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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 08:51

Article paru dans Cahier de Poétique N°14 - Novembre 2009 Université Paris VIII - CICEP (2, rue de la Liberté, 93526 Saint Denis Cedex)

Sohrawardi est né en 1155 de l’ère chrétienne à Sohraward, en Iran, dans une région longtemps restée fidèle au mazdéisme. Il est mort décapité par Saladin dans la citadelle d’Alep, en 1191. Le mazdéisme vouait un culte à la lumière, expression de la sagesse sur le monde. Sohrawardi reprend la sagesse de l’ancien Iran pour traiter de la progression de l’âme. Pour lui, Le monde sensible peut se faire le miroir du monde spirituel. La lumière permet l’intelligence du sensible, comme la sagesse permet d’éclairer l’Intelligence. Pour décrire le spirituel, le système de Sohrawardi est inspiré du système cosmique de Ptolémée. Mais, cette pensée s’appuie aussi sur une vision relativiste, non centrée du monde. Sohrawardi propose donc une réflexion originale sur la relation. Il fait revivre les sagesses passées et présentes, s’inspire des connaissances scientifiques, comme les plis nécessaires à la contemplation des Lumières. Les plis du monde sensible suivent les courbes des ciels de Lumière. Henry Corbin et après lui Christian Jambet ont pris soin de présenter la phénoménologie de l’âme, telle que l’enseigne Sohrawardi, et son souci d’échapper à un monothéisme rigide.  Au 13e siècle, les objets de la fête et de la vie témoignent de cette sagesse. Le
Vase Basilewsky[1] et le seau Bobrinsky[2] en sont deux exemples.

Aux 12e et 13e  siècles, en Perse, la vaisselle précieuse a, entre autres motifs, les différents ordres du monde. Le musée de Saint-Pétersbourg en montre plusieurs exemples. Le vase Basilewsky est composé de cinq rangs représentant des musiciens, des scènes de chasse, scènes de polo, animaux, et oiseaux. Ces scènes de fêtes présageaient la félicité des jardins du paradis. Les mondes sensibles s’organisent dans des sphères, plantes, animaux, joueurs de polo, musiciens qui sont les reflets du ciel. La décoration du seau Bobrinsky en bronze se décompose en sept rangs décrivant les hiérarchies du monde. Elle commence par les oiseaux et éclipses qui sont les signes de la présence du paradis et finit avec les symboles de la vie terrestre. Cette conception des mondes témoigne d’une importance donnée à tous les aspects de la vie. Cette sagesse trouve son origine au 12e siècle durant l’âge d’or de l’empire Perse au travers de la théosophie du Shaykh al-Ishrâq, Shihâboddin Yahyâ Sohrawardi inspiré par Ptolémée. Sohrawardi explique l’ordre de Ptolémée comme un emboîtement de bols décorés.

« Il était une fois un lapidaire qui possédait une pierre précieuse. Il voulut exercer sur elle son art. De ce joyau il fit un bol, quelque chose comme une sphère. Du surplus qu’il avait extrait de la pierre précieuse pour tailler le premier bol, il fit de même, à l’intérieur du premier bol, un autre bol. A son tour, du surplus qu’il avait extrait pour tailler le second bol, il fit un troisième, ainsi de suite jusqu’à neuf bols. Après cela, des copeaux de ces bols (successivement taillés) il fit un joyau et l’inséra entre deux robes. De l’étoffe de ces deux robes, une pièce n’avait aucune couleur tandis qu’une autre inclinait quelque peu vers la blancheur. Il fixa ce joyau au milieu du bol. Puis il donna de l’éclat au premier bol. Sur le second bol il peignit un grand nombre d’oranges et disposa sur celles-ci de l’or. Sur le troisième et le quatrième bol et ainsi de suite jusqu’au neuvième, il peignit sur chacun une orange. Après cela il jeta ce bol orné au tournage ; le bol tournait de gauche vers la droite, tandis que les oranges qui étaient sur chaque bol tournaient de la droite vers la gauche, de sorte que si quelqu’un regardait par le milieu du neuvième bol pour voir le premier bol, il penserait qu’il s’agit d’un seul et même bol, et que toutes les oranges ont été peintes sur un seul et même bol. »[3]

