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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 19:42

La sagesse de Sohrawardi est connue car elle a permis l’épanouissement de la poésie en Iran, en Orient, dans le monde. La pensée contemporaine a des difficultés à dépasser certaines images relayées par les médiats. Sohrawardi étant d’origine orientale le rejet contemporain de son travail et de l’universalité de ce qui fait son œuvre, de la poésie en général, puisqu’il en est l’un des grands maîtres, sont liés à son appartenance géographique et aux difficultés que rencontrent l’Iran, la Syrie, et l’ensemble du Moyen Orient aujourd’hui. Le Proche et le Moyen-Orient doivent pouvoir rayonner sur le monde et apporter autre chose que l’image de la guerre. Pour que la poésie puisse revivre, je me suis intéressée aux difficultés rencontrées par la jeune psychanalyse au-delà de toutes appartenances. Ce texte a pour ambition de montrer le souci de Sigmund Freud d’ouvrir son travail en médecine et en psychanalyse à une dimension qui dépasse le cadre de sa personnalité, de sa culture juive, de sa religion, de son pays…La pensée scientifique était menacée par l’antisémitisme et le travail des juifs était réduit à leurs origines. Cette problématique n’est pas réservée à la pensée juive ; elle concerne les religions, les nationalités et les cultures. Un peuple autant qu’une personne existe dans son origine et au-delà de son origine. L’idée est de décrire une attitude psychologique propre au stade pompier qui demande de saisir l’enjeu des codes symboliques qui régissent les relations et leurs possibilités en prenant la psychanalyse pour objet.

 

Le stade tintin ou pompier

Monique Oblin-Goalou

L’œuvre de Reynald Drouhin, Frags butterfly#om, utilise les innombrables données accessibles sur le Net pour en faire la substance du détournement de L’Origine du Monde de Gustav Courbet. Elle est une image décomposée en multiples rectangles qui la brouillent. Ces derniers sont des images choisies avec des mots clés des commentaires des internautes sur l’œuvre de G. Courbet, des algorithmes, des moteurs de recherche et des stocks de données. Les mots clés donnent une dimension pseudo-aléatoire, l’algorithme étant une démarche déterminée. R. Drouhin a pour objectif de défragmenter les données d’Internet. Il les sort du virtuel pour leur donner chair en utilisant différents outils. Il revendique, dans ses images, une esthétique du code. Le code est le lien par lequel la relation est possible. L’augmentation des données, avec Internet, implique de nouveaux codes mais surtout une connaissance de l’autre. Le stade pompier est la possibilité d’exister comme témoin au milieu des autres.

Une période d’angoisse apparaît chez l’enfant à la fin du stade du miroir, avec la prise de conscience de la responsabilité du monde dont il hérite. La fragilité de cette période réside dans le mépris des adultes pour l’enfant, dans la prise de conscience chez l’enfant de l’insuffisance de son entourage. Le complexe d’impuissance de l’adulte le pousse à reporter ses désirs sur l’enfant. Les indices du stade Tintin sont apparus au travers de l’expérience de Bruno Schulz, professeur d’arts plastiques et travaux manuels à Drohobycz, dans les années trente. Il réinvente sa biographie, fort de son expérience des adolescents dans une région où les pogroms et goulags ont fait des milliers de morts, et décrit, au travers de mythes, la psychologie angoissée d’une période difficile. Bruno Schulz ne revendiquait pas de stade pompier. Ses descriptions, ses connaissances des relations humaines permettent cependant d’inventer ce stade. Il préparait un livre intitulé, Le Messie. Mais nous ne savons rien de son livre en raison des persécutions qu’il a subies. Le Messie devait traiter des dangers de ne pas travailler à l’initiation de l’âme ? La lecture des œuvres de B. Schulz le montre luttant avec l’outil de la « réalité dégradée » contre l’espérance scientifique de l’advenue d’un homme nouveau naturellement bon qui remplacerait « l’homme primitif ». Ecrivait-il contre le « messianisme criminel »?

« Les analogies apparentes, souvent signalées, entre le primitif et l'enfant, peuvent être trompeuses. Il ne faut s'en prévaloir qu'avec précaution, et sous bénéfice d'inventaire. Mais, sur le point qui nous occupe, elles sont singulièrement frappantes. N'est-il pas significatif que, de l'aveu unanime des observateurs, la représentation de soi-même comme sujet n'apparaisse qu'assez tard chez l'enfant ? » Le stade pompier, comme sortie de l’enfance, se pose en découverte des différents modes de vie. Le terme « primitif », dans son sens de « participation au monde », a-t-il un lien avec le stade pompier ?

I. L’indifférence à la jeunesse et à l’enfance

Le stade pompier est en opposition avec plusieurs attitudes collectives.

Bruno Schulz enseignait dans une école à Drohobycz, ville de Galicie multiethnique et multiculturelle, dans une région durement touchée par la crise des années trente. Dans sa jeunesse, B. Schulz dessinait et la magie de son art transformait son entourage. A l’âge adulte, son entourage s’oppose à sa paternité. « « Capitaine des sapeurs pompiers ! Oui, dites plutôt de voyous ! dit-elle, mesurant mon père d’un œil haineux. » » « - À mon avis, fit le commis principal Théodore, ces sapeurs pompiers, tous des parasites !... Ils sont infantiles et tellement irresponsables que jamais nous ne les laissons éteindre les incendies. […] Un incendie les rend fou de joie ! ». Pourtant Bruno Schulz obtiendra quelques satisfactions par ses prouesses. Le pépin, l’échec, comme le suggère l’ironie, a besoin du témoignage de l’art. Marie Lechner, dans son article Glitch ! La beauté fatale d’un raté fait connaitre les artistes du numérique qui « explorent les défaillances des technologies ». En dégradant le support, ces artistes font la substance, comme Sigmard Polke qui jouait avec les points de l’imprimerie. « Dès 1935, Len Lye exploite les rayures et peint les chutes de celluloïds. Name June Paik, avec wobbulator, perturbe le signal télé dans les années 70. Cory Arcangel réédite le geste avec sa pièce Plasma Screen Burn, qui exploite la brulure d’écrans lorsqu’une image fixe reste affichée trop longtemps. » Les instruments du flux de la lumière en se brisant, ou les artistes en manipulant les formats, dévoilent le beau Glitch ou le Glitch radical et scénique pour lequel Marie Lechner reprend les termes du site de Rosa Menkman : « Plutôt que de créer l’illusion d’une interface transparente vers l’information, la machine se révèle et se rappelle brutalement à l’existence de son utilisateur. C’est le cri primal des données ». La machine est un élément avec lequel composer une donnée. Elle acquière une dimension de langage comme le lisse et le rugueux en sculpture. Le retour à la substance, aux données, est un retour aux origines.

La lutte contre l’indifférence à la jeunesse est un souci du Franciscain de Bourges. Sous l’occupation, dans la prison de Bourges,

 les jeunes résistants sont torturés et meurent. Un Franciscain infirmier souffre de ne pouvoir sauver ces jeunes qu’il accompagne néanmoins vers la mort. Le livre de Marc Tolédano rapporte les conversations émouvantes que recueillait le séminariste franciscain. Durant la guerre, personne ne se préoccupait de ces enfants oubliés parce que l’enfance est sans vanité. Les liens du Franciscain de Bourges avec la résistance ne permirent pas d’en sauver beaucoup. Liliane Frey-Rohn écrit, à propos de la pensée de Frédéric Nietzsche : « Les ténèbres collectives, qui dressent leur profil menaçant derrière tout ce que la civilisation comporte de vanité, et que nous avons accoutumé d’appeler l’ombre collective. » Comment avons-nous pu oublier ces avertissements pendant tout le XX° siècle ? Liliane Frey-Rohn écrit encore : « « au-delà du bien et du mal » Nietzsche a ouvert au psychologue de nouvelles voies. Il se donne pour but « l’homme le plus sage », celui qui sait combiner non seulement l’ombre redoutée, mais aussi la « lumière » si vantée avec une forme de vie plus positive, une réalité « du fort et du créateur ». Dans son combat contre tout ce qui est solide et durable, il fait flamboyer le monde insondable de Dionysos, le royaume de l’irrationnel, qui recèle le mystère de la vie réelle ». L’ombre collective, source d’angoisse, est un thème de l’œuvre de Simone Weil. Le « gros animal » est cette ombre : « L’obéissance au grand animal conforme au bien, c’est là la vertu sociale. Est pharisien un homme qui est vertueux par obéissance au gros animal ». Liliane Frey-Rohn écrit encore à propos de Frédéric Nietzsche : « N’oublions pas qu’il ignorait tout des alchimistes, qui s’intéressaient à la projection de l’âme dans la matière et qui essayaient également de dégager le domaine de l’âme comme un royaume intermédiaire entre l’esprit et la matière. […] Est-ce étonnant que Nietzsche ait méconnu la fonction psychologique véritable de la psyché et se soit efforcé d’établir une équivalence entre le non-conscient et la réalité des affects et des impulsions ? L’erreur grave d’avoir mal compris le mode symbolique et de s’être identifié au « serpent de la vie » l’a finalement poussé à détruire les « tables de valeurs anciennes » et à prendre pour base de sa doctrine le « renversement de toutes les valeurs ». » Cette critique est intéressante car elle pointe le doigt sur une certitude, l’importance de l’alchimie comme origine de la psychologie. L’idée de « projection de l’âme dans la matière » pour définir l’alchimie est à retenir. Mais, peut-on vraiment « comprendre » la symbolisation dans la séparation du symbolique et de la vie? L’alchimie est un royaume intermédiaire dans le plan unique de la vie. En mathématiques, entre l’esprit et les nécessités de la vie, la symbolique est le moyen de vivre avec les mesures de l’esprit. La rivalité œdipienne a pour objet le désir de l’anima. Le sujet (fille ou garçon), « pour entrer en rivalité avec le père et se faire place dans le discours de la mère, doit entrer dans l’ordre de ce désir, en parler le langage, se référer au même système symbolique dont le père est le premier terme ». Ici la symbolique est le serpent de la vie. Le stade pompier s’inscrit dans la découverte des codes. Le substantial est ce qui donne corps à la personne, qu’elle soit morale ou physique. « « Il est « ce qui réalise », « quelque chose de réel qui unifie », « principe d’action du composé » ». Le problème du vinculum est qu’il n’est pas substance, il est seulement ce qui substantialise. Il est le lien ». Le vinculum est le code, l’ensemble des signes qui régissent les données. Pour le fils, les données paternelles sont incompatibles avec le lien, ou substantial, qui fait l’unité des données du fils. Ce n’est pas forcément dans sa famille que l’enfant trouve le lien qui réunira son corps morcelé.

