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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 12:58

A Marie Estelle

 

 

Au moment où je travaillais sur l’œuvre de Simonne Roumeur, au cours d’une conversation, Marie Estelle me disait qu’elle croyait à l’intégration par le travail. Autour de la question de l’intégration se pose celle du travail, bien sûr, mais aussi celle de l’identité qui est également liée au travail mais à d’autres éléments encore. De cette conversation à quatre ou cinq, j’ai voulu retenir quelques éléments et apporter un peu de réflexion.

De quel travail parle-t-on ? Si le travail est l’ensemble des gestes ou des actes qui permettent de vivre ensemble, comprenant les secteurs primaire, secondaire et tertiaire est-ce que l’acte de penser est un travail ? Oui, dans tous les secteurs l’acte de penser est un travail. Est-ce que le travail est uniquement la rémunération ? Un architecte vous dirait que non car beaucoup de ses projets et de longs jours consacrés à ces projets n’ont pas abouti.

Quand on me parle de travail, je vois ces immenses terres à blé d’Amérique ou de Chine. Ces lieux si riches que l’on a même tenté de faire deux récoltes par an. Et pourquoi n’a-t-on pas pu faire deux récoltes par an ? Car les labours ouvraient la terre deux fois et les vents emportaient la terre. Après la pluie, les terres riches en sels minéraux forment à leur surface une croute. Cette croute résiste au vent. Et la terre ne bouge pas.

Les premiers fermiers d’Amérique du Nord ont labouré la terre en la retournant comme en Europe. Comme le désert gagnait sur les terres fertiles en raison du vent qui soufflait des toundras du Nord, ils ont fendu la terre juste un peu pour pouvoir semer sans casser l’intégrité de la croute de sels. Les américains labourent peu.

Quand on me parle de blé, je repense au « petit prince » de A. de Saint-Exupéry. Il y a un petit prince dans chaque cœur. Le cœur est une maison et l’un de ses habitants est un petit prince. A. de Saint-Exupéry, dans son petit avion, était un pionnier de la communication qui faisait la liaison entre la France et l’Afrique du Nord. Dans le groupe Latécoère, on trouvait aussi Jean Mermoz,  un grand bonhomme qui ne savait rien faire d’autre que de piloter et qui prenait tous les risques pour ouvrir la liaison avec l’Amérique. Il est tombé dans la Cordillère des Andes, a traversé des montagnes glacées et a réussi à ouvrir la ligne avec les Amériques avant de disparaître dans l’océan[1]. Jean Mermoz disait d'Antoine de Saint-Exupéry à peu près ceci : il exprime ce que je ne sais pas dire. En lisant vol de nuit vous saurez pourquoi Jean Mermoz parlait ainsi. Avec tout leur courrier dans les soutes, les pilotes incarnaient les rêves et les espoirs de ceux qui dormaient dans les villes et les campagnes qu’ils survolaient.

Quand la guerre a éclaté, Antoine de Saint-Exupéry  a demandé à voler pour les armées. Bien sûr, la hiérarchie n’était pas d’accord. Pourquoi envoyer dans des missions dangereuses un des plus grands penseurs et intellectuels de l’époque ? C’était un véritable cas de conscience. Mais il insistait tellement… Il s’est abîmé en Méditerranée, cette mer qu’il avait dominée.  A-t-on retiré son petit avion de la mer ? Ce serait retirer le signe des relations entre l’Europe et l’Afrique. Alors, pourquoi le petit prince meurt-il ? Le renard lui dit : quand je verrai les blés, je me souviendrai de toi et de ta chevelure. Le petit prince veut retourner auprès de sa rose, dans sa planète. Il a découvert qu’il existait des milliers de roses dans les jardins de la terre, aussi belles que la sienne. Mais, il a vu aussi, en sortant de sa planète, avant de rejoindre la planète bleue, que personne n’était sorti de sa planète et qu’il était seul au milieu du désert, loin de tout avec son petit avion cassé plein de lettres. Il a vu l’astronome, l’économe qui s’acharnaient sur leurs calculs sans même lever la tête ; il a vu l’ivrogne qui ne savait plus quoi faire de ses bouteilles lancées sans retour ; il a vu le lampiste ; il en a vu d’autres qui toujours n’étaient tournés que vers leur point de vue finalement mesquin. Et puis, il y a eu la guerre la dernière des relations, celle du sang, qu’il n’a pas voulu refuser. Et le petit prince est mort.

Le renard parle des blés à maturité, dorés et il parle des cheveux de l’enfant. Personne n’a voulu écouter l’enfant, personne n’a ouvert le cœur de l’enfant. La rose, en Orient, est symbole de l’épanouissement du spirituel de l’âme tournée vers Dieu. La rose est l’origine, le lieu où le spirituel rejoint les sentiments.

