf si l’on pratique une sexualité inspirée par cette inversion.

2. L’homosexualité fait peur. La relation charnelle amoureuse est-elle à encourager entre individus de même sexe ? Les dangers de tels gestes concernent les individus, mais aussi le groupe. Ceux qui les pratiquent donnent accès à la prolifération de virus dans leur espèce(2). L’inoculation et la prolifération des virus dans une espèce , lui ouvrent les possibilités de leur adaptation. La peur constitue donc une barrière de protection. Ce souci sanitaire concerne l’acte sexuel qui ne passe pas par les voies vaginales et l’excision.

3. La sexualité des invertis est faible car sans descendance, donc sans légitimité ; elle se lie à une identification à l’iconicité de la mère(3) , pour la femme comme pour l’homme.

4. L’autre sexe existe en chacun. Un pli caché non exprimé, la sexualité que la nature ne nous a pas donnée. Ce devenir présent permet d’assumer des rôles multiples, d’assurer liberté et espace de vie et de rencontre. Il serait grave de le mélanger avec les tendances inverties.

5. Dans l’identique en miroir se reflète l’amitié. Les invertis font de l’ombre à l’amitié si, en miroir, ils tombent dans la sexualité sans imagination avec leurs relations amicales.

6. Les dérives sexuelles obéissent à une loi d’amplification qui passe par l’exhibitionnisme. Certaines formes d’homosexualité sont vécues comme normales et se joignent à un désir d’être reconnu : « Les uns assument l’inversion comme quelque chose qui va de soi, à l’instar de l’individu normal pour l’orientation de sa libido, et défendent avec ardeur le droit pour l’inversion d’être mise sur le même plan que la sexualité normale »(4)

7. Les invertis se manifestent de façon plus ouverte dans les sociétés démoralisées par des crises, le chômage, les persécutions religieuses, raciales, culturelles liées aux nouvelles coexistences des relations contemporaines. Le principe d’une dérive sexuelle, comme d’un film pornographique, revient à s’imposer progressivement. Les barrières sociales de la morale qui permettent d’éviter les blessures psychologiques sont progressivement abaissées, une à une dans un engrenage sans limites et lent.

8. Or, nous avons des outils et des connaissances qui nous permettent de stopper les maladresses. Les études de Sigmund Freud existent pour éviter que les images mentales de la prostitution, des atteintes à la pudeur ne prennent le biais de la justice pour se diffuser. Elles permettent de ne pas transmettre les images mentales dans les accusations d’exhibitionnisme. En cela, le travail de Sigmund Freud(5) constitue un outil juridique. Les maladies sexuelles peuvent être transmissibles par la pensée. En général, une exacerbation de la sexualité bloque la créativité. Jacques Lacan explique le passage au stade du miroir où le désir de l’autre passe par les relations sociales. La prise de conscience du mur(6) transparent que nous partageons avec l’autre dans le langage et ses plaisirs peut passer par l’art courtois, mais aussi par le partage professionnel ou les loisirs, comme le prône Vermeer dans La leçon de piano.

9. Une généralisation de l’objet sexuel féminin joué par des hommes implique un rejet de la femme. Les rôles iconals de la femme ont donc été bafoués : l’enfance est laissée sans protection, les trisomiques, et les infirmes de maladies génétiques meurent par l’avortement. Toute personne qui tente de prendre la défense des trisomiques se trouve confrontée à l’homosexualité par souci des invertis d’être eux aussi mieux reconnus dans leur souffrance. Mais le silence des trisomiques vient du fait qu’ils ont déjà perdu car ils sont morts quand les invertis sont vivants pour s’exprimer. Il est triste d’étouffer la voix de ceux qui désirent prendre la défense des trisomiques dans l’éternel problème de nos sexualités imparfaites et des infidélités.

10. II existe des dangers de confondre humilité et masochisme, autorité et sadisme, de condamner ainsi l’existence sociale.

