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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:26

Aimé Césaire, comme j’ai aimé ta négritude !  Dans ton âme, j’ai vu mon âme noire.  Elle est féminine et humble comme le fou de bassan dont les ailes trop longues traînent au sol. Vous avez ri de mes ailes. Elles sont ma négritude. Visionnaire Aimé, la société est sans classe mais tes combats existent toujours. Car, les arbres vivent de leurs rhizomes. Les arbres de la bourgeoisie accrochée à ses chaises, ressemblent à des bonzaïs. La bourgeoisie a nié ses arbres en privant ses enfants de la connaissance, de sa culture. Tu utilises le mot culture dans le discours sur le colonialisme.

« Les vietnamiens, avant l’arrivée des Français dans leur pays, étaient des gens de culture vieille, exquise et raffinée. Ce rappel indispose la Banque d’Indochine. Faites fonctionner l’oublioir !» [1]

« La vérité est que, dans cette politique, la perte de l’Europe elle-même est inscrite, et que l’Europe, si elle n’y prend garde, périra du vide qu’elle a fait autour d’elle. On a cru n’abattre que des Indiens, ou des Hindous, ou des Océaniens, ou des Africains. On a en fait renversé, les uns après les autres, les remparts en deçà desquels la civilisation européenne pouvait se développer librement. »[2] Je ne suis que l’humble rapporteur de discours qu’il faut lire entièrement. La lumière d’Aimé Césaire est une pulsation d’ombre. Dans les contradictions des mots, la vie et l’amour de la vie jaillissent.

Dans l’humus du prolétariat naissent le glorieux et le sublime. Les noirs sont des grands enfants, soupire Aimé Césaire, sous l’accusation mesquine des esclavagistes. Ce n’est pas l’enfance qui est remise en cause, mais le mépris de l’enfance.

« […] savoir la peinture à peine allégorique d’une société où les privilégiés, confortablement assis, refusent de se serrer pour faire place à un nouvel arrivant, et  - soit dit en passant – qui recueille l’enfant durement rejeté ? »[3]

Mon âme noire est l’ombre qui accompagne la lumière, celle qui vit dans la matière pour la dépasser, une révolte contre le réductionnisme. L’âme noire est un universel, selon Léopold Sédar Sangor, « un ré-enracinement de nous même dans une histoire, dans une géographie et dans une culture, le tout se traduisant non pas par un passéisme archaïsant, mais par une réactivation du passé en vue de son propre dépassement. »[4]

La négritude est une identité, une recherche d’universel sans négation de l’identité, un refus de l’oubli.



[1] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Discours sur la négritude, Paris : Présence Africaine, p. 36.

[2] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris : Présence Africaine, 2004, p. 70.

[3] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris : Présence Africaine, 2004, p. 57.

[4] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Discours sur la négritude, Paris : Présence Africaine, 2004, p.85.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Réflexions
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