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  • : Monique Oblin-Goalou
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 13:47

Il est important de célébrer l’anniversaire de la relativité générale qui s’actualise avec l’œuvre d’Albert Einstein entre 1907 et 1915. Rappelons que la relativité générale englobe et supplante la théorie de la gravitation universelle d’Isaac Newton.

Dans les sciences de la nature

Depuis un siècle, la théorie de la relativité a apporté beaucoup à la science et à notre confort. Elle a permis aussi d’expliquer nombre de phénomènes rendant la contemplation de la nature plus riche.

Le mot « relativité » vient de l’idée de ce qui est relatif, dépendant des uns des autres. Il se situe dans la question de l’unité. Pour répondre à certaines questions, la science prend conscience de l’importance de penser les choses dans leur unité et leurs interdépendances. La théorie de la relativité est une connaissance de la relation.

La démarche des scientifiques, dans l’observation de l’interdépendance des événements, des choses et des milieux, peut éclairer les relations humaines. L’exemple simplifié des sciences de la nature offre une sagesse, un schème à suivre.

La relativité n’est pas la mise à égalité. Elle s’adapte simplement à la nécessité. La prescription de lunettes à des patients se contente des outils offerts par l’optique géométrique pour calculer la correction nécessaire à chacun pour lire ou pour voir les astres. Ces connaissances ont été réutilisées en optométrie, la science subjective de l’examen du vu. Par contre, la mise au point de la transparence du verre correcteur demande une bonne connaissance de l’indice de la matière qui sert à la fabrication des lunettes pour les rendre plus transparentes. Les lunettes astronomiques ont favorisé la mise au point de traitements antireflets sur le verre des nombreuses lentilles qui composent l’instrument. Les différentes longueurs d’onde qui constituent la lumière blanche sont des vibrations dont les oscillations ont des phases qui se mesurent à 10-6. Pour chaque longueur d’onde, on dépose une couche différente sur le verre. Les couches multiples sont toutes calculées en fonction des longueurs d’onde de la lumière et de l’indice du verre. Le traitement antireflet des verres de lunettes et des lentilles qui composent les lunettes astronomiques relève de l’optique physique et permet un meilleur passage de la lumière au travers des différents dioptres.

Le mot « relativité » reconnait l’interdépendance des phénomènes. Il en sort une humilité, un air amoureux de reconnaissance de la nécessité de l’autre.

Il est à noter que l’ordre de la relativité est celui de la nécessité. Il n’y a pas de chaos dans la relativité, seulement une prise en considération de mesures variables suivant les nécessités. Ernst Mach, dans un article de 1905, écrit : « Ma définition provient d’une tendance à établir la dépendance mutuelle des phénomènes et à faire disparaître toute obscurité métaphysique, sans que cependant elle soit, au point de vue de ses résultats, moins bonne qu’aucune autre de celles que l’on a employées jusqu’à présent. »[1]

La relativité  qualifie une procédure qui définit expérimentalement une grandeur physique, elle pose une nouvelle façon de concevoir les rapports, et conduit surtout à une redéfinition de l’invariant. Selon F. X. Demoures, la relativité est issue du besoin, d’une part de préserver une conception épistémologique du monde issue uniquement de l’expérience, d’autre part d’une systématique conception nouvelle fondée sur des fonctions mathématiques comme critères de vérité, où l’invariant n’est variable que dans le système de relations des variables dans lequel il s’insère. 

La relativité est conçue, ici, comme prise dans une impasse, un système. Elle consacre la séparation des phénomènes. Pour répondre, je prendrai l’exemple de la propagation de la lumière dans la matière, mais il serait possible de s’intéresser à beaucoup d’autres exemples. L’équation « eikonal » ou l’équation de Schrödinger permettent de démontrer les lois de l’optique géométrique à partir des lois de l’électrodynamique. L’optique géométrique est un cas particulier d’une pensée plus générale nous dit l’équation « eikonal ». Ces dernières lois ne sont vraies que dans le cas où la longueur d’onde λ de la source est beaucoup plus petite que les dimensions des éléments formant le système optique. « Lorsque la longueur d’onde λ de la source est beaucoup plus petite que les dimensions des éléments formant le système optique, on montre que les équations de Maxwell peuvent se simplifier grandement. Cependant, une description très partielle de la propagation des champs électrique et magnétique est obtenue »[2]. Ce cas particulier permet des simplifications et des lois simples que Descartes a pu découvrir de façon empirique. Ce n’est pas la relativité qui a été empirique mais l’optique géométrique de Descartes qui, par hasard, découvre les lois simples du rayon lumineux. L’équation de Schrödinger décrit, avec un radical statistique, la probabilité de présence du photon[3]. L’équation « eikonale » (petite image), ou celle du célèbre chat de Schrödinger ne sont donc pas relativistes. L’équation « eikonale » reprend l’idée initiale de  F.-X. Demoures et évite son pessimisme final : « La mise en ordre selon des principes d’une série d’entités identifiées par la déduction et l’expérience, principes qui s’autofondent et s’autonorment au sein du système dont la pertinence est garantie par les fonctions mathématiques et les relations identifiées entre les objets, rend donc possible la mise en place d’un système cohérentiste, où ce même invariant n’a de valeur d’explication qu’au sein d’un système mis en place. »[4] Dans la relativité, il est question de simplifications dues à des disparités de mesures, ou au contraire de mise en évidence de la nature énergétique de la lumière en fonction de la taille des dispositifs. Les systèmes n’ont pas été mis en place pour vérifier des idées purement mathématiques. Ces dispositifs sont conçus pour observer les étoiles, la nature de la lumière, pour lire : les lunettes. La relativité n’est pas une connaissance absolue du monde. La relativité n’est pas une connaissance particulière du monde à partir d’un observateur. La relativité prend en compte les limites de la raison, les simplifications qu’elle impose, l’imagination. La lumière, vue de façon linéaire, ondulatoire, ou encore quantique, relève d’une approche imaginée[5] qui s’intègre dans un modèle plus généraliste, mais peut-être aussi plus lourd pour ce qui est des outils mathématiques, les équations de Maxwell ?