Cette idée inspira G. W. Goethe. « […] un enfant dialoguant avec les ténèbres. Le père le serre contre lui, le tient prisonnier dans ses bras, le protège de la violence de l’élément dont le bavardage incessant l’étourdit ; mais pour l’enfant ses bras sont transparents, la nuit les transperce et, à travers les caresses du père, il continue d’entendre ces terribles paroles de séduction. » Par la musique, comme dans une œuvre de Paul Klee, le ciel quitte ses reflets de perfection pour éclairer l’humanité. Dans les bras de son père, Bruno Schulz enfant se laisse séduire par les Aulnes cachés dans l’ombre des grands sapins. « Le violon tout seul se leva brusquement, précocement grandi, adulte ; tout à l’heure si plaintif et hésitant il se tenait maintenant devant nous, mince, la taille pincée, et conscient de sa mission, il reprit la cause humaine un instant différée, continua le procès perdu devant le tribunal du firmament où se dessinaient en signe d’eau les galbes et les profils des instruments, fragments de clefs, lyres et cygnes inachevés, commentaire machinal des étoiles en marge de la musique. » Avec cette phrase, la réalité se fragmente pour s’unir aux étoiles. Quand la réalité est fragmentée, elle apparaît dégradée, « alvéoles écartées », « cloaque de l’immaturité » , pour ceux qui ne veulent pas voir l’humanité dans sa totalité. Pourquoi mépriser les mouvances de la substance humaine ? « Nous traversons tous des crises de maturation, et les processus douloureux de l’imperfection et de la défectuosité ».

T. Kantor écrit de la « réalité dégradée » de Bruno Schulz : « Il n’y a pas d’objets inanimés, durs, circonscrits dans des limites précises. Tout dépasse celles-ci pour quitter le champ qu’elles circonscrivent », comme le pépin (Glitch) dévoile les données dans l’œuvre de Name June Paik.

« Il faut distinguer pourtant deux usages du concept de libido, sans cesse au reste confondu dans la doctrine : comme concept énergétique, réglant l’équivalence des phénomènes, comme hypothèse substantialiste, les référant à la matière. Nous désignons l’hypothèse comme substantialiste et non comme matérialiste ». La base des sublimations qui se manifestent dans le comportement se trouve dans le métabolisme de la fonction sexuelle, selon S. Freud et J. Lacan. Mais J. Lacan considère que la libido passe par un stade d’identification symbolique qui a pour objet le code et non pas seulement « l’objet excrémentiel », ou ce qui est produit. La notation symbolique des images, leur dynamisme inducteur du comportement, « c’est la condition même de l’identification symbolique et l’entité essentielle de l’ordre rationnel, sans lequel aucune science ne saurait se constituer ». J. Lacan ne nie pas l’importance du sujet et de son objet produit, mais il insiste sur l’importance de la démarche et de l’énergie qu’elle nécessite, du symbolisme auquel elle s’attache.

II. Le stade pompier ou la découverte du respect des rôles de la personne

Reynald Drouhin, avec Frags butterfly#om, redessine L’Origine du monde à partir d’une multitude d’images prises dans les données d’Internet. Internet devient l’anima, l’origine, le virtuel où puiser le devenir. Par Internet, le désir change. Le complexe d'Œdipe n'est pas la forme inconsciente véritable du désir. La psychanalyse sert le capitalisme et sa forme paternaliste en réduisant la personne a ses instincts. G. Deleuze et F. Guattari expliquent en quoi le complexe d'Œdipe, loin pour eux de constituer une vérité sur le désir, est un moyen pour les psychanalystes de modeler et de contenir ce dernier, en le réduisant à la structure familiale, pour l'empêcher de se répandre dans le champ social et d'y mettre en œuvre sa puissance révolutionnaire. Chez Bruno Schulz, les codes et symboles s’étendent, au-delà de la famille, aux institutions politiques, princesses, princes, aux mythes et contes, à la littérature, aux personnages de musées, aux ouvrières et aux mannequins de l’entreprise de son père, aux personnages de la publicité ou à ceux de la Bible. Le complexe d’Œdipe ne suffit pas à l’initiation des relations entre les institutions et les groupes d’appartenance. Selon Laurie Sibony-tua, la judéité de Sigmund Freud, son modèle familial et son rapport à Dieu, sont à l’origine de la découverte de la psychanalyse. Sigmund Freud voulait en faire le meurtre, dans L’homme Moïse, pour ne garder que la part universelle et scientifique. Freud s’y défend, d’une part contre le racisme de l’époque et d’autre part il exprime son appartenance politique à la mystique égyptienne d’Isis, chère à l’Autriche, depuis Karl Leonhard Rheinhold. Sa nationalité passe avant sa judéité, il choisit Joseph, fils de Jacob l’Egyptien plutôt que Moïse, pour accompagner mythiquement sa démarche. Les institutions sociales donneront la primauté à C. G. Jung. Sans le racisme, jamais S. Freud n’aurait été inquiété par la spoliation de la paternité de sa découverte. Sans l’œuvre écrite de C. G. Jung, celle de Lacan serait moins facile d’accès. Dans l’étude du psychisme, ne laissons pas la jalousie raciste décider de son orientation, ne négligeons ni S. Freud, ni C. G. Jung, ni Lacan, ni bien d’autres.

Le père de S. Freud a été hassidim. L’hassidisme est une origine de la psychanalyse. La richesse du travail scientifique de S. Freud témoigne de la grandeur de son âme féminine originelle. Dans La poétique de la rêverie, G. Bachelard traite de l’animus et de l’anima. « Sans cesse l’inconscient murmure, et c’est en écoutant ses murmures qu’on entend sa vérité. Parfois des désirs dialoguent en nous – des désirs ? Des souvenirs peut-être, des réminiscences faites de rêves inachevés. – un homme et une femme parlent dans la solitude de notre être. Et dans la libre rêverie ils parlent pour s’avouer leurs désirs, pour communier dans la tranquillité d’une double nature bien accordée.» On appréciera ici la référence à la sagesse religieuse suggérée par le vocabulaire, le passage de personnages homme et femme de l’âme aux natures de la personne. On passe ici d’un langage symbolique initiatique, l’image mentale du couple, à un langage rationnel sage. Les plis de l’âme ne s’opposent pas. Le religieux ne s’oppose pas à la connaissance de soi. Dans ce passage de La poétique de la rêverie, l’image du couple est ancrage de la sagesse dans le monde. La « hiérogamie » de l’écriture s’est réalisée. Mais n’oublions pas l’anima « dans la volonté de créer des êtres que l’écrivain veut réels, veut durs, veut virils, la rêverie passe au second plan. […] Un animus qui n’a pas trouvé dans la vie un anima assez pur en vient à mépriser le féminin. » On sait quels outrages ont blessé l’anima de la pensée juive. L’adolescence est dans la prise de conscience de la puissance de l’animus. Enfanter se fait dans le témoignage. L’existence, se tenir debout, est une façon de faire miroir et socle. L’état primitif est le socle de la mise en œuvre qui s’affirme dans la connaissance de l’autre et la prise de conscience de la différence. La psychologie consciente a « émergé d’un état originel d’inconscience, et, par conséquent, de non-différenciation, état que Lévy-Bruhl a désigné sous le nom de « participation mystique ». Il s’ensuit que la conscience des différences est une acquisition relativement tardive de l’humanité et qu’elle ne concerne probablement qu’un fragment relativement petit prélevé sur une masse beaucoup plus considérable, dont on ne saurait préciser l’étendue d’identité primitive. La différenciation constitue l’essence même de la condition sine qua non du conscient. ». Conscience et inconscience des masses sont en parallèle avec celles de l’individu. Sur l’inconscient, S. Freud, écrit dans L’homme Moïse : « D’après Sellin, la tradition du meurtre de Moïse exista toujours dans les milieux sacerdotaux […] Il semble bien plutôt qu’il dut y avoir aussi, dans la masse ignorante, quelque chose qui s’apparente en quelque manière au savoir du petit nombre et vient à sa rencontre lorsqu’il est exprimé ». La réflexion de C. G. Jung est élitiste quand celle de S. Freud laisse entendre que la conscience de l’autre existe dans le préconscient de la masse. Il n’y a pas d’intériorité mais une façon de vivre le monde, un « vivre avec » rendu possible par le socle primitif inconscient de la « participation mystique ». La conscience des différences est une réduction à partir des pensées de l’anima. Cette réduction est une violence faite à l’anima mais aussi une condition de son existence au-delà du rêve de la horde. S. Freud et ses disciples, comme Ruth

Brunswick, formaient une horde par les psychanalyses qu’ils s’obligeaient à pratiquer entre eux afin d’éviter le contre transfert. En psychanalyse, l’homme de science n’existe pas, mais seulement son sujet. Le psychanalyste observe et cherche l’enfant, non pas le sous développé, mais les promesses de ce qui est voilé. Il ne peut y avoir de mépris du primitif car J. Lacan écrit : « dire que le sujet sur quoi nous opérons en psychanalyse ne peut-être que le sujet de la science, peut passer pour paradoxe […](faire autrement ne fonctionne pas) Car cet homme y sera (alors) le primitif, ce qui faussera tout du processus primaire, de même que l’enfant y jouera le sous développé, ce qui masquera la vérité de ce qui se passe, lors de l’enfance, d’originel. Bref, ce que Claude Lévi-Strauss a dénoncé comme l’illusion archaïque est inévitable dans la psychanalyse … ». Dans la cure, l’objectif est d’éviter que l’enfant, ou l’originel, se cache sous un rôle de primitif. Il n’y a pas de tendresse, ni de sévérité, entre le psychanalyste et son patient.

 

Le stade pompier apparaît si les personnes partagent, créent, s’expriment en tenant compte de tous les personnages de leur âme. Selon Patrick J. Mahony, la cure de L’Homme aux loups serait un échec. Pourtant, elle a permis au patient de travailler et de ne pas vivre en marge de la société. S. Freud serait passé du style démonstratif à une volonté de convaincre. « Plus que jamais auparavant, Freud délaisse son style démonstratif pour la rhétorique de la persuasion, pour un style qui cherche à convaincre plus qu’il ne réussit à démontrer ou à illustrer. […] Dans le cas de l’Homme aux loups, il y a un lien entre son genre de rhétorique propre à convaincre et la double signification de zeugen : être témoin et copuler, implicitement présente dans ce terme nodal : Überzeugung ». La rhétorique est nécessaire aux sciences de l’observation qui ne peuvent se contenter de l’aune du corps humain, pied, pouce… Les rêves sont l’aune de la connaissance du psychisme. D’autres mesures existent pour le spirituel dans l’alchimie. Freud était conscient du double sens du mot « überzeugung », témoignage. Les rhétoriques de S. Freud sont liées aux étapes de sa démarche : L’observation, l’accompagnement des cures, la démonstration, l’exposé (conférences à Société psychanalytique de Vienne). Quand l’humanité se dévoile, perd de son unité, les manifestations peuvent faire peur comme prise de conscience de ne pas tout contrôler de sa vie. Chez l’autre, la dissociation de la personnalité peut rappeler de mauvais souvenirs et provoquer un rejet par manque de charité. La cure a besoin de rhétorique pour montrer au patient comment se rattacher au type humain. Par cette connaissance, le patient accède à une liberté qui lui permet de se respecter et de respecter les autres. Le rêve des loups n’est pas, comme le dit l’homme aux loups, un enfant pour S. Freud et pour la psychanalyse, un narcissisme. Le rêve des loups (qui vivent en meutes) est un archétype de la pensée, expression du rejet social par son pendant, le troupeau de moutons. Cet archétype est un souci de la psychanalyse. Pour l’homme aux loups, il aurait dû être une prise de conscience de l’importance, pour lui et son entourage, des cercles sociaux et des dangers de la horde. Durant son enfance, l’école lui avait donné une place et les symptômes avaient disparus.