Cette description poétique des étoiles est le reflet des lumières : les pures Lumières, Jabarût, le monde des Anges intellectuels de l’avicennisme latin ; le monde des Lumières ou Anges-Âmes, Malakut divisé en Malakut inférieur des âmes humaines et Malakut supérieur  des Âmes célestes ; le monde des corps physiques, Molk, appelés forteresses, situés dans l’ombre des ténèbres. Les deux premiers univers, Jabarut et Malakut sont associés à l’Orient. Le monde corporel physique est le monde sensible de l’enveloppe charnelle. La phénoménologie de Sohrawardi est celle de l’advenue de l’âme. La vie consiste à faire grandir l’âme afin qu’elle irradie le corps, qu’elle transfigure le sensible en spirituel, qu’elle quitte le sensible. L’âme ne prend pas la forme de devenirs animaux. Mais, le corps se laisse dépasser par des devenirs chérubiniques, iconiques, angéliques. L’homme trouve la plénitude de son humanité sans omettre aucun ciel, ni la contemplation des oiseaux et habitants de la terre, ni l’imagination, ni l’intelligence, ni la rationalité, ni l’hénologie. Il occupe l’ensemble du plérôme archangélique. La contemplation du monde sous lunaire et la connaissance des sagesses, dont les formes occupent les plus hautes sphères du plérôme, sont la reconnaissance de relations lumineuses entre les Vivants.

« Je célèbre la liturgie de la Lumière victoriale, le Fort, l’Archange de la théurgie qui est l’homme. L’ESPRIT-SAINT, […] gouverneur du monde des Eléments, l’INTELLIGENCE AGENTE (‘Aql fa’’âl) de qui émanent nos Ames pensantes, investie de la force conquérante et de la suprématie triomphante, SEROSH-LUMIERE[4], pour que soit consacrée par lui la noble espèce humaine. »[5]

La pensée orientale, au travers du néoplatonisme de Sohrawardi, se conçoit dans le plan unique de l’existence, dans un retournement. Le Coran  dévoile en chacun la présence de deux personnes que la sagesse réunit. L’âme est à la recherche de son Ange.  Les multitudes de l’âme témoignent, comme miroirs, de l’origine simple[6] de la lumière qui les éclaire. Comment cela est-il possible ?

L’influence ismaélienne de Sohrawardi fait du tawhîd[7] de l’âme un moyen de rejoindre la proximité  après la chute initiale.  L’Ange (dans le shi’isme ce sera l’Imâm,) rend possible le tawhîd, en supportant les attributs qui ne peuvent être donnés à l’Absconditum[8].

« Sache que le Mystère des Mystères instaura le Plérôme primordial d’un seul coup, sans intervalle de temps ni d’espace, à l’état de formes de lumière d’une multitude innombrable, toutes égales entre elles quant à la perfection première et l’existence première, ce qui veut dire la vie, la capacité, la puissance. »[9]

Après la chute, le plérôme archangélique est en mesure de faire face à l’épreuve du tawhîd.

« L’existence première (al-wajûd al-awwal) et la perfection première (al-kamâl al-awwal) désignent donc un état de capacité et de virtualité mettant le plérôme archangélique en situation de faire face à l’épreuve du tawhîd… »[10]

La chute permet un retard avant la contemplation de la première Intelligence. L’enjeu de Sohrawardi est de se mettre en présence de la Lumière grâce à l’ « ami de Dieu »[11]. L’intelligence rouge, celle de l’aile pourpre de l’Ange, adjoint le monde matériel à la Lumière de l’Ange en lui donnant la couleur rouge.