Dans la philosophie

Ce désir de souhaiter l’anniversaire de la relativité est né de deux phrases dans un même texte. 

« […] imprégnée d’un relativisme religieux qui porte à considérer que « toutes les religions se valent » »[6]

Je ne veux pas contester la lettre quand l’esprit est explicit pour dénoncer une forme de syncrétisme. L’usage du mot relativisme est surprenant. Il demande une bonne connaissance de la philosophie. Il est à associer à l’idée du film amusant de Woody Allen : Whatever Works. L’origine du mot vient-il d’une mauvaise interprétation de la relativité ? Avec tout le progrès qu’elle a pu apporter, la relativité ne discrédite-t-elle pas le texte qui tente de vivre la connaissance de soi et le respect de l’autre, la religion dans son sens de relation? « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de vérité qui illumine tous les hommes. »[7]

J’ose poser cette question au vu du malaise de la base et des souffrances occasionnées dans les humbles milieux intellectuels qui vivent au milieu des hommes de toutes cultures et formations. Le mot relativisme est généralement mal compris. L’usage du mot « relativisme » dans l’Eglise, au lieu de « syncrétisme » ou autres, pose problème aux communautés scientifiques et philosophiques.

Le relativisme dialogue avec le criticisme de Kant ou de Hamilton. Le criticisme est l’étude des limites de la raison. Le criticisme est né de la volonté de Kant d’en finir avec le scepticisme de Hume et le dogmatisme  matérialiste de Wolff[8]. Kant défend le point de vue selon lequel l’esprit, ou plutôt l’entendement, possède a priori des principes de savoir ; et contre les dogmatistes, il maintient que l’expérience seule peut conduire à la certitude de l’existence réelle ou objective et que, même dans cet ordre de faits, nous ne pouvons encore être assurés que les choses soient telles qu’elles nous apparaissent. Bien sûr, Kant ne répond pas à toutes les questions. Son criticisme est une porte vers une logique qui ne soit pas dualiste. 

Le relativisme ne doit pas être confondu avec la tolérance, ni avec le criticisme, ni avec la relativité. Selon le relativisme jaloux, tout énoncé est lié au milieu, aux préjugés de la personne. Donc, tout énoncé est faux et haineux. Le relativisme jaloux est un pessimisme sur l’homme qui permet toutes les dérives et persécutions, car il se fonde sur un principe de haine et de violence, de lutte des classes et d’enfermement de la connaissance mathématique et physique ou naturelle dans la classe bourgeoise. Les origines du relativisme, chez Protagoras,  sont des démarches intellectuelles. Elles constituent des objets de réflexion sur la culture. Les questions soulevées concernent notre époque où les cultures se mélangent.

Le criticisme de Kant ne se retrouve pas dans sa morale. Elle prône l’impossibilité du partage mystique. Le silence sur Dieu, qu’il impose au nom de la vertu, n’invite pas la société des hommes au dialogue avec les Personnes de Dieu. Elle ne favorise pas la pensée iconale qui permet le partage dans la vie relationnelle du quotidien. Ce pessimisme d’E. Kant vient de sa conception d’un Dieu en retrait dans la raison seule. « Relativement à un être qui est tout fait au-delà des limites de notre expérience, mais qui se rencontre toutefois quant à sa possibilité dans nos idées, par exemple l’idée de Dieu, nous avons aussi un devoir qui s’appelle le devoir religieux, qui consiste à « reconnaître tous nos devoirs comme (instar) des commandements divins ». Mais ce n’est pas là conscience d’un devoir envers Dieu. Car, puisque cette Idée procède entièrement de notre propre raison et que nous l’élaborons nous-mêmes, soit au point de vue théorique pour nous expliquer la finalité dans le monde, soit à un autre point de vue pour nous en servir d’un mobile à notre propre conduite, nous n’avons donc point devant nous un être donné, ENVERS lequel nous aurions une obligation ; sinon il faudrait tout d’abord que sa réalité fut prouvée par l’expérience (révélée). » La conscience relève de la raison, mais aussi de l’expérience. E. Kant chasse donc Dieu de la conscience, mais du même coup du cœur de l’homme. Il fait de Dieu un devoir rationnel et non une personne. Or l’absolu réside dans la personne de Dieu comme présence. La foi est la certitude de la présence de Dieu au monde, à sa ressemblance aux personnes humaines qui nous entourent et dont la présence garde une part de mystère des terres spirituelles sensibles. La relation jamais ne s’épuise dans le mystère de chacun.

« Le lien qui existe entre la liberté de l’homme et la Loi de Dieu se noue dans le « cœur » de la personne, c’est-à-dire dans sa conscience morale. »[9]

Le cœur est le lieu de la présence au monde par la rencontre du sensible et de la raison, de l’observation et de l’intelligence. La morale est en lien avec la conscience et la conscience de soi.

A quelles nécessités de la relation l’Eglise répond-elle ? Dans un contexte de multiplication des sectes, d’athéisme, de toutes les dérives mystiques avec un rejet par l’institution (l’Eglise), de la mystique dans son ensemble, pourquoi l’Eglise ne définit-elle pas la relation entre mystique et vie ? Le corps mystique de l’Eglise est le Christ présent au monde au travers des sept sacrements. Cette sagesse passe par une acceptation d’une mystique sociale. La communauté constitue un corps physique,  spirituel et mystique qui reconnait les personnes divines comme volonté rayonnante du milieu des hommes et éclairant les hommes. Dieu n’est pas sur une montagne.