La terre de l’âme de l’enfant ne se retourne pas complètement car elle est aussi grande que les riches terres à céréales de Chine ou d’Amérique. Il est important de respecter l’intégrité de la personne, ses secrets et sa richesse, autrement, tout part au vent. Il suffit d’ouvrir d’un coup d’épée précis dans le cœur pour y semer avec science les graines nécessaires à l’épanouissement du jardin de l’âme.

Le coup d’épée dans le cœur peut être l’acceptation de la différence, de l’autre, voir que les jardins sont pleins de roses et de continuer à aimer sa rose et respecter sa rose.

Dans l’enfance, il existe un stade ou l’enfant cherche son unité. Il se détourne de sa famille qui le déçoit pour mieux regarder le monde. Il cherche autour de lui ce qu’il ne trouve pas dans le cercle familial. Le stade Tintin est la sortie du stade du miroir. (Le stade du miroir se caractérise par l’impuissance et le transfert de l’énergie vers les membres de la constellation sociale). Il s’inspire des célèbres aventures du reporter en bandes dessinées. Serge Tisseron dénonce Tintin, une image d’Hergé, comme créée autour d’un secret de famille. A mon sens, Tintin est un prolongement dans l’adolescence et l’âge adulte pleins de désillusions, des plaisirs de la fin du stade du miroir, moment où l’enfant prend conscience de son identité, se détache de sa famille et cherche son identité en dehors de la famille, son imagination créatrice qui se définit par l’aptitude à fabriquer des images toujours nouvelles. Le stade Tintin est celui des études et de l’intégration nécessaire pour trouver une place dans le groupe social, se marier ou autre.

Les secrets de famille créent une angoisse. Les images de l’enfance angoissée sont de l’imagination créatrice. « Les scènes et les scénarios psychiques construits par l’enfant en réaction au secret l’ont été dans l’espoir de trouver une confirmation ou un démenti chez ses parents »[2].

Peut-on vraiment dire qu’il existe des « familles à secret »[3] ? Toutes les familles ont des secrets, surtout si l’on remonte très loin et très large dans les arbres généalogiques.

La connaissance des ancêtres est l’occasion de chercher les constituants de sa personnalité et de se les approprier, non pas en les subissant.

Mais le virtuel, ce n’est pas le complexe. L’assimilation virtuelle du développement a pour fin l’expression de la personnalité. En art, les images symboliques se traduisent dans l’œuvre si la personnalité de l’artiste est simple et une. Alors, l’œuvre d’art est une réalisation réussie dans le contexte psychanalytique. Lacan arrive aux mêmes conclusions car, selon lui, le but du psychanalyste est de restaurer cette image, au départ en état divisé. L’œuvre d’art manifeste de la fin du stade du miroir comme portant les multiplicités virtuelles.

Le terme complexe est employé, en psychanalyse d’abord, par C. G. Jung pour désigner les phénomènes qu’il découvre quand il demande à ses patients d’associer un mot à un mot qu’il énonce. Le temps de réaction et l’attitude perturbée du patient peuvent faire apparaître, pour certains mots, un contenu émotionnel. Le complexe absorbe une quantité d’énergie ; le complexe peut engendrer des personnalités multiples dans l’individu ; le complexe est une dissociation de la personnalité.

Le virtuel, en s’associant au possible, donne, selon G. Deleuze, pour ce qui est de la pensée, l’actuel. Et le possible donne, dans le sensible, la réalité.  L’assimilation virtuelle de développement réunit le multiple pour former une image simple qui dépasse le stade du miroir. L’œuvre d’art est un exemple d’assimilation virtuelle de développement.

Revenons à la libido comme concept énergétique. La libido est la notation symbolique[4] des équivalences entre les dynamismes du comportement. Ces dynamismes sont dus aux images auxquelles le patient s’identifie.

Le stade du miroir est le moment où le « je » est forme primordiale, matrice symbolique, quand il n’est pas encore objectivé. Le stade du miroir est le stade de la dépendance et de l’impuissance motrice. Il est le stade de l’image, de l’identification à la constellation sociale. Le « je » s’objective dans l’identification à l’autre et dans le langage. Pour dépasser l’impuissance motrice, il s’identifie à ses parents et devient sujet à travers eux. Il s’inspire de l’image de ses parents pour canaliser l’énergie sexuelle présente en lui naturellement. Le stade du miroir détermine le rôle féminin ou masculin que jouera la personne.

« Il faut feuilleter un album reproduisant l’ensemble et les détails de l’œuvre de Jérôme Bosch pour y reconnaître l’atlas de toutes ces images agressives qui tourmentent les hommes. »[5] L’agressivité se manifeste par le refoulement hystérique et ses retours à un stade plus archaïque.