 

Les dérives du stade pompier sont violentes. Le stade du miroir peut-être perturbé par un secret qui isole l’enfant des parents. Il se manifeste alors dans les attitudes agressives qui expriment les angoisses face aux agressions sur le groupe, aux angoisses collectives et familiales, aux peurs avouées et inavouées. Il doit pouvoir trouver des symbolisations mythiques dans le cas de S. Freud, artistiques ou poétiques selon J. Lacan, alchimiques avec C. G. Jung qui sont les images des codes qui régissent les groupes sociaux. Ces langages font, dans la répétition, l’identité et la différence de la personne. Le stade pompier correspond aux maladresses plus ou moins justifiées de l’adolescence ou de l’adulte devant certains groupes d’influence. Un des exemples est le messianisme criminel de la fin du XX° siècle qui se manifesta dans le nazisme et dans le bolchévisme. Le mot messianique se trouve dans l’étude de Stéphane Courtois sur Staline.

« Mais aussi une passion messianique : le salut des travailleurs et des peuples était assuré par l’amour que Staline leur portait et, qu’en contrepartie, chaque communiste et chaque travailleur devait porter à Staline. » Le messianisme de Staline, c’est-à-dire son rêve d’un homme nouveau, passe par la sélection, c’est-à-dire la mort de ceux qui ne se soumettent pas. Ce régime de terreur n’était pas ignoré de Louis Aragon qui parle, pour ces morts, de transformation de la nature et d’éducation! Le programme de Staline est de « modifier la nature » pour la venue d’un homme réduit à sa valeur. « De celui qui éduque les hommes et transforme la nature  de celui qui a proclamé que l’homme est la plus grande valeur sur terre  de celui dont le nom est le plus beau, […] Staline ».

Le stade pompier correspond à la sortie du stade du miroir. J. Lacan montre que la jalousie primordiale n’est pas seulement le complexe d’Oedipe mais aussi l’identification à l’un des parents. Ce n’est pas une jalousie mais le langage symbolique du parent, des codes familiaux, religieux ou scolaires auxquels il s’identifie. Phobies scolaires, oppositions aux enseignants, opposition aux parents sont l’expression de cette dissonance des codes. L’initiation des personnes aux liens qui constituent les groupes d’appartenance passe par la liberté de chacun de pouvoir s’exprimer au milieu des autres en se respectant. Le tabou à propos de certains sujets ne fait que reporter à d’autres objets l’apprentissage de la relation sociale. Le tabous concernant l’image, la prière, la poésie, l’architecture se sont déjà manifestés, voilà peu encore, de façon meurtrière.

Avec R. Drouhin, l’Origine du monde n’est pas dans la femme mais dans les données réunies par un même algorithme. Le souci de S. Freud d’être scientifique a permis à la psychanalyse d’être reconnue. Le sujet de la cure n’est pas le patient mais la psychanalyse. Les lieux de la famille, du monde politique, de la production, de la religion n’y ont pas les nécessités du substantial psychanalytique. L’imago qui réunit la famille est la tendresse. La prise de conscience des différences de nécessité et des différents rôles que la vie peut apporter est une condition d’accès au stade génital adulte. Les rôles que Bruno Schulz exerçaient durant sa vie témoignent de cette maturité. Les arts à l’école, avec le théâtre, les arts plastiques et la musique, ou bien encore la danse, permettent aux enfants de découvrir des approches différentes de la vie. Ce sont des expériences du respect de soi et de l’autre, plus ou moins bien réussies, qui conduiront la vie d’adulte. La connaissance de soi passe par les rencontres, le partage de données. Ainsi, la conscience de soi comme sujet arrive tard chez l’enfant, comme le constate Lucien Lévy-Bruhl dans L’âme primitive. Cette approche proposée ici s’est intéressée à l’un des plaisirs de la libido dont la connaissance semble déterminante pour la cohésion et le respect nécessaire à toute vie communautaire. L’avenir dira son importance dans l’éducation.

 

 

 

 

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Réflexions
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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 19:35

 

A canção do mar

 

« fui bailar no meu batel

Além do mar cruel

E o mar bramindo

Diz que eu fui roubar

A luz sem par

Do teu olhar tão lindo

Vem saber se o mar terá razão

Vem cá ver bailar meu coração

Vem cá ver bailar no meu batel

Não vou ao mar cruel

E nem lhe digo aonde eu fui cantar

Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo

Vem saber se o mar terá rezão

Vem cá ver bailar meu coração

Se eu bailar no meu batel

Não vou a o mar cruel

E nem lhe digo aonde eu fui cantar

Sorrir, bailar, viver, sonhar contigo”

 

No seculo X, a cidade de Lisboa tinha mais de 100 000 habitantes. Ela era um grande centro comercial. Ela recolhia os seus produtos e trocava-os por produtos do Mediterrâneo. Com Constantinopla, Salónica, Cordova e Sevilha, era uma das maiores cidades da Europa.

 

Através de uma reflexão sobre o fado desejo abordar a noção de consciência coletiva. O fado representa a liberdade de expressão do Portugueses. Uma oportunidade para nos exprimir-mos entre amigos, para nos reunir-mos e passar-mos uns bons momentos juntos. O canto da relação dos pensamentos, das apreensões e das alegrias, do amor e da política é o que reúne os homens na liberdade, aí está a origem do fado.

 

Os músicos acompanham à guitarra portuguesa o fadista ou a fadista. A sua guitarra é de forma redonda, importada no Portugal pela colónia inglesa do Porto. Mas os guitarristas adaptaram-lhe uma cabeça viola de arame. O instrumento torna-se a guitarra portuguesa com um som diferente nascido das suas doze cordas. A viola de arame ou banza acompanhava as cantilenas, as modinhas brasileiras, os cantos nas romarias, as canções populares nas tabernas. O tampo, designado por tampo harmónico, é construído de madeira pouco densa e portanto muito flexível para vibrar com o som. É feito de pinho de Flandres ou de Veneza. E por conseguinte é procedente da riqueza das relações induzidas pelo meio portuário. O canto benefícia, como o instrumento, da riqueza das relações costeiras. A história do fado é a de Portugal. Apenas alguns pontos serão abordados a fim de exprimir, com o grito do fado, a necessidade que o justo e o seu trabalho não seja mais oculto e que permite assim o aparecimento da noção de consciência coletiva ?

 

Na novela de José Saramago, A história do cerco de Lisboa, os “muezins” são cegos, como o quer a tradição do Islão que lhes confiava a chamada à oração. Em 1147, a cidade de Lisboa foi reconquistada pelos cristãos. Foi o início da reconquista de toda a Península Ibérica. As forças de Afonso Henriques atacaram à hora da convocação dos fiéis à oração[1]. Se depois os “muezins” calaram-se, o povo continua a cantar à Lisboa. O grito do fado continua a ser uma chamada para o povo português. A canção cruz de guerra exprime uma relação que reúna todos os homens. “E a pobre mãe rematou, neste contraste: -Dorme, dorme, o sono eterno, filho meu! Por causa da cruz-de-guerra que ganhaste, quantas mães estão chorando como eu?!...”[2]. A canção permite-lhes unirem-se na adversidade, na esperança de mudanças. Esta riqueza do fado será objecto das cobiças políticas com a ditadura intelectual do comunismo e depois com a ditadura de Salazar. A voz popular não pode escapar as múltiplas influências. Nesta luta, a voz toma entoações mais acentuadas e mais fortes para escapar ao destino. O fado renasce sempre diferente da preocupação do povo de fazer-se entender, manifesta-se mesmo na política. No início do século XX, um novo tipo de espetáculo aparece, a revista. Nascida em Paris no século XIX, retoma com humor os acontecimentos sociais e políticos do ano. Mas a revista multiplica-se. Em vez de ser um acontecimento anual, ao longo de todo o ano, os teatros, cenas e feiras expõem as suas caricaturas e contestações. O fado é um meio de expressão eficaz para este tipo de espetáculo.

 