Dans l’histoire

Depuis l’Antiquité et le Moyen-âge, la philosophie et la sagesse font référence à la relativité. « Mais il y a plus, si nous considérons les composés eux-mêmes, l’un sera dit plus rapide que l’autre, les atomes composants ayant tous, où qu’on les prenne, la même vitesse, par le fait que les atomes contenus dans les agrégats tendent vers le même lieu dans le minimum de temps continu, même s’ils ne se meuvent pas vers le même lieu dans les temps perçus par la raison ; mais ils se heurtent souvent avant que la continuité du mouvement devienne perceptible par les sens. Et en effet cette opinion formée par nous au moyen d’une inférence et prononçant sur l’invisible, savoir que les temps dont l’existence est perçu par la raison seule sont continus, n’est pas vraie relativement à ces corps là : c’est ce qui est vu par les sens ou par représentation immédiate de la pensée qui est toujours vrai. »[10]

Sohrawardi, dialoguant avec un groupe de soufis, dit : «Une comparaison, supposons que tu prennes une planche et que tu poses une boule à l’extrémité de cette planche. Voici que tu tires (brusquement) cette planche vers toi. La planche se rapproche de toi, mais la boule tombe à l’opposé de toi en s’en allant par le côté de cette planche qui est le plus éloigné de toi. »[11]

C’est pour cela que je ne suis pas d’accord avec François Xavier Demoures quand il critique le besoin de rattacher l’intelligence du présent à celle du passé, en utilisant le mot torsion. «Cette torsion illustre le besoin qu’il peut y avoir à rattacher la nouveauté au connu, et à l’ancrer invariablement dans un contexte épistémologique et, plus largement, historique et moral. »[12] Nous sommes ici dans un rapport d’actualité, au sens de Xavier Zubiri[13]. La relativité a toujours existé dans l’intelligence, mais elle est plus actuelle, car utilisée en sciences de la nature et pour nos usages quotidiens.

La relativité a encore de beaux jours devant elle, car l’incommensurable, plus grand ou plus petit, permet les simplifications nécessaires à la vie. Les eaux poissonneuses du littoral montrent des milieux différents où le simple s’unit pour la vie. La pureté et le respect de la virginité naturelle sont nécessaires à la préservation du simple et de la vie.

Les retentissements de la pensée iconale existent en art et en poésie. Je développe actuellement un questionnement autour de l’œuvre de Geneviève Clancy (fondatrice de la revue Cahier de Poétique) qui est l’une des sources de cette réflexion.



[1] Ernst Mach, 1904, La mécanique, trad. F. Bertrand, Paris : Hermann, p. 212.

[3] Monique Oblin-Goalou, Le rhizome sous l’arbre le virtuel au-delà des images lumineuses, ANRT, p.378.

[4] François-Xavier Demoures, La relativité est-elle relativiste ? Sur la réception de la théorie de la relativité,

[5] L’imagination est une adaptation de la raison à une observation. L’imagination peut être aussi une déformation de l’observation vers des possibles multiples.

[6] Card. Ratzinger, cite Jean-Paul II dans Congrégation pour la doctrine de la foi sur l’unité de Jésus-Christ et de l’Eglise.

[7] Card. Ratzinger cite Vatican II.

[8] Wolf Feuerhahn, Comment la psychologie empirique est-elle née ?, Archives de philosophies 2002/1, Volume 65, p. 47-64 : « Dans une note du § 644 de la Psychologie rationnelle, Wolff précise la distance qu’il prend par rapport à Leibniz : « Je ne revendique pas les éléments des choses matérielles que la simplicité. Et quand à la nature de la force qui leur est infuse. Je la laisse en doute. » Il y a donc une nette distinction entre les « éléments des choses matérielles » et les « monades ». Dans le lexique wolffien, la notion de « chose simple » est la notion générique. Elle est ensuite distinguée en « atomes de la nature » ou « élément des choses » (qui correspondent aux « substance simples » ou « monades brutes » de Leibniz, mais qui ne sont pas douées de perceptions) et « monades » qui incluent seulement les substances douées de perception (les « âmes » et les « esprits » au sens de Leibniz). Choisir les termes d’ « atomes de la nature » et d’ « élément de choses » pour désigner les substances privées de perceptions est très révélateur de l’autonomie de la pensée wolffienne. En effet, les notions d’ « atomes de la nature » et d’ « élément de choses » ouvraient la Monadologie. Au § 3, Leibniz affirme, selon un axe anti-épicurien, que les monades sont comme les véritables Atomes de la Nature et, en un mot, les Eléments des choses. Prendre les atomes matériels pour les substances ultimes qui rendent raison de la structure du monde, c’est confondre, en langage leibnizien, les « phénomènes » et les « essences ». Les monades ne sauraient être des réalités matérielles.

Or, en appelant les substances simples privées de perceptions « atomes de la nature », Wolff semble retourner « en-deçà » de la révolution leibnizienne. Car, privés de perception, les atomes de la nature ne changent pas par une force interne, mais par une détermination extérieure. Pour se modifier, les substances simples doivent s’ouvrir sur le monde extérieur. Ouvrir portes et fenêtres. De métaphysiques, les monades simples deviennent des réalités physiques.» http://www.cairn.info/article.php?ID REVUE-APHI&ID. Les monades simples deviennent des réalités physiques et quittent la métaphysique telle que la concevait Leibniz. Il est important de savoir que des penseurs orientaux ont su parler de la présence spirituelle à la vie, non pas en termes de séparation avec le monde physique (métaphysique), mais comme présence lumineuse, réfléchie et diffractée par la matière. De plus, chez Sohrawardi, il n’y a pas de séparation ontologique originelle dans la procession de la Lumière (Monique Oblin-Goalou, Le rhizome sous l’arbre le virtuel au-delà des images lumineuses, ANRT, 2008, Tome, p.57).