« …voici que j’aperçus une personne qui venait de mon côté. Je marchais à sa rencontre et l’abordais en la saluant. Avec une grâce et une délicatesse parfaite, elle me rendit mon salut. Observant la couleur rouge dont l’éclat empourprait son visage et sa chevelure, je pensais être en présence d’un adolescent. »[12]

L’intelligence rouge correspond à la troisième démarche qui consiste à mettre en action les sens internes. L’intelligence rouge est l’intelligence des signes, rencontre du spirituel sur la terre. « En termes sohravardiens, il s’agit de « désenténébrer » l’aile gauche de Gabriel. »[13] . L’effort purificateur de chaque âme est comparable à l’éclipse qui symbolise le ciel du seau Bobrinsky.

Prenons deux citations de Sohrawardi pour montrer le dévoilement.

«Si quelqu’un voit en songe qu’un enfant est en train de grandir, c’est que quelqu’un est en train de mourir en ce monde-ci. Inversement s’il voit que quelqu’un est en train de mourir, c’est qu’un enfant est en train de grandir en ce monde-ci. »[14]

L’enfant en train de grandir est l’âme. La vie est une ombre qui passe un court moment sur les lumières du ciel. Sohrawardi considère la vie comme l’initiation de l’âme.

 «Quelques instruments de résonnance agréable, tels que la flûte, le tambourin et autres semblables, font entendre, sur les notes d’un même mode, des sons qui expriment la tristesse. Au bout d’un moment, le psalmiste élève la voix sur le ton le plus doux qui soit, et accompagné par les instruments il psalmodie une poésie. […] Mais alors l’âme soustrait ce plaisir au pouvoir de l’oreille : « Tu n’es pas digne lui dit-elle d’écouter cela. » L’âme destitue l’oreille de sa fonction auditive, et elle écoute directement elle-même. C’est alors dans l’autre monde qu’elle écoute, car avoir la perception de l’autre monde ce n’est plus l’affaire de l’oreille. »[15]

Les mondes de Sohrawardi sont tous présents au plan de l’existence. Les regards de l’Intelligence et de l’âme sont aussi ceux du cœur, autant de mondes qui constituent une existence.

Le plérôme archangélique constitue les étapes que passe l’âme pour s’initier. Chaque ciel est un Ange, porte vers la Lumière.

Même si les sens s’effacent devant l’intelligence, puis le spirituel, il n’y a pas de rejet du monde matériel par Sohrawardi. Les prisons, puits et autres trous sombres qui émaillent son œuvre sont les allégories de ces moments où l’esprit se trouve exilé dans les considérations causales nécessaires au fondement de la connaissance et à la vie matérielle. Cet exil est important pour que l’âme soit maîtresse du corps et de l’intelligence. La nécessité de passer par l’exil est l’un des thèmes de l’ismaélisme. La prison, chez Sohrawardi, est aussi ce temps de solitude qui précède l’illumination, l’inquiétude de l’âme qui cherche et imagine. La prison est le temps où les organes ne sont pas tournés vers la présence archangélique. L’influence ismaélienne de Sohrawardi explique cette nécessité de passer par le microcosme[16]. Le virtuel est ce temps d’inquiétude où se crée un milieu qui se rend progressivement transparent aux lumières. La plénitude est dans la présence aux pures lumières. La tristesse[17] est d’avoir à quitter les Lumières et retourner chercher ceux qui ne les ont jamais vues.

Le mal, selon l’ismaélisme, provient du refus de la procession céleste, en ne voulant relever que de la Lumière primordiale. Il est l’orgueil de ne pas passer par les multiples sphères célestes, de refuser l’exil.

Que s’est-il donc passé pour que l’homme soit ainsi séparé des Lumières ?

Si l’on reprend la cosmologie d’Avicenne, le premier émané est la deuxième Intelligence. Elle est éblouie devant l’abîme qui la sépare de son Principe. La première Intelligence est le Premier Créé. L’acte de contemplation de son Principe donne éclosion à la seconde Intelligence. La seconde Intelligence est le Premier Emané. Cela signifie qu’elle n’est pas pour elle-même mais jaillissement du Premier Créé. De ces deux premières Intelligences émane une troisième Intelligence, l’Adam spirituel, selon l’ismaélisme. L’ismaélisme voit dans le tawhîd la connaissance spirituelle. Les limites des Intelligences célestes nécessitent de passer les unes par les autres, pour saisir la perfection du premier Principe. L’acte de contemplation passe par la connaissance des différentes Intelligences.