I O casamento

O carácter não silábico do canto do fado, os prolongamentos apaixonados das suas vozes aproxima o fado da música modal do canto oriental. No Portugal existe uma lenda mourisca com virtudes mágicas. Por ocasião das festas, como a de São João, a água das fontes na entrada das aldeias dá lugar às visões « da Moura encantada ». A moura encantada é o tema de numerosos contos. A Princesa Moura é uma muçulmana encantada que habita ou é cativa num castelo e apaixona-se por um cavaleiro cristão do tempo da reconquista. O encantamento é a dor da mulher Mourisca de nâo poder casar-se com aquele pelo qual está apaixonada. Ela não pode escolher o seu destino. A tristeza da mulher mourisca fechada no seu castelo, ou dos namorados separados pelas viagens ou pela morte é uma das expressões da saudade. A saudade é feita para amar de acordo com a Lenda de Alcácer do Sal[3]. « Havia nela uma tristeza ausente, feita de saudades do que não lembrava mas amava ». Se a saudade entra na poesia, os cantos permitem entrar numa consciência colectiva. A partilha permite conhecer-se, reconhecer-se no outro, superar ou evitar as dificuldades. Assim, as lendas mouriscas podem ser de advertência das dificuldades para os namorados, das dificuldades em casarem-se entre muçulmanos e cristãos. É o assunto da Lenda da cova encantada, A lenda do mouro do Cabril, Lenda do cinto da moura… . O encantamento da moura pode ser causado pelo pai, um irmão ou um outro mouro para guardar os tesouros. O desencantamento pode ser obtido com um beijo, algumas palavras, um bolo… As lendas mouriscas podem ser também a necessidade de realizar o desencantamento para obter a moura amada. A moura amada é a imagem da alma. A independência da alma pode ser obtida ultrapassando as pressões familiares. As obrigações do irmão, o desejo de perfeição da mãe, os malogros do pai podem pesar sobre aquele que se torna independente. Se cada um caricatura o seu papel com excessos, faz-se pai negando a sua parte feminina, negando a criança que vive nele, então volta à fase bombeiro. Os pais incómodos de Kafka, as mães possessivas e protetoras de Louise Bourgeois, os imãos ciumentos desde Cain e Abel vivem com a sua identidade com excessos e tornam-se os bombeiros de fogos que eles próprios provocaram. No filme, Aquele querido mês de agosto[4], o primo da jovem cantora rouba o tesouro da jovem rapariga. A responsabilidade infantil de proteção do primo justificada na infância transforma-se perigosamente. A mãe ausente esconde a beleza dos sentimentos que unem o pai e a rapariga. O despeito familiar traduz-se então por uma falta de respeito mútua. A alegria dos reencontros de verão e do regresso dos exilados transforma-se em amargura. Os mais frageis separam-se da sua família com feridas ainda maiores. Na mulher-casa[5], encontramos uma jovem mulher que é desaprovada pelo meio profissional do seu marido. Os prejuízos morais, as infrações à infância e aos menores dos colegas e superiores são impostas a este jovem casal que acaba por encobrir a situação. Num ambiente de maldade e de despeitos a jovem mulher encontra-se isolada mesmo do seu marido. A luta num meio fechado, centra-se na jovem mulher, no entanto, inocente de todas as traições das quais não tem nenhumas provas mas que escurecem as relações até destruí-las. Finalmente o mal leva sobre o bem e os que tentavam construir uma família no respeito dos outros encontram-se separados. Os vencedores souberam dividir para impor as suas traições. Estes dramas são as advertências dos riscos em não levantar o encantamento com algumas palavras, leite que faz sair as cobras dos seus esconderijos. É uma advertência, da importância de ser um adulto com uma consciência para tomar as boas decisões. Mas não podemos parar aqui sem a consciência colectiva que é a responsabilidade de todos. Seria demasiado fácil. A pessoa é única na sua tomada de decisão. Mas a pessoa não é separada do seu meio social. O grupo social e as suas pressões têm um grande papel. Contraindo um casamento, os cônjuges entreguem-se no casamento frente à sociedade que é a Igreja, a família, o meio profissional... Se as intituições não reconhecem as suas obrigações com as famílias e os compromissos de cada membro duma família, o casamento não existe mais. Sem querer a perfeição, parece importante respeitar os estudos, as relações, os conhecimentos, os compromissos de cada um dos cônjuges. Aí está o que denúncia Tânia Ganho. A jovem mulher é isolada, troçada para destruir a sua autoridade em frente das imoralidades sobre a infância e os menores, cometidas pelos colegas e superiores do meio profissional do seu marido. A história termina mal porque esta história é testemunhada pelo facto de que hoje os que tentam construir uma família com base no respeito dos outros vêem-se obrigados a separar-se quando os que violam a moralidade da infância permanecem escondidos e continuam os seus atos. A calúnia incide sobre a pessoa honesta e a sua dimensão humana é-lhe recusada. Os assassinos vão procurar a palha nos olhos da jovem rapariga com a cobarde cumplicidade das suas relações, para esconder a viga que estorva o olhar dos assassinos. Cedo, a ironia dos olhares viola a jovem rapariga que deixa a humanidade sem alma. O livro Amor de perdição[6] de camilo castelo Branco foi escrito em prisão porque o autor era acusado de adultério. A dimensão social do casamento é ridiculizada. A obra é um ícone do romantismo, uma referência para a revolução dos sentimentos, os direitos do coração numa época onde a noção de impulso apaixonado ainda não era bem conhecido. A psicanálise ainda não tinha descrito os sentimentos e os impulsos apaixonados, maternos, as fases da libido que permitem atualmente conhecer-se melhor, dominar e utilizar com sabedoria as forças presentes nas nossas relações. Com a psicanálise, os nossos impulsos são menos inquietantes. Esta tomada de consciência permite dominar-se e não render-se naturalmente à inveja e à uns excessos de proteção materna, e de não incentivar o seu filho ou o seu irmão, de ter menos medo nas relações sociais… No casamento, o desejo é reunir no amor a dimensão intitucional e a dimensão afectiva das relações. Por isso, é muito importante namorar e ficar noivo. Desde a sua prisão e para as necessidades artísticas do drama, o autor avança sem recuo na sua tese monólito, fazer reconhecer os sentimentos amorosos. O autor não toma em conta a rica complexidade das relações no casamento. Na demonstração não faltaria o humor se não tivesse refletido uma realidade da época : negligenciar a dimensão sentimental do casamento. A nossa época, pelo contrário, não reconhece a face institucional religiosa do casamento e não aplica as leis, quando existem, que tentam ainda protegê-lo, e proteger os direitos de cada um dos cônjuges. Estes direitos que permitem a cada um não viver fechado num papel único de pai, ou de mãe, ou de uma profissão, mesmo se esta profissão impõe um reconhecimento mediático como a Severa. O noivado permite namorar e ter tempo antes de dar tudo como a fadista Severa. A história da Severa é a de uma amante que dá tudo, mas que em troca recebeu coisas insuficientes para viver, nenhum reconhecimento social e rendimentos profissionais, só vestuários mais elegantes e um apartamento sem aluguer. Fadista e prostituta, tornou-se um ícone popular dos amores entre meios sociais opostos, um fatalismo, uma mentira contra os que desejam viver, trabalhar e amar na fidelidade e para satisfazer os que não desejam partilhar o reconhecimento social.

 

Os moçárabes

 

Os mouros[7]habitavam na África do Norte o território de Marrocos (atual) e o Sul da Península Ibérica. A dinastia almoravide reinava sobre o reino mouro e a capital era Marraquexe. Partidos desde a montanha do Elevado Atlas, os Almóadas (os unitárias) iam iniciar sob a direcção do grande conquistador Abd al-Moumen Ibn Ali, a conquista de Marrocos desde 1130 j-c. Durou quase dezassete anos e termina com a queda da dinastia almorávide e pela tomada da sua capital Marrakech em 1147 J-c. Com os Almóadas o Ocidente muçulmano, de Túnis a Marrakech e à Andaluzia encontram-se reunidos. Esta unidade favorecia o desenvolvimento de uma grande civilização considerada doravante como a idade de ouro do Marrocos medieval.

1147 é o ano da tomada de Lisboa por Afonso Henriques, filho de Henriques de Borgonha que herdou pelo seu casamento com Teresa de Leão o condado de Portucale. D. Afonso Henriques, após a conquista cristã de Lisboa, tinha confinado uma zona da cidade para os muçulmanos, a Mouraria. Este bairro e os que são próximos serão a causa das primeiras construções da arte mudéjar origem do estilo manuelino cristão. Na Mouraria, encontram-se minas de argila e ateliers de oleiros desde a era romana. A mão-de-obra moura utilizava materiais mais baratos, acessíveis. Em 1147, os muçulmanos vencidos são reduzidos à condição de escravos e seguidamente agrupados na Mouraria sobre as inclinações do castelo S. Jorge. A arquitectura mudéjar era caracterizada por estruturas tipicamente islâmicas, composições formais e decorativas rítmicas, varandas e torres. O trabalho de carpintaria inspirado no estilo manuelino que existe ainda nas salas mais bonitas do Palácio Nacional de Sintra, torres, muralhas. O bairro da Mouraria foi também o refúgio dos judeus. As duas populações, a de Sintra como a deste bairro de Lisboa viviam juntas. A Mouraria é o berço do fado, o canto dos que batiam o linho para branqueá-lo, o canto dos que não ficam silenciosos, os filhos de Sólon[8]. Afonso Henriques fez muitos prisioneiros e escravos dos moçárabes e muçulmanos. Eles foram deportados. Os moçarabes são também os cristãos, os judeus marranos, os cristãos de Oriente, todos os que são considerados como estrangeiros pelos mouros, os que não compartilham a religião muçulmana. A pessoa era maçárabe no sentido de que estava quase inteiramente arabizado, ou praticamente arabizado, embora mantivesse sua crença cristã. Reiterei esta última definição porque há vários usos da palavra « moçárabe ». Os moçárabes pagavam um imposto e foram tolerados durante o governo mouro (do oitavo ao décimo século) em Aragão, Castela e Leão. O rito moçárabe (cristã) durou do concílio de Toledo III em 589 até à sua supressão no concílio de Burgos de 1080. « […] a deportação de alguns milhares de moçárabes aprisionados e escravizados por Afonso Henriques »[9] « Acrescem a estas circunstâncias desfavoráveis as violências e opressões dos próprios cristãos que, no momento em que avançaram submetiam frequentemente os moçárabes ao cativeiro ou à servidão, confundidos com os muçulmanos »[10]. Não é « confundir » porque os moçárabes têm relações com os católicos do Oriente. A presença no conflito dos moçarabes implica que a guerra tem causas que excedem largamente a pergunta da religião. Trata-se aqui de uma guerra estratégica a fim de tomar possessão de uma feitoria que expandia as relações com o Oriente e a África do Norte ocidental e de poder taxar a população comercial e rica. A conquista de Lisboa fez-se com a ajuda dos cruzados que precisavam de riquezas para financiar a segunda cruzada. Os seus acordos com Afonso Henriques e os de rendição do rei mouro testemunham estas necessidades. « Uma das condições do acordo entre os cruzados e D. Afonso Henriques foi o direito daqueles a quatro dias de saque »[11] « fazendo-lhes entrega outrossim de todo o ouro, prata e dinheiro e do mais que possuíssem »[12]. Estes propósitos mostram que os cruzados vinham para o ouro ; os almorávides dominavam as estradas do ouro africano[13]. E a sua moeda era caracterizada pela qualidade da sua cunhagem mas sobretudo pelo seu teor de metal precioso. É impossível que a batalha de 1147 não esteja ligada à queda dos almorávides . Os cruzados agrupam-se no momento em que o Reino Mourisco é enfraquecido pela guerra almóada. Os Flamengos, Frisons, Normandos, Ingleses, Escoceses e alguns Almães e Franceses passam pelo mar e Lisboa. Os franceses e Germânicos partem em maio de 1147 e tomam a estrada passando pela Hungria e o Imperio Bizantino. “Os alvos dos ataques foram principalmente os bairros muçulmano e judeu. E, nesse mesmo dia, foi assassinado o bispo moçárabe de Lisboa”[14]. De acordo com José Matoso, o rito não mostra nenhum traço da influência árabe. Mas, não é verdade, no canto Separavit do sitio salvemaliturgia-cantomozarabe[15] as entoações do fraseado são de influências árabe e oriental testemunhando a relação comercial e por conseguinte religiosa e cultural entre os cristãos de Ocidente, de Portugal e da Andaluzia com os do Médio-Oriente, e os muçulmanos. Da mesma maneira, a Basílica Santo Marco de Veneza pela sua decoração oriental prova as relações comerciais e a presença de feitorias orientais no Ocidente. A influência mourisca é mais apurada que a dos cristãos de Oriente em Veneza. O rito e a arquitetura das igrejas moçárabes traduzem-se por uma simplicidade e uma preocupação em exprimir a pureza que traduz a influência da sobriedade das conceções dualista-gnósticas dos árabes do Ocidente e as conceções judaicas. As feitorias implicam a presença estrangeira sobre o território, aqui as presenças orientais ricas em diversidade, a presença muçulmana, a presença cristã independente do rito católico romano e a presença judaica. Sob o domínio dos mouros, os cristãos praticavam o rito moçárabe diferente do rito romano. Os cristãos moçárabes eram independentes, vinculados diretamente a Roma. « Um último elemento distintivo do rito moçárabe é a integração de elementos de outras tradições litúrgicas. O gosto pela conservação das suas formas antigas […] a influência, muito provável, do canto e do cerimonial bizantino – amplamente testemunhada numa extensa região da península, de Múrcia a Málaga, entre o fim do seculo VI e o fim do século VII – elementos litúrgicos alexandrinos … »[16] Alguns cristãos de origem visigótica, que não eram realmente convertidos ao catolicismo pensaram em voltar ao seu arianismo[17] fazendo-se muçulmanos. O rito moçárabe, reconhecido por Roma, permitiu principalmente uma terra espiritual entre os mundos do Ocidente mouro, do Ocidente arabe, do Ocidente Europeu, visigodo, católico e um pouco com o Oriente. Neste contexto, o rito foi muito precioso. « Ao fato de os Padres da Igreja hispânica, mesmo escrevendo grande número de tratados (como Isidoro de Sevilha, Paciano de Barcelona, Ildefonso e Julián de Toledo), terem preferido concentrar seu ensino não em obras teológicas, que naquela época teriam sido usadas por poucos, mas na liturgia, da qual todo o povo beneficiaria »[18]. Depois a conversão dos reis visigodos, as composições de textos litúrgicos destinados ao rito permitiu um ensino para a passagem do povo do arianismo[19] ao catolicismo. É assim que se forma o rito moçárabe. Ildefonso de Toledo (608-667) compôs muitas missas e celebrações para a Liturgia das Horas e toda uma “pietas em torno de Maria”[20]Virgem e Mãe. O rito moçárabe favorece a interação da assembleia. Liturgia traduz-se por ação do povo « ergos leitor ». Não é um serviço ao povo, uma filantropia, mas o canto, a oração, as leituras que são ditos pelo povo que participa assim mais ativamente da liturgia. O povo não é passivo. É ativo ao serviço de Deus através da liturgia. E pelos actos espirituais, descobrem Deus ; lá é o segredo do rito moçárabe, era uma ligação entre os judeus e os visigodos arianos e os docetistas[21], os muçulmanos e o pensamento cristão trinitário. A sobriedade do rito moçárabe recorda que « […] essa liturgia conserva, mais do que outras, influencias das celebrações judaicas nas sinagogas. »[22] Sob domínio mouro, porque duvidar da aproximação do rito cristão das celebrações judaicas. Os judeus tinham boas relações com os árabes. Durante a conquista (640-716) « Tanto em Córdova, como nas outras cidades e vilas, os judeus receberam os árabes de braços abertos, pois tinham sofrido muitas perseguições e conversões forçadas, por parte dos visigodos. […] Estabeleceram imediatamente contacto com o oficial muçulmano, que os mobilizou para o seu exército e lhes entregou a missão de guarda da cidade. Os árabes, onde chegavam, entregavam-lhes a guarda e defesa das praças conquistadas. »[23] Os cristãos eram isolados politicamente e em religião do resto da Península. O fado de Coimbra é diferente do fado de Lisboa. Em 1080, o concílio de Burgos, tomou a decisão de substituir o rito moçárabe pelo rito romano, ditado pela Santa Sé em Roma. O clero moçárabe opôs-se particularmente em Coimbra. A cidade pela sua importante implantação moçárabe e pela influência do governador Sisnando Davide, um moçárabe, com o arcebispo de Coimbra Paterne, seria o principal foco de resistência. Um outro oponente foi o abade cluniense de Sahagún, Roberto, que por causa de resistência foi substituído pelo Papa Gregório VII e Bernardo de Sedirac. O rito religioso influencia e inspira a canção popular. O moçárabe opõe-se também através da canção popular. E ainda hoje, a sobriedade do canto moçárabe aparece na melodia do fado de Coimbra orgulhoso das suas origens moçárabes que deixaram na história de grandes poetas, cientistas, filósofos, estrategistas, médicos, políticas.