Sigmund Freud signale les invertis et il développe rapidement les différents types d’inversions(7) . Il prend l’exemple de la société grecque : « chez les Grecs, où les hommes les plus virils se rencontraient parmi les invertis, il est clair que ce qui enflammait l’amour de l’homme n’était pas le caractère viril du garçon, mais la ressemblance physique avec la femme… Dès que le garçon devenait un homme, il cessait d’être un objet sexuel… »(8) . Cette phrase montre que l’inversion a parfois des tendances pédophiles dans un milieu masculin. La dérive des milieux masculins n’est donc pas à prendre à la légère. Dans des situations où les femmes sont presque totalement absentes, cette forme d’inversion se rencontre. Comme partout, la société grecque comptait des invertis. Sigmund Freud pensait-il à Alexandre comme un inverti ? Peu de documents prouvent qu’il l’ait été : « Les sources qui nous parlent d’Alexandre, du point de vue érotique, sont contradictoires ; mais ce sont celles qui nous le présentent comme une nature plutôt froide qui doivent être dans le vrai. En tout cas, l’amour des femmes n’a pas joué un rôle important dans la vie d’Alexandre »(9) , contrairement à son père Philippe qui eut à en souffrir. Alexandre (356-323) a eu Aristote (384-322 av. J.C.) comme précepteur. Alexandre le Grand permit le renouveau du royaume de Macédoine. La République d’Athènes touche à sa fin. Socrate (470-399), Platon (428-348 av. J.C.) en étaient les garants. Ils dénonçaient la corruption(10) . Les critiques de la République par Socrate ne la remettent pas en cause mais luttent et dénoncent ses fragilités. À Aristote, il manquait la poésie et son pendant religieux, la prière, qui rendent vivante la réflexion autour de la loi, le miroir commun où s’ouvrent la forme fermée de la loi, le pacte fondamental, la liberté(11) . Mais il apporte une intéressante description des modèles politiques démocratiques et aristocratiques qui, à partir du XIII° siècle, auront une influence sur les institutions occidentales d’Europe. « La discussion se déplace de l’origine à la valeur intrinsèque des lois : un code donné par un Dieu doit être parfaitement bon »(12) . Aristote montre que les lois ne sont pas parfaites. Elles ont besoin d’évoluer et ne viennent pas des dieux mais des hommes(13) inspirés par les dieux. Platon, Socrate et Aristote ont eu des lecteurs plus ou moins honnêtes en fonction des situations politiques. Certains leur attribuent des affinités monarchistes pour pouvoir concilier la sagesse de la philosophie avec leur époque. « Les récupérations circonstanciées de la pensée aristotélicienne ont montré tous leurs dangers : Fénelon faisait du Stagirite un partisan de l’« État monarchique » alors que le citoyen Champagne, en l’an V, y voyait un notable centriste, partisan d’une république censitaire. « Mieux vaut se rendre à l’évidence du pénible destin de la philosophie politique d’Aristote : si elle n’a jamais été inconnue, elle a pourtant longtemps été méconnue, avant d’être, à partir du XIIe siècle, déformée en même temps qu’elle était reconnue. »»(14) .

Dans quel contexte Sigmund Freud fait-il référence à la Grèce, à propos des invertis? Avec la chute progressive de l’Empire Austro-Hongrois, plus précisément à la mort du prince héritier Rodolphe, le peuple juif perdait un protecteur(15) en la personne de l’empereur. Et l’on sait combien cela a eu des conséquences dramatiques pour le peuple juif(16) . Dans son amertume, Sigmund Freud associe la jeune démocratie(17) à un pouvoir faible. Comment reprocher à Sigmund Freud d’avoir détesté la constitution de Weimar (1919-1933) discréditée par des méthodes électorales peu scrupuleuses de Karl Lueger(18) ? Elle a manqué de vertu car elle n’a pas respecté les pactes fondamentaux de la Déclaration des Droits de L’Homme ou des Dix Commandements. Selon Platon, la République trouve ses forces dans la vertu(19) . Le citoyen ne renonce pas à sa vertu, il la défend dans l’épreuve. Je propose de considérer que la critique de la morale grecque par Sigmund Freud est un poncif lié au contexte historique du début du XX° siècle. La philosophie, qui est l’accès à la sagesse dans la recherche de la Vérité, a son origine en Dieu et dans les valeurs. Les valeurs de tyrannies(20) , de l’empire Romain ou celles des monarchies ne s’adaptent pas aux philosophies de Socrate et Aristote qui œuvrent pour une prise de conscience des citoyens. Le gouvernement constitutionnel ou la cité grecque ont besoin de citoyens conscients de leurs responsabilités. Cette conscience est possible par la phénoménologie philosophique de l’esprit. Les valeurs sont séculières. Les philosophies de Socrate et d’Aristote ont donc une modernité politique que n’a pas celle de Leibniz(21), par exemple, fataliste et royaliste. Astérios(22), amoureux d’Europe mystique, aura toujours raison devant Homère qui associe la mort aux enfers. Il aura un fils né de l’amour d’Europe pour Zeus, Minos(23). Les dieux ne font pas la guerre, seuls les hommes et les fourmis guerroient(24). Dans la sagesse, qui a pour origine Dieu, se trouve la paix des peuples. Mais cette origine n’appartient pas au début d’un temps. Ou bien ce serait mélanger les ordres. L’origine s’identifie au spirituel et accompagne le temporel pour tous en démocratie, la capacité d’accéder aux deux connaissances, les voix des hommes et celles de Dieu. L’origine se manifeste dans la présence de Dieu au milieu des hommes et des valeurs. La conscience spirituelle correspond à cette capacité à la voir et à exister dans ces devenirs. Il n’y a pas opposition dans une ironie mais oxymore que Jacques Lacan décrit avec précision à propos de l’œuvre de Xavier Bichat ou de Sigmund Freud pour ce qui est respectivement, la définition de la vie en biologie : « l’ensemble des forces qui résistent à la mort »(25), « l’instinct de mort » oxymore pour décrire l’équilibre d’un système.