[9] Jean-Paul II. La splendeur de la vérité, p. 88. Citation dans la thèse Monique Oblin-Goalou, Le rhizome sous l’arbre, L’ANRT, 2008, au chapitre 2.3.2 « Virtuel et nature dans la Bible, virtualité chez Saint Augustin ».

[10] Epicure, Lettres et maximes, Pössneck : Librio, 2000, p. 34, 35.

[11] Sohravardî, L’archange empourpré, trad. Henry Corbin, Paris : Fayard, 1976, p. 368.

[12] François-Xavier Demoures, La relativité est-elle relativiste ? Sur la réception de la théorie de la relativité, Disponible sur Internet.

[13] Xavier Zubiri, L’intelligence sentante intelligence et réalité, p. 111 et suivantes.

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 12:14

J’ai eu en cadeau une poupée. Elle vient de Chine par bateau. Les ouvrières des usines ont fabriqué, pour les fillettes de Belgique et d’Europe, de jolies poupées blondes aux yeux bleus. Les chinoises ont des yeux en amande noirs et brillants, des cheveux bruns, lisses. Elles fabriquent en rêvant de précieuses poupées pour des princesses qui vivent très loin et ont un teint de lait et des yeux clairs. Mais le rêve ne suffit pas.

Ma poupée était emballée dans un carton avec un biberon, une couche et une serviette à mettre au cou pour manger. La poupée était liée au carton par de si nombreuses attaches que je ne pouvais pas la sortir de sa boîte. Même un adulte avait du mal à retirer les attaches tant elles étaient nombreuses. Pourquoi les ouvrières avaient-elles mis autant d’attaches ?

Peut-être, voulaient-elles exprimer leur tristesse de ne pouvoir offrir à leurs enfants d’aussi jolies poupées. Les ouvrières travaillent beaucoup dans les usines de Chine. Elles ont juste de quoi manger et dormir. Leurs nombreuses heures de travail ne leur permettent pas d’offrir d’aussi jolis jouets à leurs enfants. Les ouvrières voudraient offrir à leurs petites filles des poupées au teint de fleurs de prunier et aux lèvres orangées. Leur visage serait l’écriture d’un poème de sagesse.

Ma poupée ressemble à un nourrisson qui vient de naître. Maman lui achète des vêtements âge zéro au supermarché.

Mon bébé porte un bonnet et des chaussons pour ne pas attraper froid.

Ma poupée boit son lait dans un biberon.

Je lui mets un manteau pour sortir. Son manteau est en laine blanche pour ne pas avoir froid.

Je lui mets sa serviette pour manger.

Ma poupée a des couches que je change deux ou trois fois par jour. Maman explique que les petits motifs colorés de la couche se placent sur le ventre de ma poupée.

La nuit, elle est vêtue d’un pyjama et d’un bonnet bleus.

Le jour, je l’habille avec une barboteuse rose et un bonnet de la même couleur.

Ma poupée pleure, elle verse des larmes.

Elle ferme les yeux quand je la couche.

Ma poupée babille et chante.

Mon bébé dort si je ne fais pas trop de bruits.

Mon bébé a une tétine. Il tète si je lui donne sa tétine.

Je câline mon bébé, je le berce et je chante pour lui.

Quand je serai grande, j’aurai, comme maman, des enfants. J’ai appris beaucoup de choses sur les nouveaux nés avec ma poupée. Je confie des secrets à ma poupée et je l’embrasse.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 16:44

Qui sommes nous pour juger de la lenteur de Dieu ? Qui sommes-nous pour récriminer contre Dieu ? Quand le peuple juif errait dans le désert, Dieu lui a donné la manne. Chaque jour, chacun ramassait ce qui lui était nécessaire, selon la prescription de Dieu.

Le pain que Dieu nous donne est fait pour être partagé. Mais le pain que Dieu n’a pas encore donné ne peut être source de discorde. « Donne-nous, aujourd’hui, notre pain de ce jour ».  Dieu donne pour chaque jour. 

Dans sa guerre contre les Philistins, le peuple juif suit tant bien que mal les pas de Dieu. Le pain spirituel de Dieu vient pour chaque jour. Les paroles des sages s’éclaircissent le moment venu. Ceux qui n’en tiennent pas compte disparaissent.

Saül a perdu la royauté car il n’a pas écouté les paroles de Samuel. Samuel lui a demandé : « Lorsque ces signes se seront réalisés pour toi, agis comme l’occasion se présentera, car Dieu est avec toi. Tu descendras avant moi à Gilgal et je t’y rejoindrai pour offrir des holocaustes et immoler des sacrifices de communion. Tu attendras sept jours que je vienne vers toi et je t’apprendrai ce que tu dois faire. »[1]

« Saül était encore à Gilgal et le peuple tremblait derrière lui. Il attendit sept jours, selon le terme que Samuel avait fixé, mais Samuel ne vint pas à Gilgal et l’armée, quittant Saül, se débanda. Alors celui-ci dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de communion », et il offrit l’holocauste. Or, il achevait d’offrir l’holocauste lorsque Samuel arriva, et Saül sortit à sa rencontre pour le saluer. »[2] Alors Samuel lui reprocha d’avoir agi en insensé et lui annonça que sa royauté ne tiendrait pas.