 

«  Meu amor vai-te deitar já é tarde

Diz o meu pai sempre que vem perto de mim

Nesse misto de orgulho e de saudade

De quem sente um novo amor no meu jardim

 

E adormeço nos seus braços de guitarra

Doce embalo que renasce a cada dia

Esse sonho de cantar a madrugada

Que foi berço num tasco da Mouraria »[24].

 

A reversão da saudade por Salazar e pelos interesses estrangeiros em Portugal.

O fado vem de fatu uma palavra latina que significa destino. No Fado, há uma dimensão fatalista, da consciência de pobreza sem esperança de melhoria. Observando as palavras censuradas por Salazar constata-se que a valorização do trabalho e a vontade de lutar contra o analfabetismo não era incentivada pelo governo deixando sem esperanças de progressão os habitantes de Portugal. Com a ditadura fascista que dominará Portugal durante uma metade do século a censura não deixará a possibilidade aos Portugueses de serem responsáveis pelos seus destinos. O governo amordaça a liberdade da palavra que se exercia através do Fado. Uma vez os textos esvaziados do seu conteúdo reivindicativo e realista, o canto dos marginais de Lisboa tornava-se um emblema abstrato da gloriosa e imperialista identidade portuguesa. Num jogo de viravolta do sentido, a saudade, expressão da tristeza e revolta, torna-se o canto de uma fatalidade. A música é autorizada e torna mais suportável a pobreza. Mas, a voz do povo permanece sem poder.

 

O lundum é uma dança onde os gestos lascivos favorecem a proximidade dos corpos, imitando os gestos da relação sexual. No tempo de D. Manuel I, dançava-se o lundum, o batuque a charamba. Estas danças foram proibidas. São a versão profana de ritos praticados pelos escravos angolanos no Brasil. As cerimónias religiosas eram celebradas para Quilundo a divindade do destino de cada um. O fado retoma o ritual do desafio da pessoa em frente do grupo. Os ritos de iniciação da Africa tinham para tema a introdução da pessoa na sociedade. O lundu era dançado como ritual nas cerimónias de casamento. O lundu é uma dança mista de batuque africano e música portuguesa popular. A culpabilidade do comércio de escravos fez entrar no espírito português uma fatalidade que os portugueses impunham à comunidade africana do Brasil. Em 1807, o bloqueio continental decretado por Napoleão forçará o Príncipe regente (futuro Dom João VI) a embarcar para o Brasil. A Inglaterra disputa os portos de Portugal com a França. Cerca de quinze mil pessoas partem para o Brasil e entre eles encontram-se numerosos empregados para acompanhar os magistrados, nobres e membros do clero. Encomtram-se ali os escravos originários dos países africanos. Para os escravos da América do Norte, em 1619, os africanos são transportados por barco para trabalhar nas plantações de algodão e de tabaco. Os escravos pretos puderam começar a exprimir-se e representar em salas de espetáculo apenas após a guerra de Secessão, em 1861-1865, permitindo a abolição da escravidão por Abraham Lincoln em 1890.

 

As obras românticas de Almeida Garrett são a expressão de uma mentalidade humanística. A sua educação aberta ao sentido das responsabilidades permite-lhe escrever nas suas obras a crítica dos excessos românticos e ultrarromânticos. O fado arcou com a sociedade da mesmo maneira que Almeida Garrett num expressionismo realista. Este movimento literário e artístico existiu na França através da obra de Prosper Mérimée. P. Mérimée é agnóstico e nunca foi batizado. As suas referências são Voltaire, os enciclopedistas, compartilhava as mesmas ideias do que Stendhal. Como ele, criticava a religião e os seus padres, a Igreja, afixava um materialismo racional e científico. Mas diferencia-se de Stendhal pela sua incerteza perante o mistério das forças da natureza, a presença ao mundo de uma existência que excede a do homem. Aquilo traduz-se pelos seus contos fantásticos e uma crença na potência do destino no inominável como no inefável. O seu materialismo é de um ceticismo que arranja o espiritual, a oração e a poesia no inefável reduzindo assim as artes, o conhecimento, o mundo de Mercúrio a um Hermes sem braços. A sua descrição da sociedade não deixa de ser corrosiva e interessa pelas variedades dos direitos em que a população vivia. Em Mateo Falcone[25] reencontra-se o antigo direito romano do pater famílias de vida e de morte sobre os membros da família. Para este chefe de obra, o mestre usa o seu conhecimento em direito. Próspero Mérimée era titular duma licença em direito à uma época de transição e tomada de consciência dos direitos do indivíduo, dos direitos da criança, de mutação das instituições.

 

Garett nunca enjeitará a influência de Filinto Elísio, nome arcádico do Padre Francisco Manuel do Nascimento, poeta de formação iluminista e liberal que exilado em Paris, teve por aluno o poeta romântico Lamartine. Filinto Elísio é um pré-romântico, é clássico. Ele defendia a vernaculidade e pureza da Língua Portuguesa e é caracterizado pela sua força de implicação pessoal na existência amargurada do exilado, a revolta contra o destino adverso, o entusiasmo com que conta a obra.

 

Arcadismo é um estilo literário do seculo XVII. Inicia-se no início do ano 1700. Diz-se também setecentismo o neoclassicismo. Os autores do período imitaram uns aspectos da antiguidade greco-romana no classicismo. E logo após, imitaram os escritores do Renascimento. Um dos principais escritores árcades foi o poeta Horácio que viveu em 68 a.C. É muito conhecido pelo seu pensamento do “carpe diem”. Este movimento literário, que precede o de A. Garett e Prosper Merimée, considerava a moral como natural e que a sociedade corrompe a pessoa. O Abade Gaudin na segunda metade do século XVIII° mostra a sua pertença ao naturalismo e vê salvação para o homem apenas no regresso à natureza. Denuncia a sociedade que corrompe o homem : “De regresso à sua cabana, deixa estoirar a sua alegria que lhe não é natural, o seu pai surpreende-o que corre incessantemente para contar as moedas de ouro ganhas, recompensa da sua delação”[26]. Ao contrário, com Matteo Falcone, P. Mérimée denúncia os prejuízos dos excessos do direito natural romano do pai de família. A história foi publicada na Revista de Paris sob o título “Moeurs de Corse” em 1829. O liberalismo português conta dois movimentos, um agregado à moral e o outro sem moral. O vintismo nasceu numa sociedade portuguesa em grande parte defensora do absolutismo e sem orientação politica clara. A corte estava afastada da metrópole (1808-1820) depois das invasões francesas com o general Jean-Andoche Junot. J. A. Junot como maçon quis ser grão-mestre da maçonaria portuguesa e rei de Portugal. Mas não foi, mesmo se ele tivesse tido o apoio da Igreja. A Igreja temia o espírito revolucionário francês que fez fechar os conventos. Preferia o poder de Napoleão. Ele tivesse voltado a dar o seu lugar à Igreja. Almeida Garrett faz os seus estudos de diereito em Coimbra sob o Vintismo. Era politicamente liberal. O que dá ao seu trabalho uma dimenão realista e um degosto para “os barões” uma oligarquia de financeiros que impõem a ditatura de Costa Cabral. Os seus escritos constituem a crítica do materialismo dos barões. Na obra Viagens na minha terra, Almeida Garett opõe o frade com a sua regra de vida muito simples e o barão como Dom Quixote e Sancho Pança. “ [...] o convento no povoado e o mosteiro no termo animavam, amenizavam, davam alma e grandeza a tudo: eles protegiam as árvores, santificavam as fontes, enchiam a terra de poesia e de solenidade. O que não sabem nem podem fazer os agiotas barões que os substituíram. É muito mais poético o frade do que o barão ”[27]“aquelas instituições (as instituições religiosas) não metem medo aos verdadeiros liberais, e os outros lá têm o espólio dos frades para devorar; ”[28]. O fado é um meio de expressão procedente do liberalismo. É um dos apoios da liberdade de expressão além dos medos e da intolerância. O fado foi controlado pelos regimes do medo mas reaparece para denunciar as injustiças.