 

Le fidèle d’amour de la pensée orientale vit la sagesse d’un amour sans idolâtrie. Sa démarche est décrite par Attar dans Le langage des oiseaux. L’idolâtrie conduit à la soumission au sensible. Dans le Coran inspiré par la Bible, l’idolâtrie est traitée dans la sourate sept(26) avec les désirs charnels entre hommes. Ne pas voir dans les formes la sagesse de Dieu, ses bienfaits conduit à des dérives. Les portes de la sagesse et de la disparition dans la lumière de Dieu passent aussi par la beauté ou par l’amour. La porte de la beauté conduit à la lumière : « Ô mon Dieu et mon roi ! Ton serviteur te sollicite ; il est amoureux et il consent à ce que tu le fasses périr dans la voie de l’amour. Je suis cordialement attaché à cette porte, je suis un véritable amant bien loin d’être infidèle »(27). La rencontre avec Dieu ne s’arrête pas à la porte ou ce serait une idolâtrie.

La Genèse(28) décrit la destruction de Sodome. Lot était un homme juste et plutôt que de laisser les anges être abusés par les sodomites, il propose ses filles ! L’amoralité était donc si grande dans Sodome que le déshonneur des femmes semblait une leçon et faire jugement ! Pourquoi, autrement, les sodomites lui diraient-ils : « En voilà un (Lot) qui est venu en étranger, et il fait le juge ! »(29). Ce refus, devant tant de concessions, provoque la colère de Dieu.

Ézéchiel dit que Sodome fut coupable d’« orgueil, voracité et insouciance tranquille, telles furent ses fautes et celles de ses filles ; elles n’ont pas secouru le pauvre et la malheureux, elles se sont enorgueillies et ont commis l’abomination devant moi… »(30). Cela veut dire que Sodome n’a pas su accueillir l’étranger. L’acte de dépouillement et de mise à nu marque la soumission(31), comme le fait Jonathan, le fils du roi Saül devant David. Tout dévoiler de la sagesse de Dieu est considéré dans la Bible comme une prostitution. L’humiliation ou la profanation demandée pour les anges envoyés de Dieu provoque Sa colère. Sodome disparaît mais sera rétablie quand elle aura changé son cœur, bien sûr, car le nouveau testament n’abolit pas l’ancien mais le renouvelle(32), au-delà de la Loi, dans la force de l’amour. Et Jérusalem aussi, même si elle fit autant de mal et bien qu’elle ait violé une alliance(33) sera rétablie, cela pour sa honte aux yeux du monde. L’idolâtrie se détruit dans la mort du Christ dépouillé de ses vêtements, crucifié et transpercé d’un coup de lance. La crucifixion de Jésus ne se médite pas avec le corps mais avec le vêtement de l’Esprit qui domine celui du corps. « Nous savons en effet que si cette tente – notre maison terrestre – vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme, dans les cieux. Aussi gémissons-nous dans cet état, ardemment désireux de revêtir par-dessus l’autre notre habitation céleste, si toutefois nous devons être trouvés vêtus et non pas nus. […] nous ne voudrions pas en effet nous dévêtir, mais nous revêtir par-dessus, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et Celui qui nous a fait pour cela même, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit »(34).