« C’est en quelque sorte une conception monadologique du tawhîd. »[18]

Il existe une sorte d’ordination, une hiérarchie qui est rompue dramatiquement par la troisième Intelligence. La première Intelligence est, dans l’ismaélisme, le premier prophète. Le prophétisme existe déjà dans le ciel. L’Adam céleste, en refusant la ligne des lumières, perd alors sa place de troisième Intelligence et tombe comme dixième Intelligence.

Le prophétisme de l’Intelligence est la reconnaissance de la préséance de l’Intelligence qui la précède. Le deuxième émané refuse de passer par les Intelligences qui le précèdent. L’Adam céleste est ébloui devant lui-même.

« Il ne voit pas que hadd (le rang) qui le précède définit son champ d’horizon, tout en référant au-delà. […] Il ruine ainsi la médiation du tawhîd monadologique, et tombe du même coup dans le piège de cette idolâtrie métaphysique qu’il voulait fuir, et dans laquelle tomberont à leur tour, « dans le ciel » et sur la terre, tous ceux des siens qui méconnaissent les médiations sans lesquelles le tawhîd est impossible. »[19]

« La régression de l’Adam céleste du rang de IIIème au rang de Xème Intelligence, c’est un retard d’éternité, de l’ « éternité retardée ». Ce retard est mesuré par les sept autres Intelligences qui ont procédé pendant le vertige de l’Adam céleste. »[20]

Ces visions ismaéliennes des hiérarchies célestes et du drame de l’Adam céleste, qui tombe au dixième rang de la vision cosmique, permettent de dire :

« Elle nous invite à nous penser nous-mêmes non plus dans le temps, comme tout nous y presse de nos jours, mais dans l’espace, non pas dans l’espace empirique mais dans l’espace des mondes et des intermondes suprasensibles. »[21]

Dans « Les offices Divins » et « Les strophes liturgiques » du Livre d’Heures, dans le Livre des fourmis, les mondes et les intermondes sont sources d’émerveillement. Dans le contexte religieux de Sohrawardi, les plis du corps, puis de l’âme, font signes vers la Lumière, se déploient. La lumière ne peut advenir sans les premiers plis. Le symbole et l’icône sont nécessaires à la traversée des différents plis des mondes lumineux. La sagesse de l’ismaélisme montre l’importance de la liturgie, médiation nécessaire au déploiement des multiples Intelligences, portes et temples du premier Principe. La liturgie suit la procession des Intelligences, en suivant les signes de Dieu. Le rite nous met en présence des lumières de l’Intelligence.

Le retard dû à la chute du troisième Ange du plérôme engendre Lumière et Ténèbres.

« Le troisième Archange du plérôme qui est l’Adam spirituel, l’Adam métaphysique, devient le dixième, parce que l’enténèbre son retard à reconnaître les deux hypostases qui le précèdent. C’est un semblable décalage qui permet à Sohrawardi de se sentir dégagé de tout dualisme irréductible, tout en affirmant avoir ressuscité dans ses livres la Théosophie de la Lumière et des Ténèbres professée par les sages de l’ancienne Perse. »[22]

L’imaginal d’Henry Corbin apparaît dans l’ombre que chaque Ange va supporter devant le « Sans Limite ». Le drame dans le ciel n’est pas pris en compte par Avicenne. Mais, il se retrouve de façon répétée, dans la liturgie du jour de Sohrawardi.