 

O 7 de dezembro 1822, a independência do Brasil é declarada por Pedro, princípe da família real de Portugal. O rei deixou o seu filho regressando em 1820 a Portugal. O 12 de Outobro de 1822, Pedro faz-se proclamar imperador do Brasil. Em 1888, a escravidão é abolida. Em 1889, o imperador é destituído pela oligarquia materialista que não aceita esta reforma liberal. Ao mesmo tempo, em 1802 é instalada na Baía a Loja Virtude e Razão das quais sairam, em 1907, a Loja Humanidade e em 1813 a Loja União. Talvez seja uma ligação entre a maçonaria e o fim da escravidão. Sabemos que os Estados Unidos assinaram a sua independência com os sinais da maçonaria. O filme O Código Da Vinci escrito por Dan Brown tem como assunto a relevância da mulher e o seu papel. A elas foi relegado um papel secundário pela Igreja Católica. Em 1814, a viscondessa de Juromenha , amante do general inglês William Beresford, foi initiada na loja virtude. O objectivo era claro: a viscondessa deveria transmitir aos irmãos os desabafos de alcofa. O que deixa entender que a maçonaria conquistou um espaço no debate público.Na criação destas lojas, nos papéis trazidos acima qual é a parte de verdade? A maioria do tempo a maçonaria chega depois e apropria-se o progresso? É certo que os irmãos apoiam os intelectuais. Mas isolam-nos geralmente para orientá-los. Fazendo do Oriente uma passagem, um corredor, uma iniciação, enquanto os pensadores do Irão faziam do Oriente uma fonte divina da sabedoria e da verdade. O filme, O código da Vinci, inspira-me estas linhas porque está pouco preocupado com suas referências. Marie Madeleine nunca teve crianças. Não há descendência de Jesus. O Evangelho apócrifo de Marie (que acredito ser Maria Madalena) é simples e curto. Trata da Unidade. Maria chora porque os primeiros cristãos não retiveram o seu texto. O priorado de Sião ao qual teria pertencido Léonardo de Vinci não existe. Um grupo foi fundado no século XIX. Comparando o film com as lendas mouras vê-se que assemelham-se a um trabalho preocupado dos factos quando os contos e as lendas mouras anunciam as suas relações com a imaginação e o sonho. Encontramos muitas expressões, palavras como “era uma vez”, “diz-se que”, “há muito tempo”... e também os títulos de lenda, lembram-nos a relação com o imaginário, o sonho, o inconsciente e constituem um inconsciente coletivo, banco de areia e mundo flutuante entre a história, a existência, o sonho e o inconsciente. Este mundo é flutuante porque todos podem vivê-lo na trama simples duma história. Cada vez, cada um pode contar ou contar à sua maneira o conto, haver o tesouro que deseja antes de dormir. O segredo que cerca a iniciação da maçonaria põe problemas porque tudo não é verdadairo nos factos trazidos; existe importantes pressões psicológicas sobre as pessoas que têm responsabilidades. As tomadas de decisões fazem-se à maneira do direito inglês que vem dos normandos “Common Law”. “Common Law”. Era um direito baseado em precedentes, nos casos estabelecidos anteriormente. Era um sistema vinculante, onde o precedente criava a norma a ser seguida. Um sistema que não conheceu o instituto do recurso até o século XIX. Não havia recurso a textos não jurídicos; somente eram validas as decisões dos tribunais, a jurisprudência. O que é semelhante com a maçonaria é o jurí sem promotor. Na Inglaterra adotou-se a figura do júri popular, presente em todas as deliberações. Não existia a figura do promotor, que surgiu na reforma do século XIX. As derivaçoes deste sistema são a pressão que é exercida sobre o júri popular e a campanha de calúnias que acompanha a condenação. O caso de Jeanne d’Arc exposta sobre os mercados em Rouen para desacreditá-la é famoso.

 

 

Perseguindo o Islão e as igrejas orientais, os cavaleiros cruzados afastaram a gnose. O conhecimento caiu num período de grandes interrogações que levaram ao desacreditar do pensamento místico da presença de Deus no meio dos homens. Trespassando o coração de Jesus, com o golpe de espada, o soldado romano marca simbolicamente a libertação do espaço virtual do pericárdo no qual o coração do Cristo crucificado tivesse-se parado por falta de lugar. Será que o coração libertado para o golpe de espada teria efetuado um ou dois batimentos antes de parar? E talvez, o olhar de Deus pôs-se uma última vez sobre o soldado que o executava, nas regras da arte, ou sobre os que estavam presentes, a Virgem Maria e São João, os que acreditavam já na ressurreição.

 

No início deste trabalho, não desejava escrever sobre o fado. Mas a descoberta das suas origens na escravidão deu-me o desejo de escrever para refletir e trazer elementos sobre a importância de guardar uma relação entre o trabalho – compromisso, estudo, reflexão, méritos - e a liberdade de expressão e do reconhecimento social.

 

Se o fado é o grito da liberdade e um meio de expressão artístico, pode-se esperar ver as instituções defender os interesses das crianças na hora onde o mundo surpreendeu-se ao descobrir uma obra do muito famoso Leonardo da Vinci, a Bonita Princesa[29]. Leonardo da Vinci pertence à memória colectiva. Mas agora, com o trabalho do mestre, Bianca Sforza entra na consciência colectiva. Esta história sai da anedota e vai juntar-se à do jovem Córsega, da de quem fala o abade Gaudin que inspirará a novela de Prosper Mérimée Matteo Falcone. Pois, Bianca Sforza é uma princesa que morreu aos 13 anos e meio após quatro meses de casamento. É possível imitir a hipótese que esta aliança foi decidida pela sua família e servia, talvez uns interesses políticos ou financeros. Bianca é demasiado jovem para casar-se e tomar decisões que necessitavam a experiência da idade adulta, a saúde de uma criança de 13 anos não está adaptada às eventuais gravidezes. Esta hipótese pode ser matizada. Se Bianca já estava doente, casou-se talvez para superar uma doença pela afeição e o amor a uma época onde a medecina não era muito eficaz. A liberdade não pode existir sem a dimensão moral que é o respeito e o amor do outro, sobretudo no casamento.

 

 



[1]J. Saramago, Histoire du siège de Lisbonne, Ed. Seuil, 1992, p. 274 : « Or postés face aux cinq portes, l’armée des Portugais n’attendait que ce cri pour se lancer à l’attaque. » traducção : colocado diante das cinco portas, o Exército português esperava pelo grito para iniciar o ataque.

[2]A cruz de guerra, in : Agnès Pellerin, Le fado, Paris : éditions Chandeigne, 2009, p. 223.

[3] Sítio : Câmara Municipal Alcácer do Sal, cultura. Consultado en 2012.

[4] Miguel Gomes, Aquele querido mês de agosto, O som e a fúria, 2008.

[5] Tânia Ganho, A mulher-casa cenas da vida íntima em Paris, Porto Editora, 2012.

[6] Camilo Castelo Branco, Amor de Perdição, LeYa, SA, 2008.

[7]Mouro, palavra que os romanos utilisavam para as populações que habitavam a região noroeste da África, com a Mauritânia. Estas populações juntaram-se aos árabes na conquista da península Ibérica durante o século VIII. A civilização mourisca o moura da Idade Média era principalmente árabe. Ela formará o Reino Mourisco que reune entre Granada e Marrakech um imenso território.

[8] Sólon assumindo o poder absoluto (594 a. C.) o governador anistiou as dívidas dos camponeses, proibiu a escravidão por dívida, aboliu a hipoteca sobre pessoas e bens, libertou os pequenos proprietários que se encontravam escravizados, e impôs limites à extensão das propriedades agrárias… É o inicio da liberdade individual os fundamentos político-jurídico que permitiram o advento da democrática Ateniense.

[9] José Mattose, Os moçárabes, Lisboa Revista Lusitana (Nova Serie) 6 (1985) pp.5-24.

[10] José Mattose, Os moçárabes, Lisboa Revista Lusitana (Nova Serie) 6 (1985) pp.5-24.

[11] Inácia Steinhardt, Raízes dos judeus em Portugal, Assírio Bacelar, Nova vega, 2012, p. 145.

[12] Inácia Steinhardt, Raízes dos judeus em Portugal, Assírio Bacelar, Nova vega, 2012, p. 145.

[13]Pierre Guichard, Al-Andalus 711-1492 : une histoire de l’Espagne musulmane, Hachette Littérature 2000, 2011, p. 157.

[14]Inácio Steinhardt, Raízes dos Judeus em Portugal, Lisboa : Nova Vega, 2012, p. 146.

[15] Rafael Vitola Brodbeck, O canto mazárabe, 28/12/2011.

[16] Moçárabe, ou seja, « entre os árabes », Entrevista com Dom Juan Miguel Ferrer Grenesche de Roberto Rotondo sobre Internet.

[17] O arianismo negava a divindade de Jesus. É uma forma do docetismo como o islão.

[18] Moçárabe, ou seja, « entre os árabes », Entrevista com Dom Juan Miguel FerrerGrenesche de Roberto Rotondo sobre Internet.

[19] Segundo o arianismo, o Filho de deus, segunda pessoa de Deus, segunda pessoa da Trindade, não tinha a mesma essência do Pai, sendo uma divindade de segunda ordem já que nascera mortal. Os ensinamentos de Ário foram condenados no primeiro concílio de Necéia, onde se redigiu um credo estabelecendo que o Filho de Deus era « concebido e não feito », consubstancial ao Pai. Deus é gerado, pela mulher, em Jésus, segunda pessoa de Deus.

[20]Tradução do latino : « pietas adversus deos ». Entrevista com Juan Miguel Ferrer Grenesche de Roberto Rotando. Internet : Moçárabe, seja, « entre os árabes ».

[21] Docetismo vem do grego « dokeo » que significa parecer. A negação da realidade física de Cristo resultou do dualismo.

[22] Inácio Steinhardt, Raízes dos Judeus em Portugal, Assírio Bacelar, Nova Vega, 2012, p. 111.

[23] Inácio Steinhardt, Raízes dos Judeus em Portugal, Assírio Bacelar, Nova Vega, 2012, p. 49.

[24] Tasco de mouraria, Artista Mariza, música Tasco de mouraria, net : Mariza-tasco-de-mouraria.

[25] Uma origem provável de Mateo Falcone, escrito em 1829, é uma anedota dramática da Viagem em Córsega do Abade Gaudin (1787). Intitula-se “Nobreza de alma de uma Córsega”.

[26]Abbé Gaudin, Voyage en Corse et vues politiques sur l’amélioration de cette isle, Paris : Librairie Lefevre, 1787, p.224.

[27] Almeida Garett, Viagens na minha terra, Editora Ulisseia, 2008, p. 91.

[28] Almeida Garett, Viagens na minha terra, Editora Ulisseia, 2008, p. 207.