Le vêtement spirituel se tisse en Dieu. Et Dieu seul pourvoit à le vêtir celui qui vient à lui. Ce vêtement a été tissé en substance dans l’Amour. Il transfigure la Loi : « vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus »(35).

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. […] Oui, quiconque commet l’une de ces abominations, quelle qu’elle soit, tous les êtres qui les commettent, ceux-là seront retranchés de leurs peuples »(36). La liste des prescriptions ne concerne pas seulement les religieux mais toute personne appartenant au monde séculier. Leur bannissement du milieu du peuple signifie qu’ils n’appartiennent plus à la vie de l’époque, du siècle. Pour ces actes, ils dépendent du pouvoir séculier(37), celui du peuple, puisque c’est du peuple qu’ils sont condamnés à être retranchés, dans le cas où les pouvoirs sont séparés.

« L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commises, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux.»(38) Ce texte ne fait pas de différence entre le pouvoir séculier et le pouvoir religieux. Il ne s’adapte pas vraiment à nos connaissances contemporaines en science et en psychologie qui permettent de remédier à certaines fragilités, et imperfections de la nature. La Bible raconte l’histoire d’une pédagogie progressive pour son peuple. Le lévitique se situe au début de l’histoire des hébreux.

L’Eglise demande de se conformer à la Bible et de remettre certains actes au pouvoir séculier : « si quelqu’un a commis le crime abominable contre nature, pour lequel la colère divine vient sur les fils de la défiance, qu’il soit livré à la Cour séculière pour être puni et s’il était clerc, qu’il soit soumis à la même peine après avoir été dégradé de tous les ordres »(39).

En effet, quand il existe des juges, la Bible demande que ceux qui se comportent mal soient remis au pouvoir de ces juges : « Tu établiras des juges et des scribes en chacune des villes que Yahvé ton Dieu te donne… »(40)

« Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, […] Je vous dis que pour Sodome, en ce jour là, il y aura moins de rigueur que pour cette ville là »(41). Selon ce texte, Dieu connait nos fragilités et pardonne à ceux qui l’aiment et désirent changer. Il est fait usage du pronom personnel « Elle » pour désigner la cité qui accepte ou refuse la présence des apôtres et des saints. « Elle » se fait alors conscience collective.

La conscience collective, en se soumettant aux images, en portant son adoration sur les représentations, se corrompt. Saint Paul écrit des païens : « dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous et ils ont changé la gloire de Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d’homme corruptibles, d’oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles. […] Aussi Dieu les a-t-il livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps ; […] car leurs femmes ont changé les rapports naturels pour des rapports contre nature… »(42). Les idoles sont condamnées par la Bible comme le mensonge et elles conduisent l’homme et la femme à la dépravation. « Pourquoi m’ont-ils irrité par leurs idoles, par ces vanités venues de l’étranger ? »(43) La vérité seule plaît à Dieu : « Dieu de vérité, tu détestes les servants de vaines idoles »(44). Les avilissements et impuretés sont le signe des tyrans menteurs qui abusent les peuples.

 

En conclusion :

Pour tous, une retenue sexuelle permet de trouver d’autres chemins pour canaliser l’énergie et demande de travailler ses images mentales, de veiller à les orienter. Il est donc important de poser la question des origines qui déterminent les orientations de la pensée. Ces origines sont comme les graines d’un jardin. Ces virtualités sont choisies pour être les germes de plantes qui fleurissent avec de belles couleurs et des parfums odorants. La sexualité peut devenir une plante invasive chez l’individu ou dans la société. Ce malheur est aussi vieux que l’expression populaire de « couillon ». À l’adolescence l’énergie quitte le pli sexuel pour entrer dans le miroir des relations sociales, même s’il comporte des déceptions. Dépasser la sexualité, tout en la gardant à sa place. La sexualité ne peut guider les décisions médicales, sociales, internationales, de recherches et politiques, encore moins de religion.

Dans le respect de la personne et de la discrétion, dans le souci de ses ressources, il importe de reconnaître le célibat. Chacun choisit librement de garder pour lui ou pas les raisons de son célibat. Mais en matière d’homosexualité l’exhibitionnisme ne peut être admis.

L’acte sexuel que l’on dit sodomite, pour lequel la Bible utilise le verbe « coucher » dans le Lévitique, relève du pouvoir séculier et non du pouvoir religieux. Il met en danger la population entre hommes, comme entre homme et femme. Il favorise les maladies transmissibles et les désordres sexuels, mais également psychologiques.