David eut de grandes difficultés avec les Philistins. Mais, quand il entendit des pas à la cime des micocouliers, il se dépêcha, car Dieu se portait au devant de lui pour battre les Philistins. Les pas de Dieu sont-ils très grands ? Ils donnent la victoire mais en respectant la mesure de ce monde, en respectant les grands arbres. Dieu donne à David un conseil stratégique et tactique en rapport avec le terrain : « David consulta Yahvé, et celui-ci répondit : « Ne les attaque pas en face, tourne les par-derrière et aborde-les vis-à-vis des micocouliers. Quand tu entendras un bruit de pas à la cime des micocouliers, alors dépêche-toi : c’est que Yahvé sort devant toi pour battre l’armée philistine. » »[3]

Le bruit des arbres donna la victoire à David en faisant croire à une multitude d’assaillants. Les pas de Dieu sont petits, simples et à la mesure de notre monde sensible. La démesure de l’amour de Dieu pour son peuple se manifeste dans la mesure. L’heure qui Lui convient n’est pas celle des hommes.

Dans l’évangile de Saint Jean, l’heure de la glorification par la résurrection était inimaginable pour les hommes. L’enseignement et la vie de Jésus s’éclairent à la lumière de la résurrection. Dieu souffle la sagesse en manifestant notre nature divine, le logos se dévoile alors et prend son sens quand le temps est venu. La connaissance est donnée à l’heure qui convient. La connaissance est l’instant où tout s’éclaire et où le plan de Dieu devient visible.

Le pain de Dieu n’est pas seulement sensible, il est aussi sagesse. Dieu donne la sagesse nécessaire pour chaque jour.

Note: Les manifestes sont des réflexions rapides, objets de dialogues et de remises en questions, ou quelques citations réunies.


[1] Bible de Jérusalem, Samuel 10, versets 7-8.

[2] Bible de Jérusalem, Samuel 13, versets 7-

[3]Bible, 2ème livre de Samuel, chapitre 5, versets 23, 24, 25.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:27

A propos des expositions : « Moscou : Splendeurs des Romanov » et « Ballets russes » qui se tiennent du 11 juillet au 13 septembre 2009 à Monaco, Espace Grimaldi et Espace Ravel.

Le beau coin, dans les intérieurs russes, est composé d’icônes. Les icônes sont des formes simplifiées, universelles. L’iconique se retrouve aussi dans les enluminures du Proche-Orient. Cette spiritualité se retrouve aussi dans les œuvres de Malevitch, les œuvres de Mondrian, qui s’intéressent à la mystique. La simplification géométrique des visages de la vierge ou des saints des icônes ouvre sur l’indicible. Ce sont des formes qui permettent la relation autour de l’incommensurable. Sonia Delaunay, Gontcharova, Tatline ont une démarche intellectuelle qui déploie les plis de l’intelligence, du spirituel, de la poésie. Cette connaissance existait dans le peuple russe, au travers de l’icône et de la prière. Tatline ne va pas jusqu’à la mystique mais on peut dire que, dans l’œuvre de Malevitch, la lumière va jusqu’à la mystique.

Or, dans l’exposition « Splendeur des Romanov », à Monaco, aucun rapprochement n’a été fait entre l’icône religieuse et la peinture russe du tout début du 20° siècle. Au contraire, les œuvres sont exposées comme une dissonance annonçant une dispersion de l’intelligence, une réduction. Les chemins de l’intelligence sont aussi un chemin vers Dieu. Dieu ne néglige aucune lumière de l’esprit, car toute lumière vient de lui.

Ne pas oublier de se rendre à l’exposition Ballets russes qui regroupe les dessins préparatoires aux décors, avec lesquels Serge Diaghilev a dansé un hymne à l’art du XX° siècle !

Note: Les manifestes sont des réflexions rapides, objets de dialogues et de remises en questions, ou quelques citations réunies.

 

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:26

Aimé Césaire, comme j’ai aimé ta négritude !  Dans ton âme, j’ai vu mon âme noire.  Elle est féminine et humble comme le fou de bassan dont les ailes trop longues traînent au sol. Vous avez ri de mes ailes. Elles sont ma négritude. Visionnaire Aimé, la société est sans classe mais tes combats existent toujours. Car, les arbres vivent de leurs rhizomes. Les arbres de la bourgeoisie accrochée à ses chaises, ressemblent à des bonzaïs. La bourgeoisie a nié ses arbres en privant ses enfants de la connaissance, de sa culture. Tu utilises le mot culture dans le discours sur le colonialisme.

« Les vietnamiens, avant l’arrivée des Français dans leur pays, étaient des gens de culture vieille, exquise et raffinée. Ce rappel indispose la Banque d’Indochine. Faites fonctionner l’oublioir !» [1]

« La vérité est que, dans cette politique, la perte de l’Europe elle-même est inscrite, et que l’Europe, si elle n’y prend garde, périra du vide qu’elle a fait autour d’elle. On a cru n’abattre que des Indiens, ou des Hindous, ou des Océaniens, ou des Africains. On a en fait renversé, les uns après les autres, les remparts en deçà desquels la civilisation européenne pouvait se développer librement. »[2] Je ne suis que l’humble rapporteur de discours qu’il faut lire entièrement. La lumière d’Aimé Césaire est une pulsation d’ombre. Dans les contradictions des mots, la vie et l’amour de la vie jaillissent.

Dans l’humus du prolétariat naissent le glorieux et le sublime. Les noirs sont des grands enfants, soupire Aimé Césaire, sous l’accusation mesquine des esclavagistes. Ce n’est pas l’enfance qui est remise en cause, mais le mépris de l’enfance.

« […] savoir la peinture à peine allégorique d’une société où les privilégiés, confortablement assis, refusent de se serrer pour faire place à un nouvel arrivant, et  - soit dit en passant – qui recueille l’enfant durement rejeté ? »[3]

Mon âme noire est l’ombre qui accompagne la lumière, celle qui vit dans la matière pour la dépasser, une révolte contre le réductionnisme. L’âme noire est un universel, selon Léopold Sédar Sangor, « un ré-enracinement de nous même dans une histoire, dans une géographie et dans une culture, le tout se traduisant non pas par un passéisme archaïsant, mais par une réactivation du passé en vue de son propre dépassement. »[4]

La négritude est une identité, une recherche d’universel sans négation de l’identité, un refus de l’oubli.