« Que Dieu purifie ceux que voici debout, et qu’il les approche. Qu’il agrée la liturgie de la Lumière se levant à son orient. Que sa bénédiction soit sur le cône de flamme de la Lumière. Qu’il missionne l’influx céleste sur la lampe du sanctuaire. Qu’il consacre l’offrande et l’acte digne de louange. Il a fait du héraut de la Lumière levante le cavalier de l’Orient, le confident des sacrosaints, celui qui fait descendre le secours, lance l’ordre, en proclamant du haut des créneaux du monde de la Gloire :

O Principe de l’Univers, terme final des mouvements des soleils qui se lèvent à leur Orient quand ils déclinent à l’Occident ! Fais monter la litanie de la Lumière. Viens en aide au peuple de la Lumière. Guide la Lumière vers la Lumière. »[23]

Ce texte montre que l’emboitement des sphères n’est pas la seule cause du rayonnement lumineux mais les sagesses passées, les richesses de la littérature, la chevalerie, la liturgie modifient et éclairent les mondes spirituels. Les centres multiples de l’Intelligence saisissent les relations car la réalité même ne se donne pas totalement à l’intelligence humaine dans le monde sous-lunaire. La connaissance des relations est celle de la reconnaissance de la dépendance des Lumières entre elles.

Le respect du Khalife, par Sohrawardi, rattache sa pensée à l’arbre du Tawîhd exotérique[24]. Salomon obtient le trône de la Reine de Sabbat de la part d’un khalife qui avait la connaissance du Livre. Il en est reconnaissant à Dieu seul[25]. Sohrawardi se fait le témoin de Dieu offrant à chacun le trône de Lumière du plérôme archangélique. Cependant, il pose une condition : respecter la hiérarchie terrestre au travers du Khalife : « Que nul ne conçoive l’ambition d’obtenir la connaissance des secrets de ce livre sans revenir auprès de la personne (shakhs), du khalife qui possède la connaissance du Livre. »[26] Cette remarque de Sohrawardi est inspirée par le Coran : « Et ceux qui ne croient pas disent « « Tu n’es pas un messager ». Dis : « Allah suffit, comme témoin entre vous et moi, et ceux qui ont la connaissance du Livre sont aussi témoins. » »[27] L’ismaélisme de Sohrawardi, Shaykh al-Ishrâq, ne s’exprimait pas au mépris de l’autorité des pouvoirs spirituel et temporel. Sohrawardi fut donc condamné injustement en des temps de peur et d’instabilité politique.

Les œuvres du Moyen-âge en Orient, l’art des objets de tous les jours, l’art des tapis, les enluminures sur les thèmes épiques ou de l’amour courtois de la littérature, la poésie, les sciences témoignent du souci de respecter les hiérarchies des Lumières, le monde sensible, porte vers le spirituel. La rhétorique de Sohrawardi témoigne de la prise en compte des relations de l’Intelligence. Les mots d’Henry Corbin le rappellent : « Cette multiplication théophanique préserve le monothéisme de tout aspect monolithique, sans lequel, comme les Ismaéliens l’ont très bien vu, le monothéisme dégénère en idolâtrie métaphysique. »[28]



[1] The Basilewsky Vase, 13 siècle,  Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg in Mikhail Piotrovsky, On Islamic Art, The State Hermitage Museum, St Petersburg, 2001, pp. 82-83.

[2] The Bobrinsky Bucket, décembre 1163, Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg in Mikhail Piotrovsky, On Islamic Art, The State Hermitage Museum, St Petersburg, 2001, pp. 76-81.

[3] Shihâboddine Yahyâ Sohravardî. L’archange empourpré, Un jour, avec un groupe de soufis, traduction d’Henry Corbin, Paris: Fayard, 1976, 549 p, pp. 369-370.

[4] Serôsh : forme pehlvie de l’avestique Sraosha.

[5] Shihâboddine Yahyâ Sohravardî. L’archange empourpré, strophes liturgiques et offices divins, traduction d’Henry Corbin, Paris: Fayard, 1976, pp. 491-492.

[6] J’ai choisi le mot simple à la place du mot Un. L’Un est différent de l’un comme unité de mesure. L’Un est le simple comme présence universelle au cœur des multitudes.

[7] Tawhîd : Entrée progressive de l’âme dans l’intimité divine. Cette recherche de perfection passe par le « fana ». Ce dernier est conversion et détachement à chaque ciel. Du sensible à la beauté, de la beauté à l’intelligible, de l’intelligible à l’amour. A chaque fois il y a passage nécessaire par un ciel, puis détachement de ce ciel.