Le souci de vérité de la Grèce antique se heurte à la nudité vue comme marque de soumission dans le monde sémite.

Il existe une grande différence entre l’esthétique grecque qui fait de la nudité un souci de la Vérité et l’esthétique sémite du voilé, de la séparation et de la crainte où la nudité s’associe à l’esclavage et à la soumission, et cela aussi en esprit. Dévoiler ses affinités avec Dieu, les anges venus à Sodome pour voir Lot, comporte le risque de dévoyer la pensée sainte, de la mettre à égalité avec des faux dieux.

Dans la Grèce antique, la direction de la cité demande d’être honnête, probe, d’être méritant et non pas tyrannique : « […] le juge devra, lui aussi, avoir été mis à nu et être un mort, qui, avec sa seule âme, est spectateur d’une âme pareillement seule, celle de chacun, à l’instant où il vient de mourir : un mort qui est isolé de toute sa parenté et qui a laissé sur la terre tout ce dont il se parait ; condition indispensable à la justice de sa décision »(45). Le pli du juge dans l’humanité correspond à la nudité. Cette définition de la conscience, mot qui n’existe encore pas au temps de Platon, montre l’importance d’avoir une conscience qui ne soit pas soumise aux influences d’intérêts sous-lunaires, de la caverne.

Ces deux usages de la symbolique de la nudité n’ont pas le même objet. L’un relève de la relation à Dieu, l’autre de la gestion de la cité et du discernement. Mais un point commun touche à ces deux plis des relations humaines. Dans l’histoire de Lot, comment préserver les justes qui sont les anges, portes de la présence de Dieu ?

La personne de Jésus permet de sortir de cette opposition. Le peuple de Dieu commence par se préserver et construire une histoire des justes, de ceux qui ont fait ce qui plaît à Dieu et qui constituent l’arbre de Jessé(46) d’où sortira Jésus. Le souci des rapports de domination par la force n’existe plus, au profit de la conscience. Pilate s’inquiète de crucifier un homme juste(47). Jésus est exclu de la communauté juive par sa mort(48) et les apôtres parlent en langues à tous les hommes de la terre. Les rapports de force s’effacent pour le souci de la justice. Les secrets de Dieu sont dévoilés. Le fils prodigue est accueilli dans la maison du père. L’évangile annonce la vérité à tous au risque d’être profané. Les prophètes de l’amour ne montrent pas une faiblesse, mais le souci de préserver les justes, en conscience, dans le souci de l’humanité et de sa divinité. Le juste ayant été pendu, l’homme devant Dieu dépasse la Loi. De là, naît une justice qui dépasse la loi dans le respect du spirituel lié à la foi. Les instituions dépendent de la loi et des pactes fondamentaux liés aux religions et au respect de l’humanité et de la Vérité.

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1. Jean-Charles Jobart, La notion de Constitution chez Aristote, in Revue française de droit constitutionnel, 2006/1 (n°65), PUF. Internet : cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE. « […] des politeiai idéales se sont multipliées chez les théoriciens grecs : les modérés ou conservateurs, tel Platon ont pour but de diminuer la licence populaire ; d’autres au contraire, tel Démosthène, veulent lutter contre la tyrannie et l’autorité personnelle. Mais au-delà de cette dimension politique et polémique, Aristote fait de la Constitution plus qu’un enjeu : un véritable concept. » ; « Le Stagirite (Aristote) affirme la Constitution « comme norme »et en déduit une hiérarchie des règles juridiques dans la continuité de la pensée grecque : les lois doivent obéir à la Constitution quant à leur édiction et leur contenu » permettant ainsi de préserver l’ordre dans la cité.

2. Edward Hooper, un correspondant de la BBC, avance une théorie des origines des virus HIV et AIDS : « The contamineted polio vaccine ». Dans son livre de recherche, The river, E. Hooper avance que le virus HIV1 résulte d’une mutation du virus SIV (Simian Immunideficiency Virus). Le docteur Hilary Koprowski travaillait pour le Philadelphia’s Wistar Research Institut. Entre 1957 et 1959, au laboratoire de recherche de Stanleyville, il utilisait des cultures de reins, de sang de chimpanzé comme médiums pour ses vaccins contre la polio. Ce vaccin administré à des millions d’habitants du Congo Belge était contaminé par le SIV. Si les études d’Edward Hooper sont justes, les prélèvements sur animaux ne peuvent servir à faire des vaccins. L’acte sexuel se pratique par voie vaginale. Il est dangereux pour toutes les autres muqueuses ou si la femme a été excisée.

3. Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, Gallimard, 1987, p. 50 note.

4. S. Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris : Gallimard, 1987, p. 40.

5. S. Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, Paris : Gallimard, 1987.

6. Jacques Lacan, Ecrits I, Éditions de Seuil, 1999, p. 314.

7. Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, Paris : Éditions Gallimard, 1987, pp. 39-54.

8. Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, Paris : Éditions Gallimard, 1987, p. 50.

9. Ulrich Wilcken, Alexandre Le Grand, trad. Robert Bouvier, 1933, Paris : Payot, p. 62.

10. Monique Oblin-Goalou, L’aurige ou la sagesse de l’accident, § Le message du Gorgias, moniqueoblingoalou.over-blog.com.

11. La description de l’esclavage par Aristote plonge au cœur même de son époque où la force dominait tout en possédant déjà les idées encore virtuelles de juste. À propos de l’esclavage, il exprime un fatalisme : les hommes sont naturellement aptes à commander ou à servir (Aristote, Les politiques, chapitres 2 à 7). Il ne prend pas en compte le souci d’acquérir un esprit indépendant pour l’esclave.

12. Jean-Charles Jobart, article : La notion de constitution chez Aristote, La Constitution comme œuvre humaine, I La désacralisation du droit, Internet : http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=RFDC_065_0097; Revue française de droit constitutionnel, 2006/1 n° 65.

13. Aristote décrit le rôle de chacun dans la cité les défauts et les avantages des différentes constitutions crétoises, spartiates, carthaginoises Les politiques, II, 9 et 11, Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, pp. 179-197.

14. Jean-Charles Jobart, La notion de Constitution chez Aristote, in Revue française de droit constitutionnel, 2006/1 (n°65), PUF. Internet : cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE, introduction.

15. En Autriche, de 1860 à 1897, les juifs bénéficient d’une totale égalité avec les autres confessions. Le nationaliste Karl Lueger lutte à Vienne pour un antisémitisme intransigeant. Mais le gouvernement de François Joseph protège encore pour quelques années l’intelligentsia juive. Les juifs assimilés ont perdu leur religion pour la plupart et ont des difficultés relationnelles avec les juifs non assimilés. Ils ne se soutiennent pas mutuellement. Ce phénomène se retrouve dans toutes les communautés du Livre. Les pratiquants méprisent, avec force jalousie, ceux qui sont dans le monde voulant les juger comme étant du monde, Sigmund Freud, Zweig, Mahler (baptisé à 27 ans), Schönberg (converti au protestantisme), Théodore Herzl, Nathan Birnbaum, Arthur Schnitzler (Jacques Le Rider, Les juifs viennois à la Belle Époque, Albin Michel, 2013). « Comme tu m’as envoyé dans le monde je les ai aussi envoyés dans le monde » Jean 17-18. Les croyants fidèles à la Bible relèvent d’une pensée sémite qui associe nudité et esclavage, domination.

16. En s’identifiant ironiquement à Rodolphe, prince héritier d’Autriche, et à son lâche suicide, Bruno Schulz raconte toutes les démissions envers son peuple d’Isabelle d’Espagne, de Rodolphe prince héritier d’Autriche, des tsars, des états policiers russes ou allemands. Au XIX° siècle, la maison d’Autriche protégeait les juifs de 1865 à 1880 comme le roi Assuérus par l’intercession de la reine Esther (Esther, 8 : 12-17).

17. Le mot démocratie dans son sens moderne représente le pouvoir du peuple qui n’est pas dissociable du souci du bien commun. Chaque citoyen étant égal devant la loi, le souci du bien commun...

18. Karl Lueger : le parti chrétien social remporte les élections municipales à Vienne en 1895. L’empereur François-Joseph s’oppose trois fois à cette élection et finit par céder. Lueger devient maire de Vienne en 1897. Il est réélu en 1903 et en 1909. Il administrait si bien la ville qu’il réussit à éradiquer l’insalubrité et augmenter l’espérance de vie des plus pauvres. Il n’était pas anti judaïque mais son approche populiste et démagogue des élections l’incite à faire des discours violemment antisémites. Ces méthodes inspireront A. Hitler qui le citera dans Mein Kampf, chapitre : je deviens antisémite.