[29]Léonardo da Vinci, A bonita princesa, colecção privada Peter Silveran.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 13:57

L’œuvre de Simonne Roumeur est remarquable sur plusieurs points. Elle montre l’importance de l’énergie spirituelle, les différences entre le spirituel et la mystique, entre le sensible et le spirituel, le sensible et la mystique. Elle permet aussi de voir dans la personne les résonnances mutuelles de ces plis multiples qui font l’humanité. Au premier abord, les images mentales et images peintes sont pleines d’humour et de simplicité. En effet, le mouvement de la bonne humeur et les lumières de la grotte étoilée l’emportent sur les souffrances de la terre. J’ai choisi de réfléchir ici avec Soleil du premier matin, l’arbre de vie, La caverne, Opéra, Basilic, mais toutes les œuvres de Simonne nous font avancer dans la connaissance de soi et l’indépendance. Le mode d’expression de Simonne est populaire mais il s’inscrit dans une tradition de la transmission des savoirs par les images mentales et plastiques. Ces traditions nous sont parvenues par des écrits et concernaient la formation des prêtres avec Zoroastre et des princes avec Sohravardi, c'est-à-dire ceux qui avaient pour destin de parler aux peuples et de diriger le peuple. Le bon sens veut que dans ces cas une bonne connaissance des archétypes humains soit nécessaire. En effet les personnages des princes et des prêtres, qui parlent aux dieux, sont des archétypes de l’âme, des plis présents en chaque personne soucieuse de faire le choix de la bonne pensée. Avec Avicenne, le médecin, ces connaissances servaient à guérir l’âme de ceux qui étaient malades. L’indépendance d’esprit des démocraties européennes ne peut faire l’impasse d’une bonne connaissance de soi, des pulsions, non pas pour les accepter mais les dominer, les utiliser à bon escient.

 

Le visage

Le travail de Simonne m’a été particulièrement utile pour l’approche de l’imaginal et de l’iconal. Son œuvre est aussi bien poétique que plastique et traite de l’image mentale, des formes symboliques de la conscience. La terre spirituelle dans ce qu’elle a d’universel étant mal connue, il me semble important d’avoir recours à la pensée orientale, les sagesses de l’ancienne Perse qui ont inspiré, au XII° siècle, l’œuvre de Sohrawardi après celle du médecin Avicenne. Elles ont une dimension universelle qui nous intéresse aujourd’hui. Avec Sohrawardi, l’enjeu est de ne pas faire de l’imaginal une métaphysique à n dimensions mais un monde unique pour une existence à n dimensions. Pour Simonne, celle qui voit des images issues de l’inconscient dans ses rêves, une réappropriation est nécessaire. Les images ne sont pas familières de sa conscience quand elles arrivent dans le rêve. Le déploiement de la poésie et la prise de conscience des archétypes du visage de l’esprit humain sont les réponses de Simonne. Les éléments de ce visage spirituel intéressent tous les hommes et femmes, particulièrement les adolescents qui savent un jour devoir assumer des rôles dans la société. Les images de la grotte, de l’arbre, du fantôme, de l’oiseau ou autres sont dans toutes les pensées et constituent les organes de lumière, de la relation. La dimension poétique est l’imaginal support incontournable car symbolon d’un partage dans la socialisation des corps subtils autant que dans la « socialisation des corps sensibles »[1]. Les visages spirituels de deux personnes qui se parlent les yeux dans les yeux se ressemblent autant que nos visages physiques se ressemblent avec les yeux, les paupières, le nez, la bouche, les sourcils, les cils, les joues, le front, les cheveux, les dents, la peau, les orbiculaires des paupières, l’orbiculaire de la bouche, les ailes du nez, la houppe du menton, les masséters, le muscle frontal, les maxillaires… Mais les visages spirituels sont plus complexes encore, conscient, inconscient, angoisses, secrets, pudeur, timidité, complexes, personnages de l’analyse transactionnelle, stades de la libido sexuelle associés aux stades de l’apprentissage de la relation sociale, stade symbolique, stade politique, stade pompier, stade amical, stade amoureux, qui à chaque fois ne disparaissent pas mais s’apprivoisent et nécessitent une familiarisation un travail sur soi pour en vivre dans le respect de l’autre. Ces stades, s’ils ne sont pas méprisés ni dans l’enfance ni à l’âge adulte, mais s’ils dévoilent des possibles et qu’ils sont utilisés avec sagesse dans la relation constitueront les éléments d’une relation juste et équilibrée, agréable. Le discours de Simonne sont fins et ne manquent pas d’humour, ils témoignent de l’élégance de son visage spirituel dont les plis multiples peuvent éclairer la conscience de ceux qui regardent et lisent son travail. Le cœur de Simonne est un « cœur angélique ». Mais le cœur de l’homme a une ombre terrestre et dans cette ombre l’homme parle avec son cœur angélique en similitudes. Le cœur, comme le visage, est l’organe symbolon des plis de l’humanité. Il est le nœud de l’humain et du divin avec entre les deux les multiples dimensions de l’existence. Et les poésies et peintures de Simonne déclinent la vie sans s’épuiser jusqu’à ce que son cœur cesse de battre. Il reste les marques des rythmes du souffle des images plastiques et du souffle poétique pour témoigner de la puissance de son existence dans la chambre étroite que lui avait laissée la maladie.

 

Humour

 

Dans Tête à l’envers[2] un petit fantôme blanc qui ressemble à Jasper monte dans un arbre dont les racines sont tournées vers le haut.

La différence entre l’hyperréalisme du rêve et la réalisation peinte montre la poésie de Simonne. La forme symbolique, allégorique, que Simonne donne à ses œuvres n’est pas dénuée d’humour. Le voile de l’humour rend les ciels accessibles à tous. Le sensible, le spirituel et la mystique échappent à l’absurde par l’humour qui laisse une grande place au pli de la raison. Car l’humour joue avec les limites de la raison et de la logique. La raison et la logique sont le négatif nécessaire à l’humour, elles portent la narration jusqu’à la chute. Si la logique sert l’humour, l’humour sert aussi la logique et la raison. On retrouve l’humour à propos du spirituel dans les enluminures iraniennes et dans la poésie d’Iran au travers de l’oiseau, et des contes dont les héros sont des animaux. Les vertus des animaux servent de support à la sagesse des contes. Dans l’œuvre de Sohravardi, dans ses récits symboliques, « nous voyons apparaître le peuple des tortues, le peuple des fées, le peuple des chauves-souris. Bien entendu, il ne s’agit pas de zoologie, mais bien de symboles de ceux qui, parmi les humains, sont les ignorants spirituels, les aveugles de l’âme. […] leur forme vraie symbolise avec celle-là »[3]. L’imaginal montre la réalité du mode de l’âme dont les formes mutent pour témoigner ici avec humour d’une réalité. La prise de conscience est difficile et la charité est de la rendre avenante. James Hillman fait référence au monde de l’Hadès de la mythologie grecque pour désigner les rêves où le moi perd l’initiative. Les animaux vont permettre d’exprimer le mouvement de l’âme, c’est-à-dire qu’ils permettent une entrée dans le monde inconscient. L’image mentale du rêve est une image mouvement comme celles des films d’animation, du cinéma ou du numérique. La psychologie moderne fait de l’imaginal un rouage de la prise de conscience et en même temps elle implique l’humour. « Guidé par un jeune rouget.  Surgit des eaux et rochers.. Le divin Créateur.. De mon humble intérieur.  […]  Petite vigne, vêtue de spirituel,  Sous protection de mon fidèle  Serviteur j’emprunte la Voie  qui s’offre à moi. »[4] Le rouget est un poisson de roche qui guide Simonne Roumeur sur la côte accidentée du rivage sur laquelle pousse la petite vigne riche en promesses. La peinture associée montre un rouget et une petite pousse de vigne personnifiée. Dans l’espace symbolique des vertus de l’animal ou de la plante le mouvement de la pensée peut se manifester virtuellement. Le petit pied de vigne de Simonne suggère les fruits qu’elle portera dans une image-mouvement[5]. La difficulté et la joie sont présentes dans les jeux de l’humour. L’image du rêve et de l’expression plastique exprime ses mouvements dans l’action, la relation, l’affection… comme le décrit Gilles Deleuze dans Cinéma 2.

 

L’Iconal

« Rayonnante, la première des mères  Unie au créateur de mon Univers  Lève le soleil du premier matin  Dans le bleu de mon enfant divin. »[6] Le soleil dans l’icône est rendu par l’or. Il est la présence mystique de l’amour de Dieu. « Je t’imagine, ne te sachant,  Semblable au soleil flamboyant »[7].

Selon Sohravardi, les ciels sont l’existence dans un système intelligible à l’image des orbes des astres. Le culte est adressé au soleil car il permet la lumière du jour. « Hûrakhsh est la théurgie de Shabrîr (Shabrîvar), Lumière à l’éclat puissant, auteur du jour, Prince du ciel, à qui la tradition de l’Ishrâq impose de rendre un culte »[8]. Les images mentales célestes de Sohravardi décrivent l’amour dans le symbolon du soleil : « Gloire donc à la Très-lointaine très-Proche, à la Plus-Élevée la Plus-Approchée, et puisqu’elle est toute proche, elle est également préséante quant à l’influence exercée sur tout être et sur sa perfection. Car la Lumière est l’aimant magnétique (maghnâtîs) de l’approche. »[9] De même le ciel, qui accomplit les autres, est celui de la présence à Dieu. La tradition Ishrâq considère que ce ciel est premier car rien ne se fait sans un amour préalable et achèvement, l’amour est l’alpha et l’oméga. Il permet et justifie l’existence de tous les plis de ce qui fait l’humanité. La sagesse des anciens parlait en images mentales car l’ombre des pensées de Dieu se projettent sur le monde sensible. « […] la Lumière pure ; elle possède certaines qualités de lumière qui sont des irradiations – d’autres consistant en amour, jouissance, emprise souveraine. Lorsque son ombre tombe en ce monde-ci, voici que son image se met à exister. C’est le musc avec son parfum, ou bien le sucre avec sa douceur, ou bien la forme humaine avec la complexité de ses organes »[10]. L’œuvre de Simonne est première car elle s’intéresse à l’universel de l’âme et du rapport à la vie ; son œuvre est une initiation pour découvrir son âme et les archétypes du psychisme. L’herméneutique des textes inscrit Simonne Roumeur dans la démarche des anciens prêtres officiants qui ont recours aux images mentales et au sensible. « […]il sent vers lui s’avancer la Doctrine qui lui est propre, sous les traits d’une belle jouvencelle, splendide, aux bras de rose… Quand toi, tu voyais l’autre bâcler l’allumage du feu et les préparatifs du sacrifice, effectuer les mauvaises offrandes en présence du mauvais feu et passer à l’abattage des arbres fruitiers, toi, tu restais pourtant assis à réciter les Cantates […] L’état osseux pour l’état mental ? […] Pour la jeune dame promotrice de la pensée bonne, de la parole bonne et du geste bon. »[11] Pour Zoroastre, la jeune dame appartient à la propre personne. Elle est le rituel en esprit, elle est la conscience de l’officiant qui permet les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bons gestes. Et quand le jeune homme quitte l’état osseux, les dieux lui offrent le « beurre de mi-printemps »[12]. Le langage est celui des similitudes dans lequel s’inscrit l’œuvre de Simonne. Son travail n’est pas sacerdotal mais prise de conscience de son Moi. Et cette recherche de la conscience de soi, si importante pour nos sociétés contemporaines, existait déjà dans la formation des princes et des prêtres voilà plus de 4000 ans. Au XII° siècle la sagesse des anciens de l’Iran nous est parvenue par l’œuvre de Sohravardi.