Dans le triple portrait de Keith Cottingham[6], il semble que le stade du miroir ne soit pas dépassé. Il n’y a pas de sujet. Cette image est celle de l’androgyne, une multiplicité sans identification. L’artiste est aussi celui qui dit la différence par rapport à la norme ; il exprime alors une dégradation de la réalité. La réalité n’est pas conforme à la norme. La réalité est toujours un peu dégradée. L’art, la poésie sont aussi les plaisirs renouvelés des différents stades de l’enfance. Les plaisirs de la fin du stade du miroir sont ceux du ciel de Mercure, la poésie, les arts, l’espérance de changer le monde, la réflexion et l’étude. Convaincre l’enfant de s’intéresser trop tôt à la nécessité familiale et de ne pas canaliser son imagination dans la lecture, l’art, le plonge vite dans la jalousie et l’empêche de connaître les plaisirs du stade du miroir. Cela sera peut-être déterminant, plus tard pour la finesse et la persévérance avec laquelle il travaillera ou fera ses études. Mais le stade Tintin est aussi celui de l’opposition, du détachement normal, vis-à-vis de la famille, pour s’imposer et éviter ces deux écueils. Le stade Tintin est celui où l’enfant monte au grenier, s’isole, va à la bibliothèque pour enfant, écoute les conseils de son institutrice et ne se moque pas d’elle…

Le moment où s’achève le stade du miroir inaugure l’identification à l’imago du semblable, des parents, et inaugure le drame de la jalousie primordiale. En fait, la fin du stade du miroir se caractérise par le désir de l’autre qui donne l’énergie d’accéder au savoir humain. La rencontre de l’autre se fait dans la connaissance, le sensible et l’amour comme recherche d’unité.

 

Nous avons défini le stade du miroir et celui qui ouvre sur le désir de l’autre. Les deux ne sont pas en opposition. La formation des images est nécessaire pour ensuite construire la personnalité tournée vers les autres. Je pense qu’il n’est pas bon de rejeter les différents stades de la libido. Le stade du miroir est important pour l’identification. Ce n’est pas surprenant de le découvrir dans l’art. La découverte de soi, l’importance du groupe social et le moyen de fédérer ce groupe passe par les images mentales. Accepter des images mentales perverses (les perversions ont été répertoriées par Sigmund Freud) dans l’esprit ou en mettre chez les autres est source de division et de violence. Le visage, l’ange, la beauté telle que l’a décrite Baudelaire, tout cela participe de la fin du stade du miroir, si l’on se réfère à la psychanalyse. Ce sont des étapes pour une action centrée sur un sujet, dont l’âme est simple et qui pourra se tourner vers les autres. Mais ces images ne passent pas par la négation du sujet. La symbolisation passe par une sublimation. Le Cantique des Cantiques en est un exemple. Les images mentales et les images poétiques qui chantent l’amour peuvent rester.

Les chansons populaires sont le moyen de déclarer son amour à quelqu’un mais elles peuvent aussi être une forme de sublimation, un hymne à l’Amour.

Jean Mermoz est-il un adulte irresponsable quand il ouvre les voies postales de l’Amérique du Sud, même s’il le fait au détriment des supplications de son épouse follement amoureuse ?

Que reprocher à Antoine de Saint-Exupéry quand il va à l’encontre des chefs militaires qui cherchent à le protéger ? Son petit avion est un relais entre les hommes du bassin méditerranéen.  Sa tombe est aussi grande que la mer Méditerranée. A son petit prince est associé les immenses terres à blé de l’hémisphère Nord, aussi grandes que les âmes à initier des petits princes de tous les pays. Les études, l’intérêt pour la société, pour l’école, les grands projets et les petits projets du quotidien sont les joies du vivre ensemble, la fin du stade du miroir.

Le stade du miroir peut-être perturbé par un secret qui isole l’enfant des parents.

Certains secrets perturbent le comportement des parents et par découlement celui de l’enfant. Pour le médecin, le but n’est pas d’entrer dans les secrets, ni de chercher à les comprendre. Le rôle du médecin est de montrer les constructions issues des distorsions familiales. « La reconnaissance de ces constructions est d’autant plus nécessaire que, pour guérir des secrets, nous devons bien souvent renoncer à en connaître le contenu… »[7]

Mais attention, « Le secret est la meilleur des choses. Il protège notre intimité psychique et physique, notre vie privée et celle de ceux que nous aimons. »[8]

« Par contre, il importe que le thérapeute pointe l’existence de secrets qu’il pressent. Encore une fois, « pointer l’existence » ne veut pas dire désigner le contenu, du reste le plus souvent hypothétique. »[9]

Attention donc aux questions  et suggestions des proches de la personne elle-même et des personnes mal intentionnées du groupe social, elles peuvent constituer une violence.

