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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:24

Les guerres du dévoilement

 Le manifeste de l’hermétisme

 

Réflexion à partir d’une Simorghe à deux têtes.

Il y a eu les élus de Dieu, tout comme il y a eu des sacrifices humains, et d’animaux. Le sang était séparé de la chair… On sacrifiait des animaux au temple jusqu’à la mort de Jésus. Le corps blessé de Jésus a sauvé tous les hommes. Par l’onction de Samuel, le roi Saül s’est vu choisi par Dieu sur la demande des hommes.  Jésus était-il un élu comme Saül ?

Les anciens d’Israël disent à Samuel : « « Tu es devenu vieux et tes fils ne suivent pas ton exemple. Eh bien ! Établis-nous un roi pour qu’il nous juge, comme toutes les nations ». Cela déplut à Samuel qu’ils aient dit « pour qu’il nous juge, comme toutes les nations », et il invoqua Yahvé. Mais Yahvé dit à Samuel : « Satisfait à tout ce que te dit le peuple, car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, c’est moi qu’ils ont rejeté, ne voulant plus que je règne sur eux. Tout ce qu’ils m’ont fait depuis le jour où je les ai fait monter d’Egypte jusqu’à maintenant – ils m’ont abandonné et ont servi des dieux étrangers – ils te le font aussi […] tu leur apprendras le droit du roi qui va régner sur eux. » »[1]

Samuel leur enseigna les droits d’un roi sur le peuple, mais le peuple refusa d’écouter.

Jésus n’est pas un roi mais la présence de Dieu au monde. Les hommes pécheurs ont peur de la voix de Dieu ou de ses prophètes. Comme Caïn, ils se cachent devant la face de Dieu. Alors, faut-il supprimer les rois, les prophètes ? Yahvé lui (Samuel) dit : « satisfait à leur demande […]».

Dieu ne refuse pas les intermédiaires quand le cœur des hommes est trop petit. L’élu est l’élu des hommes et non de Dieu.

Jésus meurt pour tous les hommes. Mais cela exclut-il le sacrifice individuel de chacun? Le bon sens veut que non. Jeanne d’Arc : « L’Eglise c’est Jésus ». Chacun est membre du corps du Christ, corps glorieux, mais aussi corps souffrant.

Peut-on parler d’oblation dans la liturgie, d’ablation dans la vie ?  Mais si la liturgie est vie, « faites ceci en mémoire de moi » remplace-t-il le sacrifice ? La vie des hommes, leurs souffrances, leur mort, leurs joies se font dans la communion, par lui, avec lui et en lui.

La liturgie est l’homme tourné vers Dieu et non vers la terre. Les tripes sont la terre. Dieu est visible depuis les tripes. La liturgie, ce sont les cinq sens tournés vers Dieu, La parole, La musique, l’encens, le pain, l’assemblée, le signe de partage, les gestes du prêtre. La parole et la musique pour entendre, l’encens pour sentir, les gestes du prêtre et les ornements liturgiques pour voir, le pain pour goûter, le geste de paix pour le toucher.

L’élitisme et le choix d’un roi peuvent être nécessaires si le peuple se détourne de Dieu. Le roi peut simplement orienter son peuple vers Dieu. Le peuple rejette Dieu, puis Samuel, et demande un roi. La question n’est pas de remettre en cause le pouvoir. La question est de savoir qui détient le pouvoir, le peuple, le roi ? Tout système démocratique met l’aigle à deux têtes dans le cœur du peuple. De là, il me semble intéressant de pouvoir conclure à l’importance d’une éducation de qualité. Les textes, autrefois destinés aux princes et aux fils de princes, apparaissent alors comme destinés à tous.

Les rites d’initiation de l’âme comme ceux de l’Iran ne sont plus réservés aux princes. Ils sont devenus intéressants pour tous.

Ou encore,

Le peuple a rejeté Dieu, le peuple a rejeté le prophète. Il y a démission. Le serviteur fidèle fait alors figure d’élu au milieu des démissionnaires. Il n’y a pas d’élus. Mais s’il y a trop de démissionnaires les serviteurs fidèles font figures d’élus.

Ou encore,

« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Mais lui qui avait entendu dit : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : c’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »[2]

« Où n’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le temple violent le sabbat sans être en faute ? Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple. Et si vous aviez compris ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. Car le fils de l’homme est maître du sabbat. »[3]

« […] et mon jugement surgira comme la lumière. Car c’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes. »[4]

Si Hermès est notre âme, ou la lumière de l’âme, alors l’hermétisme ne peut plus signifier isolement ou inaccessibilité, indicible. Finissons en avec les Hermès sans bras de Versailles, nous sommes tous responsables de notre âme et de la connaître, la travailler comme un jardin. L’indépendance de l’âme n’implique pas un rejet de la hiérarchie, des arbres, des traditions. L’indépendance de l’âme se pose en terme de discernement.

Le mythe de l’attelage ailé, dans le Phèdre de Platon, décrit la difficulté à travailler son âme. Voici le début de la description des tourments des plis de l’âme : « de chaque âme en trois parties, dont deux ont forme de cheval et la troisième forme de cocher ; […] Des deux chevaux, donc, l’un, disons-nous, est bon, mais l’autre ne l’est pas. »[5]

 

Note: Les manifestes sont des réflexions rapides, objets de dialogues et de remises en questions, ou quelques citations réunies.



[1] Samuel I, (8,22).

[2] Mathieu. 9, 10-13.

[3] Mathieu. 12, 5-8.

[4] Osée.  6,6.

[5] Platon. Phèdre, œuvres complètes, Paris : Gallimard, TII, 1950, pp. 34, 35, 44-46.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Réflexions
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