[1] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Discours sur la négritude, Paris : Présence Africaine, p. 36.

[2] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris : Présence Africaine, 2004, p. 70.

[3] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris : Présence Africaine, 2004, p. 57.

[4] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Discours sur la négritude, Paris : Présence Africaine, 2004, p.85.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:24

Les guerres du dévoilement

 Le manifeste de l’hermétisme

 

Réflexion à partir d’une Simorghe à deux têtes.

Il y a eu les élus de Dieu, tout comme il y a eu des sacrifices humains, et d’animaux. Le sang était séparé de la chair… On sacrifiait des animaux au temple jusqu’à la mort de Jésus. Le corps blessé de Jésus a sauvé tous les hommes. Par l’onction de Samuel, le roi Saül s’est vu choisi par Dieu sur la demande des hommes.  Jésus était-il un élu comme Saül ?

Les anciens d’Israël disent à Samuel : « « Tu es devenu vieux et tes fils ne suivent pas ton exemple. Eh bien ! Établis-nous un roi pour qu’il nous juge, comme toutes les nations ». Cela déplut à Samuel qu’ils aient dit « pour qu’il nous juge, comme toutes les nations », et il invoqua Yahvé. Mais Yahvé dit à Samuel : « Satisfait à tout ce que te dit le peuple, car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, c’est moi qu’ils ont rejeté, ne voulant plus que je règne sur eux. Tout ce qu’ils m’ont fait depuis le jour où je les ai fait monter d’Egypte jusqu’à maintenant – ils m’ont abandonné et ont servi des dieux étrangers – ils te le font aussi […] tu leur apprendras le droit du roi qui va régner sur eux. » »[1]

Samuel leur enseigna les droits d’un roi sur le peuple, mais le peuple refusa d’écouter.

Jésus n’est pas un roi mais la présence de Dieu au monde. Les hommes pécheurs ont peur de la voix de Dieu ou de ses prophètes. Comme Caïn, ils se cachent devant la face de Dieu. Alors, faut-il supprimer les rois, les prophètes ? Yahvé lui (Samuel) dit : « satisfait à leur demande […]».

Dieu ne refuse pas les intermédiaires quand le cœur des hommes est trop petit. L’élu est l’élu des hommes et non de Dieu.

Jésus meurt pour tous les hommes. Mais cela exclut-il le sacrifice individuel de chacun? Le bon sens veut que non. Jeanne d’Arc : « L’Eglise c’est Jésus ». Chacun est membre du corps du Christ, corps glorieux, mais aussi corps souffrant.

Peut-on parler d’oblation dans la liturgie, d’ablation dans la vie ?  Mais si la liturgie est vie, « faites ceci en mémoire de moi » remplace-t-il le sacrifice ? La vie des hommes, leurs souffrances, leur mort, leurs joies se font dans la communion, par lui, avec lui et en lui.

La liturgie est l’homme tourné vers Dieu et non vers la terre. Les tripes sont la terre. Dieu est visible depuis les tripes. La liturgie, ce sont les cinq sens tournés vers Dieu, La parole, La musique, l’encens, le pain, l’assemblée, le signe de partage, les gestes du prêtre. La parole et la musique pour entendre, l’encens pour sentir, les gestes du prêtre et les ornements liturgiques pour voir, le pain pour goûter, le geste de paix pour le toucher.

L’élitisme et le choix d’un roi peuvent être nécessaires si le peuple se détourne de Dieu. Le roi peut simplement orienter son peuple vers Dieu. Le peuple rejette Dieu, puis Samuel, et demande un roi. La question n’est pas de remettre en cause le pouvoir. La question est de savoir qui détient le pouvoir, le peuple, le roi ? Tout système démocratique met l’aigle à deux têtes dans le cœur du peuple. De là, il me semble intéressant de pouvoir conclure à l’importance d’une éducation de qualité. Les textes, autrefois destinés aux princes et aux fils de princes, apparaissent alors comme destinés à tous.

Les rites d’initiation de l’âme comme ceux de l’Iran ne sont plus réservés aux princes. Ils sont devenus intéressants pour tous.

Ou encore,

Le peuple a rejeté Dieu, le peuple a rejeté le prophète. Il y a démission. Le serviteur fidèle fait alors figure d’élu au milieu des démissionnaires. Il n’y a pas d’élus. Mais s’il y a trop de démissionnaires les serviteurs fidèles font figures d’élus.

Ou encore,

« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Mais lui qui avait entendu dit : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : c’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »[2]

« Où n’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le temple violent le sabbat sans être en faute ? Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple. Et si vous aviez compris ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. Car le fils de l’homme est maître du sabbat. »[3]

« […] et mon jugement surgira comme la lumière. Car c’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, la connaissance de Dieu plutôt que les holocaustes. »[4]

Si Hermès est notre âme, ou la lumière de l’âme, alors l’hermétisme ne peut plus signifier isolement ou inaccessibilité, indicible. Finissons en avec les Hermès sans bras de Versailles, nous sommes tous responsables de notre âme et de la connaître, la travailler comme un jardin. L’indépendance de l’âme n’implique pas un rejet de la hiérarchie, des arbres, des traditions. L’indépendance de l’âme se pose en terme de discernement.