Pour l’individu, « Connaître ses propres secrets familiaux est la condition pour pouvoir s’occuper de ceux des autres »[10].  Ce propos est contradictoire avec « …on ne peut jamais vraiment savoir si un secret révélé n’en cache pas un autre, et cela à l’insu du porteur de secret lui-même qui croit garder un secret bien à lui alors qu’il est en fait la victime d’un secret qu’il ignore à la génération précédente. »[11]

Le XX siècle fut très violent, déplacement de peuples, génocides, pogromes, persécutions, bombe atomique, suicide, avortement, divorce, racisme etc., même si dans une partie des cas ces souffrances n’ont pas été cachées ou partiellement cachées. Les familles à secrets sont nombreuses.

La symbolisation, dans cette situation, devient une construction entre le secret et la vie. Les relations difficiles occasionnées par le secret ont une place dans l’inconscient. Bien prétentieux serait celui qui connaîtrait son inconscient qui, sans arrêt, se renouvelle dans la relation. Les symbolisations expriment les angoisses de l’enfant face à l’exclusion du groupe, aux inquiétudes collectives. Simonne Roumeur exprime son angoisse devant l’exclusion et l’isolement résultant de la maladie, le manque d’énergie, ses rêves en poésie et en peinture sont une raison de vivre au milieu des autres avec les oppositions et les rencontres que cela occasionne.

Simonne Roumeur désirait que sont travail puisse servir à une meilleure connaissance de l’inconscient, sans peur de l’inconnu. Elle présente les archétypes de la pensée en les rendant inoffensifs et les sort de l’inquiétude collective. Les archétypes de la pensée ne sont pas les secrets qui, eux, occasionnent des scènes figées sur lesquelles son imagination viendra buter. Les archétypes de la pensée sont sa recherche de l’énergie pour vivre et ne pas sombrer dans la peur. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de secrets dans la famille de Simonne. Je dis : peut-être que le geste issu de l’imagination et du souci de travailler son inconscient les domine, comme Hergé dans l’œuvre Tintin. Tintin travaille à changer le monde comme Simonne Roumeur travaille à faire grandir son âme, ou Saint Georges à terrasser le dragon.

Comment protéger l’inconscient qui existe à côté du conscient ? Il est impossible de renoncer à l’inconscient qui est un constituant de la pensée. 

Peut-être l’initiation, la morale sont-elles des solutions à mettre en avant pour espérer trouver une unité intérieure qui ouvrira les portes de l’unité du groupe social.

 



[1] En trois années, après avoir quotidiennement frôlé la mort et vaincu la Cordillère des Andes, Jean Mermoz avait réussi ce challenge. Le 30 janvier 1930, il quittait l'Amérique du Sud et laissait la responsabilité des lignes à ses amis: le Brésil à Etienne, le Paraguay à Reine, la Cordillère des Andes à Guillaumet et la Patagonie à Saint Exupéry ...
De retour en France, Mermoz n'avait plus qu'une obsession : traverser l'Atlantique Sud.
Le 12 mai 1930, il réussit le premier vol entre Saint-Louis et Natal sur un hydravion Laté 28, le «Comte de la Vaulx».
Mais il faudra attendre 1933 pour qu'un avion moderne, le Couzinet 70 « Arc en Ciel », fasse faire un pas de géant à l'aéronautique mondiale.
Parti le 12 janvier 1933 de l'aérodrome de Paris-Le Bourget, Mermoz arrivait le 17 à Buenos Aires, en Argentine.
Le retour à Paris fut une formalité et un triomphe total.
http://www.amcmermoz.com/JeanMermoz/FrameJeanMermoz.htm

[2] Serge Tisseron, Secret de famille mode d’emploi, Ed. Marabout, 1996, p. 113.

[3] Serge Tisseron, Secret de famille mode d’emploi, Ed. Marabout, 1996, p. 114.

[4] La symbolique est le moyen alchimique de faire fusionner deux milieux différents. Il a le même sens en alchimie qu’en chimie. La psychologie est l’exploration de l’esprit, l’alchimie est l’étude de la rencontre de l’esprit et de la matière le lieu de Mercure.

[5] Jacques Lacan. Ecrits I, Seuil, 1966, p. 104.

[6] Keith Cottingham, Untitled (Triple), 1992, in Michael Rush, Les nouveaux médias dans l’art, Paris: Thames & Hudson, 2002, p. 187.

[7] Serge Tisseron, Secret de famille, mode d’emploi, Paris : Marabout, 1996, p. 120.

[8]Ibid. p. 125.

[9]Ibid. p. 131.

[10] Ibid. p. 124.

[11] Ibid. p. 130.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Réflexions
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