[8]Mot d’Henry Corbin dans les commentaires du « Bruissement des ailes de Gabriel ». L’archange empourpré, p. 255.  Ce mot vient du désire d’approcher rationnellement la présence de Dieu à la vie. « Tant les  sources (usûl) diffèrent, et telle est la distance de leur lieu de dérivation, car la source des thèses de la théosophie orientale c’est la révélation-intérieure, la vision intuitive. Celle des thèses des péripatéticiens, c’est la dialectique rationnelle et démonstration (burbân). » Sohrawardî, Le livre de la sagesse Orientale, p. 259. Dieu est abscond dans la raison mais simplicité dans la présence. Toute personne ne peut se définir par la rationalité seule. Cela est encore plus vrai pour Dieu. Il ne peut se définir par la rationalité seule.

[9] Henry Corbin. La trilogie ismaélienne, Verdier, p. 190.

[10] Ibid. p. 200, note.

[11] L’archange empourpré, p. 73 l’ami de Dieu est l’ange qui est la dimension éternelle de l’âme, celui qui connait aussi bien l’exégèse littérale que l’herméneutique spirituelle.

[12] Shihâboddine Yahyâ Sohravardî, L’archange empourpré, Le récit de l’archange empourpré, trad. Henry Corbin, Paris: Fayard, 1976, 549 p., p. 202.

[13] Shihâboddine Yahyâ Sohravardî, L’archange empourpré, commentaires d’Henry Corbin in Bruissement des ailes de Gabriel, Paris: Fayard, 1976, p. 254.

[14] Shihâboddine Yahyâ Sohravardî, L’archange empourpré, Epitre sur l’état d’enfance, trad. Henry Corbin, Paris: Fayard, 1976, p. 402.

[15] Ibid. pp. 403-404.

[16] Monde des sens.

[17] Platon. Le mythe de la caverne.

[18] Henry Corbin. L’Imâm caché, Paris : L’Herne, 2003, p. 56.

[19] Ibid, p. 57,58.

[20] Henry Corbin. L’Imâm caché, L’Herne, 2003, p. 58.

[21] Ibid, p. 67.

[22] Shihaboddin Yahyâ Sohravardî Shaykh al-Ishrâq, L’archange empourpré, Le bruissement des ailes de Gabriel, traduction commentaires Henry Corbin, Fayard, 1976, p.253.

[23] Shihaboddin Yahyâ Sohravardî Shaykh al-Ishrâq, strophes liturgiques et offices divins, L’archange empourpré, traduction Henry Corbin, Fayard, 1976, p.484.

[24] Le Tawhîd exotérique est aussi dit Tawhîd théologique. « Le Tawhîd théologique est ce qui considère la lettre exotérique de la religion positive et s’applique à ce monde-ci, c’est parce que la sharî’at est limitée à l’état présent du monde… » Henry Corbin, En Islam Iranien, tome III, Gallimard, 1972, p. 196. Henry Corbin explique l’importance du Tawhîd exotérique (prophétisme de la loi, Tawhîd où les Prophète ont convié les humains à affirmer une divinité unique) et l’importance de son lien avec le Tawhîd ontologique, dit aussi ésotérique, professé par les mystiques. Le Tawhîd au sens vrai et non pas au sens métaphorique, c’est le Tawhîd théosophique qui totalise les deux formes de Tawhîd ontologique et théologique. Voir, Henry Corbin, en Islam Iranien, p. 196.

[25] Coran, 13 : 43.

[26] Shihaboddin Yahyâ Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, trad. Henry Corbin, Gallimard, 1986, p. 232.

[27] Coran, 27 :40.

[28] Shihaboddin Yahyâ Sohravardî Shaykh al-Ishrâq, L’archange empourpré, Le bruissement des ailes de Gabriel, commentaires d’Henry Corbin, Fayard, 1976, p. 254.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Articles publiés
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