19. Ce thème de la vertu et de la sagesse est développé dans L’Aurige in moniqueoblingoalou.over-blog.com.

20. Aristote et Alexandre ne s’entendront pas politiquement dans la mesure où Aristote était pour un régime despotique en ce qui concerne les barbares que la Grèce avait soumis : « Alexandre […] ne suivit pas Aristote qui était pour un régime despotique. Sur ce point, nous le voyons se conformer […] à Isocrate son Philippe : il faudrait affranchir les Barbares du régime despotique qui leur est propre et les faire bénéficier de la tutelle hellénique » Ulrich Wilcken, Alexandre Le Grand, 1933, Paris : Payot, p. 65. Cela peut expliquer la précision avec laquelle Aristote décrit le pouvoir tyrannique.

21. Leibniz : philosophe contemporain des baroques dont les inspirations scientifiques éclairent la pensée actuelle de l’intelligence et de l’intelligence artificielle, du multiple…

22. Astérios : mythologie grecque, roi de Crète et époux d’Europe.

23. Minos : mythologie grecque, fils de Zeus et d’Europe. Il règne sur la Crète après Astérios. Minos contrôlera et protègera le commerce en méditerranée.

24. Bernard Werber, Les fourmis, Albin Michel, 1991.

25. Jacques Lacan, à propos de la poétique, Écrits I, Éditions du Seuil, 199, pp. 315-320. L’utilisation de deux termes de sens opposés n’est pas une ironie, comme le dit Jacques Lacan, mais une figure de style qui a un nom, l’oxymore. Merci à Jacques Lacan de nous « rappeler l’a, b, c, méconnu de la structure du langage, et vous faire épeler à nouveau le b-a, ba, oublié, de la parole » Écrits I, p. 320. Cette réponse aux critiques de l’œuvre de S. Freud montre la médiocrité de nos formations rhétoriques.

26. Sourate 7 : 80-81.

27. Attar, Le langage des oiseaux, Albin Michel, 1996, p. 285.

28. Genèse, 19.

29. Genèse, 19 : 9.

30. Ézéchiel, 16 : 49-53.

31. « Jonathan conclut un pacte avec David, car il l’aimait comme lui-même : Jonathan se dépouilla du manteau qu’il avait sur lui et le donna à David, ainsi que sa tenue, jusqu’à son épée, son arc et son ceinturon. » I Samuel, 18 : 1-4.Le roi Jonathan par cet acte fait soumission à David.

32. Matthieu, 5 : 17-20 : « N’allez point croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir ».

33. Ézéchiel, 16 : 53-55 ; 16 : 59.

34. Deuxième épître aux Corinthiens, 5 : 1-5.

35. Galates, 3 : 27-28.

36. Lévitique, 18 : 22 et 29.

37. Séculier étymologie : mot qui dérive de « saeculum », en latin siècle.

38. Lévitique, Fautes contre la famille, 20 : 13.

39. Laertio Cherubini, André Chevallier, Magnum bullarium romanum, Luxembourg, Henri-Albert Gosse, 1744, p. 180. Constitution complète en ligne, PDF, page 3 (http://www.documentacatholicaomnia.eu/01p/1566-1572,_SS_Pius_Bullarium_(Cherubini_vol_2_ff_176-361),_LT.pdf).

40. Deutéronome, les juges, 16 : 18.

41. Luc, 10 : 10-13.

42. Romains, 1 : 22-29.

43. Jérémie, 8 : 19 ;

44. Psaumes, 31 : 6-7.

45. Platon, Œuvres complètes, Gallimard, 1950, tome I, 523d, p. 484.

46. Jessé : père du roi David, I Samuel, 20 : 27.

47. Matthieu, 27 :19 « Or, tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle point de l’affaire de ce juste ; car aujourd’hui j’ai été très affectée dans un songe à cause de lui. »

48. Les chefs des prêtres ont condamné Jésus à mourir en croix ce qui l’exclut de par la Loi, le rend impur. « Si un homme, coupable d’un crime capital, a été mis à mort et que tu l’aies pendu à un arbre, son cadavre ne pourra être laissé la nuit sur l’arbre ; […] car un pendu est une malédiction de Dieu, et tu ne rendras pas impur le sol que Yahvé ton Dieu te donne en héritage. » Deutéronome, 21 :22-23.
 

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Published by Monique Oblin-Goalou
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