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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 19:47

·         Axe de la recherche

   Ma démarche actuelle :

1) Le virtuel : ma thèse a une forte dimension philosophique sur le virtuel. Le virtuel est plus que de l’idéalement préexistant, comme le dit Henri Bergson[1]. Le virtuel est la porte des possibles. Ma thèse compte quelques pages (pp. 293-344) sur le virtuel dans l’œuvre d’Yves Bonnefoy. Cette démarche initiale m’a été utile pour penser les ciels multiples des néoplatoniciens et suggérer leur influence mal reconnue sur la pensée actuelle. La pensée de l’Ishrâq et le soufisme sont rarement cités par les penseurs. Leur actualité entre en résonance avec l’œuvre d’Yves Bonnefoy et par lui rejoint l’étrangeté des surréalistes[2], l’étrangeté des formes perdues entre les ciels. Dans le devenir, le virtuel s’associe au possible. « Le virtuel se situe dans la tension entre l’ombre universelle du mannequin, du gabarit, et le désir des ouvrières »[3]. Le virtuel se trouve dans l’ombre du comment de l’existence et des possibles qu’il implique…

2) L’imaginal et le virtuel : en esthétique, Geneviève Clancy était intéressée par l’imaginal et savait que la définition de l’imaginal était liée au virtuel. L’imaginal est un concept esthétique mis en place par Henry Corbin à propos de la poésie. G. Clancy m’a donc encouragée, à partir du doctorat, à travailler l’œuvre de Sohravardi[4]dont le traducteur est Henry Corbin. Voici un extrait de la préface de mon recueil de poésies Résonances qui traite de l’imaginal[5] :

 « L’imaginal est un objet nécessaire à la réflexion, l’heuristique, un moyen d’accéder aux connaissances de soi et des autres. Cette forme de la rhétorique permet de vivre le monde en poète et en artiste. En favorisant l’image mentale, l’imaginal ouvre les portes aux multitudes de l’image. La relation rend alors possible l’unité dans le respect de chacun. Dans les différents plis qui participent de notre humanité, dans les relations que la sagesse permet, l’iconal et l’imaginal sont des moyens de rencontres des présences. L’imaginal, comme acte de symbolisation des plis de l’humanité dans la pensée et le logos, est virtuel dans les possibles des ciels qu’il a ouvert dans l’intelligence. L’icône et l’image mentale sont réelles, comme supports de l’acte imaginal. A chaque ciel, la symbolisation imaginale consiste en acte de l’intelligence du cœur sur la grotte imaginaire pour sortir de l’ombre dans la libre conscience et le discernement. Les machines, les outils technologiques, comme les pigments colorés, la finesse des encres ou les images lumineuses des écrans, les images mouvement du cinéma ou des jeux vidéo, sont les supports pleins d’imagination de nos rêveries et épopées mythiques, intellectuelles, morales et religieuses. »[6]

Sohravardi reprend l’origine religieuse du Verbe[7] pour montrer l’importance de la poésie, du verbe comme liés à la dimension sacrée de l’homme. La sagesse passe par le monde sensible de la poésie. Cette sagesse se partage dans des devenirs et non pas dans une espérance d’un monde autre. Les devenirs permettent la mise en œuvre du virtuel qui s’associe aux possibles pour exister dans l’actuel.

3) La conscience collective et le virtuel : un des thèmes de mon travail de doctorat est le support virtuel de la conscience et de la conscience collective. Le livre I de la thèse s’intéresse à la pensée orientale et l’ontologie, l’importance des multitudes et de vivre dans tous les ciels de l’humanité. Il en ressort une prise de conscience d’un « existentialisme » qui reconnaît le pli de l’intelligence, du spirituel, du sensible, de l’imagination… Chaque pli des multiplicités de l’humanité augmente la réalité. Et la sagesse est de savoir les réunir dans une existence contemplative et active. Dans la pensée orientale, le mot intelligence recouvre la conscience au travers de l’image mentale de l’oiseau[8]. Les réalités augmentées, dégradées[9]… dépendent du respect que l’on porte aux plis de l’humanité. En deuxième partie, je me suis intéressée aux outils qui devaient me permettre de suivre la pensée d’Henry Corbin, les concepts de Martin Heidegger et au néoplatonisme, Platon principalement et Aristote, les ciels multiples. La troisième partie concerne le virtuel dans les sciences et pour finir Gilles Deleuze, dans son œuvre Le Pli[10], utilise le virtuel et conceptualise à partir de la pensée de Leibniz. Les études de Deleuze m’ont permis de poser les jalons d’une approche du groupe et du corps social. Le corps[11], dans la société chez G. Deleuze, se pense avec l’idée de « vinculum »[12]et de virtuel. Le thème du devenir de Gilles Deleuze se pense comme action commune du possible et du virtuel.

4) Le support virtuel de la connaissance de l’autre a impliqué pour moi la mise en place du stade pompier. Après le stade du miroir de Jacques Lacan[13]apparaît le stade pompier[14]. Mal contrôlé, il peut provoquer le ralentissement des processus de connaissance de l’autre et bloquer les échanges possibles entre les communautés sociales, intellectuelles ou autres. Les dérives graves conduisent à la peur, et aux peurs collectives. Un article, Le stade Tintin ou pompier devrait paraître prochainement. Il est en pièce jointe.