Le mythe de l’attelage ailé, dans le Phèdre de Platon, décrit la difficulté à travailler son âme. Voici le début de la description des tourments des plis de l’âme : « de chaque âme en trois parties, dont deux ont forme de cheval et la troisième forme de cocher ; […] Des deux chevaux, donc, l’un, disons-nous, est bon, mais l’autre ne l’est pas. »[5]

 

Note: Les manifestes sont des réflexions rapides, objets de dialogues et de remises en questions, ou quelques citations réunies.



[1] Samuel I, (8,22).

[2] Mathieu. 9, 10-13.

[3] Mathieu. 12, 5-8.

[4] Osée.  6,6.

[5] Platon. Phèdre, œuvres complètes, Paris : Gallimard, TII, 1950, pp. 34, 35, 44-46.

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 17:20

Mon ange blessé s’est montré à moi.

Au Moyen-âge, l’ange est la mission réservée à chacun. L’ange veille à ce que notre liberté, dans l’ombre de Dieu, puisse se manifester.

L’ange est difficile à discerner. Chacun a un ange différent. L’ange de sainte Françoise romaine la giflait.

Qui est donc l’ange, un autre ?

Cette question me hante souvent. L’ange se cache-t-il pour laisser la place à Dieu ?

Le mépris ne donne jamais d’ange. L’ange est dans le regard d’amour. L’intelligence regarde le spirituel. L’ange est la porte entre deux ciels.

Mon ange est un chérubin ou un séraphin de Dieu. Il émane de l’amour qui m’unit à mon mari. Il est dans les mots : je t’aime. Dans la relation, l’ange est présent, léger comme un souffle.

L’ange peut frapper. Le doigt de l’ange nous ramène à l’humilité de notre humanité. Mon ange ! Es-tu méchant ? L’ange veille à ce que, devant Dieu, la Vierge, les Saints, tes frères et tes amis, tu te présentes avec simplicité et confiance.

L’ange est un autre en dehors de l’amour. Si d’autres ont souffert à cause de moi, mon ange peut les avoir portés. Mon ange a une âme d’enfance. Il n’y avait pas de séparation entre moi et mon ange. J’ai blessé mon ange et alors j’ai vu mon ange l’espace d’un instant. Mon ange est humble comme un enfant et immense comme Dieu. Il est un reflet d’enfance de Dieu.

Mon ange m’accompagne encore dans l’amour mais je ne sais rien de mon ange, il est mon enfance.

Sohrawardî fait de l’ange l’envers de l’icône, la mère de la relation. « Il faut donc que tu professes à l’égard de la « Lumière la plus proche », des Lumières archangéliques, des sphères célestes et des âmes qui les gouvernent, ce qui est prééminent et précellent après sa possibilité. »[1] Les Lumières émanées sont seulement possibles. Les « Lumières archangéliques » sont en dehors du monde des contingences.

« Or les relations entre les nobles Lumières sont plus éminentes que les relations qui règnent dans le monde des Ténèbres. Les relations entre Lumières sont donc nécessaires, antérieurement aux relations entre Ténèbres. »[2]

L’Ange permet la manifestation du possible, l’ouvert, la blessure. L’ange est la blessure de Dieu. Il est l’esprit du retrait de Dieu, la porte de l’ouvert.

Note: Les manifestes sont des réflexions rapides, objets de dialogues et de remises en questions, ou quelques citations réunies.


[1] Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, trad. Et notes Henry Corbin, Paris : Gallimard, folio, p. 149.

[2] Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, trad. Et notes Henry Corbin, Paris : Gallimard, folio, p. 150.

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 15:07
Album - Théâtre pour enfants-2008-2009
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 14:34
Album - Travaux d'enfants pour spectacles
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 13:58

Dialogue entre Ménélas, Alexandre et César

 

Jules César meurt à Rome en 44 avant J. C. Il est accueilli au ciel par l’empereur Alexandre le Grand, et le roi mythique Ménélas. Alexandre le grand est, roi de Macédoine, grand conquérant. Il assurera le rayonnement de la Grèce sur le monde. Elève d’Aristote, il a vécu au IV° siècle avant Jésus Christ. Il est accompagné de Ménélas roi imaginaire de Sparte cité de Lacédémone. Ce personnage d’Homère date du IX° siècle qui est aussi celui de la naissance de Sparte.

Il est bon de savoir que les grecs et les romains avaient déifié les plis de l’âme. Les dieux sont la sagesse que chacun travaille à mettre dans son cœur.

 

César entre le premier, suivi de Ménélas, vient ensuit Alexandre.

César est là, seul sur scène.

Entrée de Ménélas

 

Ménélas : La République va mourir par ta faute. Moi, Ménélas, roi de Lacédémone, je viens te dire que tes faits et gestes annoncent des empereurs despotes. Titus, qui te suit de peu, revendiquera le courage grec. Pourtant, il mettra le peuple dans l’ignorance. Cet avilissement du peuple soumettra Rome à l’opinion publique. La cité sera avilie par la calomnie et la médisance. Les habitants de la cité auront perdu leur vertu.

 

Entrée d’Alexandre

Alexandre : Je suis venu, César, les dieux sont mécontents. Présente-toi à eux avec humilité. Ils hésitent à t’accueillir au Panthéon. Ils te reprochent d’avoir retiré au peuple son lien direct avec les dieux. A Gergovie, tu as reproché leur initiative à tes soldats. Les dieux, qui agissaient dans le courage de tes hommes, ont permis de décider de l’avenir de Rome.

 

César : La ruse et l’intelligence auraient évité aux soldats de Gergovie de mourir.

 

Ménélas : La ruse et l’intelligence ne peuvent se passer de la vertu. Et les dieux seuls  décident du destin. La vertu du peuple est un moyen donné aux dieux pour être présents dans la vie.

 

Alexandre : Les grecs privilégiaient la compétition et l’éducation pour donner du cœur aux habitants de la cité.

