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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 15:26

 

IV Images, fabriques d’inconscient

n°08 Ecriture Automatique

 

Certaines citations d’Arthur Janov venaient dans la conversation. Arthur Janov est un psychiatre, qui s’est intéressé à la souffrance, au cri primal, à la révolte. Reprenons les mots de ce médecin que nous partagions : « Au lieu de rester à pleurer vivre, aller chercher l’enfoui ». Le but des thérapies d’Arthur Janov est de connecter les besoins du corps avec les souvenirs emmagasinés dans l’inconscient afin de donner au sujet son unité. La thérapie d’Arthur Janov n’est pas considérée comme une théorie scientifiquement valide. Elle est contestée par certains médecins comme dangereuse. La cure consiste en l’expression de désirs non satisfaits auprès du médecin puis, frustration par isolement, ce qui implique la souffrance, puis vient la révolte qui se traduit par le cri. Alors on estime que le lien entre souffrance et notre histoire s’est refait. L’art de Simonne est-t-il le cri de la vie, ou le cri pour vivre dans ses souffrances ? Médicalement l’important est que ses souffrances puissent s’exprimer, mais aussi que Simonne vive dans la réalité. Cette vie elle devait la choisir librement en fonction de ses capacités. La réponse sera très riche.

 

Selon Sigmund Freud le plaisir est un moteur de la vie mais il n’est pas le seul. Il y a un petit texte dans essai de psychanalyse de Sigmund Freud p. 92 à 95 qui traite de la vie et de la mort. Le milieu est important dans l’apparition de la différence. Pour faire un rapprochement avec la biologie, le renouvellement du milieu permet de garantir le non vieillissement des paramécies de laboratoire. La différence est ce qui va garantir un avenir autre, renouveler la cellule. Il y a d’un coté les rêves qui sont des actualisations symbolique du domaine de la pensée et de l’autre les peintures et les poèmes qui sont des réalisations symboliques. Les symboles orientent la puissance de l’homme vers l’amour, le respect de l’autre. Ils sont les instruments de fabrication de l’inconscient. Il créent des liens entre des milieux que tout semble séparer. Ils sont les rhizomes de la pensée.

 

Le rêve est important pour se connaître, mais aussi pour se fabriquer de l’inconscient. Les réalisations se font dans la réalité, elles changent, elles sont un retour au réel une présence au milieu des autres, une façon de vivre pour les autres. Comme elles sont Symboliques chez Simonne elles respecte l’inconscient de l’autre.

 

A Orchidée n°036

 

« Orchidée,

 

Majesté Orchidée

A poussé

Sa feuille

Jusqu’à mon seuil.

 

Venue féconder les fondations

De ma maison

Elle offre la fleur

Du bonheur.

 

Habillée

De pureté

Sa vivance

M’habite d’espérance

 

Et ouvre mes paupières

A sa lumière[1] »

 

L’orchidée se nourrit de l’air du ciel. Elle prend la forme des insectes du ciel. Orchis araignée, orchis mouche, orchis bourdon, vous trouvez ces fleurs en montagne. Et, elles vous disent que le ciel est aussi une nourriture.

 

Simonne est comme les orchidées. Elle vit du spirituel d’où son poème tête à l’envers.

 

B n° 508 Tête à l’envers 7 06 06

 

… Revitalise mon esprit

 

Tu en a bien besoin ma Vie

En ce temps d’apathie.

Ma seule arme est de créer

Ce que mon rêve donne à visionner.

Aussi ma Mère avec toi je suis.

Ce qui Est je le traduits,

Gourmande de mon salut.

Lorsque déracinant du talus

 

L’arbre dressé dans les airs

Tu le descends cime vers la terre.

Tu mets ma Mère

Ma tête à l’envers.

Ma pensée reste coi.

Le vrai est ce que je vois en moi !

Alors à l’œuvre mon imaginaire,

Peignons l’arbre à notre manière.

 

L’apparent de la Vie

Puise dans la terre son énergie.

La Force de l’Esrit

Est flambeau d’énergie.

Les racines captent dans le ciel

L’essence spirituelle

Qui tapisse les cœurs

De sa source de chaleur.

 

L’orchidée au sommet de la canopée vit de l’air du ciel dressant ses racines vers le ciel. Gilles Deleuze introduira ce nouveau modèle de la pensée. Il donne à la pensée la possibilité de sortir des arbres de la hiérarchie, des déductions et de la paternité qui répétent à l’identique expliquant ainsi la présence de la différence par l’influence du milieu possible grâce au liens rhizomiques.

 

Pour l’inconscient, le modèle du rhizome est important.

Gilles Deleuze fait remarquer l’importance de l’inconscient. Il ne s’agit plus, comme Freud, de dévoiler l’inconscient, mais au contraire d’en faire. On retrouve Lacan qui remet en avant l’importance d’une pensée symbolique. Le symbole devient le signe de l’ouvert de la présence des multiplicités de l’inconscient.

 

« Rosenstiehl et Petitot considèrent à juste titre la possibilité d’une « organisation acentrée d’une société de mots ». Pour les énoncés comme pour les désirs, la question n’est jamais de réduire l’inconscient, de l’interpréter, ni de le faire signifier suivant un arbre. La question est de produire de l’inconscient, et avec lui, de nouveaux énoncés, d’autres désirs : le rhizome est cette production d’inconscient même[2]. »

 

Nous avons vu, avec Hélène Cixous, que les oxymores et les contradictions étaient autorisées dans le rêve. La cohabitation de milieux différents est possible dans le symbole dont les deux faces ne se ressemblent pas. Le rêve, le symbole existent par l’imagination de l’intelligence et créent des liens rhizomiques, sources de devenirs différents.

 

Comme Simonne Roumeur était souffrante, elle tournait ses racines vers le ciel et prouvait que les nourritures de l’esprit peuvaient faire vivre.

 



[1] Simonne Loaec Roumeur, Orchidée, 036, Extrait de poésie, 22/02/95

[2] Ibid, p. 27

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Simonne Loaëc Roumeur
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