5) Les archétypes de la pensée accessibles à tous : sur mon blog et dans ma thèse sont présentés quelques aspects de l’œuvre poétique et peinte de Simonne Roumeur[15]. Elle décrit de façon claire les angoisses et les joies de la libido. Dans ses images, chacun peut découvrir les symboles de la psychologie. Simonne Roumeur sort la psychologie d’une science d’initiés. L’art y joue un rôle moral protecteur de l’inconscient devant la maladie. En pièce jointe est fournie la présentation de l’œuvre de Simonne Roumeur destinée à l’exposition qui lui est consacrée au printemps prochain au Relecq-Kerhuon, dans le Finistère.

6) La critique du romantisme : l’article à paraître (Le prisme une esthétique des couleurs) critique « l’avenir » des romantiques pour montrer la joie et la liberté de vivre avec nos affinités électives, les images mentales de nos rêves et nos devenirs. Les devenirs, comme part de notre conscience, permettent de réaliser nos responsabilités sociales. Je reprends Gilles Deleuze qui écrit dans Qu’est-ce que la philosophie : « Ce qui fait la sensation, c’est le devenir animal, végétal, etc. » [16]. La richesse des images mentales a un intérêt esthétique en poésie et en art. Les rôles de nos théâtres, les déguisements, marionnettes, masques sont les devenirs de nos imaginaires qui nous réunissent et motivent. Ils sont les portes du virtuel qui donne à l’existence une amplitude riche en devenirs et ouverte sur les possibles.



[1] H. Bergson, Le possible et le réel in La pensée et le mouvant, P.U.F., 1999, pp. 99-116, p. 112.

[2] Thèse, § 4.7.6. Virtuel et poésie.

[3] Monique Oblin-Goalou, L’ironie de Bruno Schulz, Cahier de poétique n° 15, 2010, p. 41.

[4] Shihâboddine Yahyâ Sohravardi est né à Sohraward, en 549/1155 (calendrier hégirien/grégorien), et il meurt à Alep, en 587/1191. Ses commentateurs, comme Molla Sadra, le nommeront « Shaykh al-Ishrâq » (Ishrâq : lumière sagesse). Sohravardi est célèbre pour ses discours en similitudes dans les Traités et récits mystiques, son livre de la sagesse orientale. Ses récits d’initiation permettent le dévoilement de la sagesse par des insinuations subtiles. Sohravardi reconnaît l’importance de la sagesse des anciens. Son œuvre s’inspire d’Aristote et Platon, Zoroastre, Mani, Ibn Sina, les poètes comme Unsuri Balkhi, la tradition littéraire.

[5] Monique Oblin-Goalou, Le Rihzome sous l’arbre le virtuel au-delà des images lumineuses, pp. 551, 600, 629, 632.  L’imaginal : métaphore imagée d’animaux, rôles ou personnages mythiques dont les actes constituent des devenirs où s’incarner avec humour le temps d’un accomplissement, le temps de réaliser un rêve, le temps d’exister et d’agir intensément, le temps de prendre conscience de nos responsabilités… L’imaginal est une sagesse. Cette forme rhétorique se retrouve donc dans les fables, la poésie, et tous les chemins de la conscience.

[6] Monique Oblin-Goalou, Résonances, à paraître chez l’Harmattan.

[7] Sourate Marie, 19 v.17. Sohravardî, Archange empourpré, trad. H. Corbin, Fayard, 1976, p. 234 : « Et au sujet de Myriam il est dit « Nous avons envoyé vers elle notre Esprit 19/17» or cet Esprit ce Verbe c’est Gabriel ».

[8] L’oiseau et l’Intellect Agent dans l’existence orientale : Thèse, pp 73-79.

[9] Monique Goalou, L’ironie de Bruno Schulz, Cahier de poétique n° 15 (voir document joint).

[10] Gilles Deleuze, Le Pli, Éditions de Minuit, 1988.

[11] L’idée de corps, Corps spirituel, corps des assemblées se retrouve pp 111, 535, 238 (mystique et corps).

[12] Mot de Gilles Deleuze : Vinculum : Thèse, pp.578 et suivantes.

[13] L’imago, les images qui fédèrent, est inspiré de Jacques Lacan (psychiatre) : Thèse, pp. 403-407.

[14] L’idée du stade pompier : in Monique Oblin-Goalou, L’ironie de Bruno Schulz, in Cahier de poétique n°15. Sujet : La lutte pour la reconnaissance des différents plis de la personnalité (Cf. pièce jointe). L’article Le stade pompier se trouve sur mon blog. Il s’inspire des pensées de Bruno Schulz, peintre et écrivain au début du XXème siècle qui décrit les angoisses des peuples avant la guerre.

[15] Simonne Roumeur (peintre et poète du Relecq Kerhuon près de Brest) : Thèse, pp. 254 et suivantes, 635-636.

[16] Gilles Deleuze, Qu’est-ce que la philosophie, Les éditons de minuit, 1991, p. 169.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Annonce
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