 

César : Alexandre, tu es de 300 ans mon aîné. Les temps ont changé. Aujourd’hui, le courage au combat n’est plus le souci de l’aristocratie romaine.

 

Alexandre : Les centurions se sont battus et sont morts pour le prestige de César, se détournant des dieux. Cela annonçait l’Empire. Tu as franchi le Rubicon. Nul ne pouvait le franchir sans en avertir le Sénat. La République était moribonde. Tu as préféré le dieu égyptien Amon. Il te donnait tout pouvoir sur le peuple. Tu as été influencé par ton amour pour Cléopâtre reine d’Egypte.

 

César : J’ai fait ce que je pouvais face à Pompée et Crassus. J’ai aimé Cléopâtre dans l’espoir d’agrandir le monde romain.

 

Ménélas : As-tu oublié, ô César, les orientations des âmes libres de ta cité, Rome ? Le peuple n’aimait pas Cléopâtre. Les voix des dieux l’animaient contre la reine d’Egypte. Il avait peur pour la République ? L’Orient de Rome n’est pas dans les dieux de l’Egypte ; mais dans ceux de la Macédoine et des peuples Pélasges, des lumières indo-européennes qui brillent aussi sur la Perse.

 

Alexandre : La sagesse et la langue grecque viennent de nos lointains ancêtres : des peuples Pélasges.

 

Ménélas : La vertu des spartiates se forgeait dans leur éducation et leur permettait de rester maîtres du champ de bataille. Les autres peuples admiraient cette discipline. La conception hoplite du courage s’appliquait à la cité. Chacun défendait Sparte dont l’âme était divinisée. Le courage a permis à Sparte de dominer la Grèce. Allons César, allons affronter la colère des dieux protecteurs de Rome. Peut-être reconnaîtront-ils la puissance que tu as donnée à Rome, même si ce fût au détriment de sa grandeur et de son rayonnement.

 

 

 

Ce texte a été improvisé suite à la lecture du livre de J. E. LENDON Soldats et Fantômes combattre pendant l’antiquité. Université de Yale, 2005, pour la traduction Paris : Tallandier Editions, 2009.

 

La vertu et la ruse

 

Pièce en un acte pour les élèves de classes de 5° et 6°.

 

Cette pièce de théâtre, en faisant référence à Titus, se contente de porter l’attention sur un des personnages clé de l’Empire Romain. Il stigmatise la décadence de Rome sous l’Empire. La fonction qu’il occupe, avant d’accéder à l’Empire, le discrédite auprès du peuple. Il doit restaurer son image. L’attitude qu’il prend au milieu de ses hommes lors des combats pose des questions. L’image, l’autorité, la place du peuple, la dissolution d’Israël,  autant de sujets difficiles se sont posés à Rome sous Titus.

 

Quelques citations qui ont servi à la rédaction de cette courte pièce :

 

« Une des choses qui distinguait les Spartiates des autres Grecs était leur conviction que bien des vertus les plus nobles peuvent s’apprendre. »[1]

 

« […] dans le duel légendaire des frères Horace, le frère survivant triompha des Curiaces par le stratagème de la fausse fuite. »[2]

 

« « Chez les Romains subsiste un peu de la vieille philosophie de la guerre », écrit Polybe des Romains contemporains de Paul Emile. « Ils déclarent ouvertement la guerre, ont rarement recours aux embuscades et mènent leurs batailles de près ou au corps à corps. » Beaucoup de romains préféraient une bataille où « les étendards affrontent les étendards, sur un terrain clair et découvert, où, sans peur ni embûche, l’affaire peut être décidée par la véritable virtus » selon l’expression de Tite-Live. »[3]

 

Les Spartiates se flattaient, en particulier, de leur sôphrosynè (maîtrise de soi) qui leur valait l’admiration des autres Grecs.[4]  « Les phalanges des autres Etats se disloquaient souvent dans une course imprécise avant le contact, dépassées par l’excitation du danger, et détruisant leur formation. Les spartiates, au contraire, avançaient au son des joueurs de flûte, pratique censée « purifier  les guerriers de la colère », et progressaient au pas «  sans brèche dans leurs rangs, sans trouble dans l’esprit, calmement et avec enthousiasme », sans « peur excessive ni passion »… Le combat hoplitique éprouvait tout à la fois les courages passifs des soldats et de leur cité. »[5] Rester maître du champ de bataille implique l’obéissance.

« Les grecs avaient l’habitude d’échelonner les cités. La polis était considérée comme une personne collective mythique dont la conduite était déterminée par l’éthique de la compétition. »[6]

 

« En temps qu’hègemôn, chef des armées alliées et première en prestige, Sparte… »[7]

 

« Ce qui change entre l’époque de César et celle de Titus, c’était le comportement du général en chef : à la différence de César, à la différence de la plupart des généraux romains d’autrefois, Titus se battait sur un mode héroïque, sans éviter – et même en recherchant – les occasions de combattre de ses mains. »[8]

 

« Les chefs macédoniens devaient se battre de leurs mains, qui seules leur permettaient d’exiger l’obéissance des soldats. »[9]

 

« Ce n’est pas sans gloire qu’ils gouvernent la Lycie,

Nos rois ; ils mangent des moutons gras

Et boivent des vins choisis, doux comme le miel, mais leur

Vigueur aussi est excellente puisqu’ils combattent

Au premier rang des Lyciens. »[10]




[1] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 125.

[2] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 221.

[3] Tite-Live cité in J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 224.

[4] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 75.

[5] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 75.

[6] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 72.

[7] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 80.

[8] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 279.

[9] J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 150.

[10] « Le plus royal » Plutarque, Démétrios, et Iliade cité par J. E. Lendon, Soldat et fantômes, Tallandier, 2005, p. 150.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Pièces de théâtres
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