 

La peinture de Simonne vit dans le ciel du spirituel, celui d’Hermès, celui de la connaissance, comme conscience de soi-même, et de l’imagination, mais aussi dans celui d’Eros qui est celui de l’amour, de l’union dans le souvenir de ceux qui nous ont précédés. Le ciel d’Eros, celui de l’amour, s’ouvre dans une surexistence à celui d’Hermès. Le ciel d’Hermès porte les messages des dieux. L’arbre de vie fleuri[13] reprend les symboles des caducées d’Hermès et d’esculape, le serpent, l’arbre, l’œil ou le miroir, les ailes. « J’achève mon voyage  à travers les âges  tête pleine d’images  légère de tous bagages. »[14] La dualité n’est pas rendue par deux serpents comme dans le caducée d’Hermès mais par les animaux de la terre éléphant, vache, crocodile, qui sont ses ancêtres dominés par trois oiseaux du ciel, placés dans le haut du tableau, les ailes du caducée d’Hermès. Le ciel est l’intelligence, la tête. Simonne acquiert son indépendance. Mais surtout elle redevient mère, prodigue comme le pélican. La référence au caducée est liée aux soins dont elle bénéficie et qui avec ses recherches généalogiques et intellectuelles lui donnent l’énergie pour partager. André Roumeur, le mari de Simonne, me disait que les approches de l’analyse transactionnelle avaient aidé Simonne à prendre conscience de la dimension archétypale de sa peinture et de sa poésie. Les personnages qui animent son travail sont les rôles ou personnes d’une même âme. La « connaissance de soi » passe par la description symbolique d’elle-même ou des personnes de son entourage familial. La prise de conscience de soi ou des traits de ceux qu’elle aime constitue un autoportrait ou un portrait. Les liens de l’œuvre de Simonne avec le mystère de la personne humaine font de ses peintures des icônes et donnent à ses poésies une dimension dans l’iconal. La description n’est pas celle des traits du visage physique mais celle du visage dans l’imaginal. En effet, les portraits de Simonne touchent à l’universel de l’humanité la connaissance du psychisme, intelligence et sensibilité. Ils sont le reflet des structures universelles de l’âme et des plis qui la composent. Simonne commence par ses ancêtres et y découvre, les plis qui font l’humanité de toutes les âmes.

 

Basilic[15] est l’histoire d’un Saurien. Le saurien a trois yeux. L’œil pinéal ne semble pas avoir de fonction. La glande pinéale, en fait, permet l’adaptation au milieu, jour-nuit, saisons… « Squatter de mon inconscient  Il annihile la personnalité de mon Enfant  Dévoilé le regard du saurien  Se soumet au mien.  […]  Pour ne point aller à la dérive,  A l’ avenir mon âme sensitive,  Laissons-nous guider par l’aile  De mon âme spirituelle. »[16] Et pourtant, par cet œil, Simonne voit l’inconscient, mais elle a, au préalable, vidé le petit dragon de ses entrailles, offrant un humus où faire pousser les fleurs. Le mot basilic rappelle le jardin, mais il a également des consonances avec l’archétype du roi et aussi le spirituel :

 « L’imaginal est un mot inventé par Henry Corbin à propos de l’œuvre de Sohravardi. L’imaginal est la projection poétique de nos pensées sur le monde sensible au moment de la prise de conscience de quelque chose. L’imaginal est alors un moyen heuristique d’une prise de conscience commune, et un moyen de transmission des connaissances parce que la conscience est l’objet premier du savoir. »[17]

Chaque personne a la responsabilité de sa basilique et de régner sur les plis de son âme. Le saurien ne peut dominer l’âme, qu’il soit l’imagination ou le manque de connaissance (saurien, sais-rien) ou un autre pli. L’imaginal est le moyen de donner une forme aux différents plis de l’âme. « Tantôt l’Imagination active est l’arbre émergeant au sommet du Sinaï, l’arbre auquel on cueille le « pain des Anges ». Elle est le buisson ardent que Moïse aperçoit d’abord de loin, et dans lequel flamboie l’Ange-Esprit-Saint de la Révélation. Tantôt elle est l’arbre maudit, l’arbre infernal, la montagne que pulvérise la théophanie. »[18] Henry corbin écrit ces mots pour faire la différence entre l’imaginal et l’imaginaire. L’imaginal est au service de l’intelligence, du spirituel. Atelier-Chapelle[19] reprend le thème d’un espace de rayonnement, d’une chambre, un atelier, où exister matériellement au milieu des autres et en pleine conscience, en régnant sur cet espace avec sagesse donnée par l’espace matériel qui permet la relation aux autres. La chapelle est un lieu de rencontre autour de Dieu. Le symbolon de la chapelle est la reconnaissance du travail de Simonne dans la société, l’acceptation de son rayonnement. « Au siège du centre social,  Réunis en assemblée spéciale   Sont, avec les anciens,  Les soucieux du bonheur humain.  Face aux regards limpides  Ma Pensée se dissipe  Et capte dans la nébuleuse  L’estampe religieuse  Qui en l’inconscient sommeille.  Au présent ma vie s’éveille.  De l’avoir longtemps œuvré  Ma bâtisse est achevée.  Mon atelier-chapelle  Prend corps au réel. »[20] Le partage, la transmission sont le spirituel et constituent une chapelle. La chapelle maintient l’imagination active dans l’imaginal, lui évitant les dérives dans l’imaginaire.

 

La grotte

L’approche dualiste de l’Imagination exprime le danger de la fantaisie face à la pensée spirituelle. La fantaisie a besoin de la sagesse qui s’accompagne de raison. La sagesse est le fil directeur de la pensée fantaisiste dans les contes et les rêves. L’imaginal est une région intermédiaire liée à une logique ternaire mais, plus justement, une logique à n dimensions. « Cette région présuppose la triple articulation du réel au monde de l’intelligible (jabarut), monde de l’âme (malakût), monde matériel, triade à laquelle correspond la triade anthropologique : esprit (intelligence[21]), âme, corps. »[22] La négation de l’âme constitue un risque pour l’imagination qui se transforme alors en imaginaire. « Il est très frappant de voir avec quel soin Sohravardi et les Ishrâqîyûn ont veillé à une métaphysique de l’Imagination. Parce qu’ils en connaissaient le rôle ambigu, ils la maintiennent solidement axée entre l’intelligible et le sensible »[23]. Le rôle de l’imagination est ambigu, à mon sens, car il peut servir plusieurs plis de l’âme. L’imagination constitue une grotte. « Il est donc nécessaire que, par la lumière « la plus proche » adviennent simultanément et un barzakh et une Lumière immatérielle. […] Dès lors, elle a l’intellection de son indigence, et c’est pour elle une qualité ténébreuse ; »[24]. Dans l’acte de contemplation la lumière prend conscience de son indigence et cette indigence est ténébreuse et se traduit par un voile ou « barzakh ». Art, poésie sont contemplation et voile. Opéra exprime l’importance de l’art populaire comme nourriture spirituelle. Car l’ombre de l’art populaire est jointe à une lumière du bon sens et de l’amitié. Le « barzakh » n’est pas la matière mais le mode ou contenu d’un acte d’existence, comme le mouvement de l’astre ou la danse. Les astres constituent le symbole dans l’imaginal de la raison et la conscience. La danse populaire détermine l’espace social de celle dont il est fait le portrait. L’imaginal rejoint l’espace de la chambre à soi de Virginia Woolf. La chambre de Virginia Woolf n’est pas une pièce fermée mais une grotte ouverte, la reconnaissance de l’importance d’un espace matériel pour vivre, une reconnaissance sociale et historique non pas après coup mais une place au présent dans le maillage des relations. « Comme dans Une chambre à soi, la critique politique de Virginia Woolf reste de bout en bout une critique matérialiste, dans laquelle l’énergie phénoménologique, la puissance de la sensation sont prises dans la matière historique, dans la réalité des conditions concrètes du sens. La loi patriarcale se donne à vivre dans l’espace même – celui de la bibliothèque de King’s College dont l’entrée est interdite à la narratrice d’Une chambre à soi -, Dans la réalité d’un repas abondant dans les collèges de garçons, frugal dans celui ouvert aux filles… »[25]. « Cette conscience matérielle ne quittera jamais Woolf, pas plus que ne la quittera la certitude que l’identité n’est pas qu’individuelle, mais que l’individu se noue irrévocablement au collectif, aux pratiques de classes, à l’économie d’une culture »[26]. Le monde matériel se rétrécit avec la maladie. Et pourtant Simonne saura faire rayonner cet espace et l’agrandir à celui des richesses universelles de la terre spirituelle. Ses portraits comme Opéra montrent que ses explorations ne s’arrêtent pas à son âme mais vivent aussi de ses rencontres ou de ses relations.

Simonne reprend le thème de la grotte plusieurs fois. Dans Caverne[27], elle décrit l’âme comme une caverne avec « trois ouvertures sur la réalité »[28]. L’imagination n’est pas dangereuse mais constitue une grotte où puiser les images comme dans l’image imaginale de la célèbre grotte de Platon. Les prisonniers sont dans la grotte des connaissances multiples, de l’imaginaire, de l’inconscient, du possible, peu importe. L’intérêt ici est de reprendre l’outil philosophique de la grotte pour réfléchir à l’imagination. Le virtuel se cache dans la grotte du possible qui est liée à celle de l’imaginaire. Les virtualités permettent l’advenue de la lumière qui est un renoncement à l’obscur des rêves. Contrairement à l’idée d’Henry Corbin, la grotte surréaliste a son importance. Elle est la cavité où se cache la source. Dans l’œuvre de Marcel Pagnol, Manon des sources, l’eau émerge d’une grotte connue seulement de la jeune fille. Car, dans les âmes pures, les images sont vraies. La grotte est un pli de la surface sensible quand le possible se multiplie, quand la raison travaille à imaginer le possible dans l’imaginaire. Les surréalistes ont travaillé sur les images de la grotte. Le Relecq-kerhuon a compté une artiste surréaliste qui vivait une génération avant Simonne. La grotte de l’imaginaire ne fait pas peur à ses habitants. Simonne travaille sur les images trop précises, hyperréalistes, de la grotte de ses hyper rêves issus de son inconscient. Elle écrit en écriture automatique les images fortes de ses rêves et peint comme un enfant la grotte de son rêve, en cherche la symbolique dans ses poésies.

 

La peinture de Simonne vit dans le ciel du spirituel, celui d’Hermès, celui de la connaissance et de l’imagination, mais aussi dans celui d’Eros qui est celui de l’amour, de l’union dans le souvenir de ceux qui l’ont précédée. Son travail constitue une source importante pour la connaissance de l’inconscient et du spirituel. Il ouvre les portes d’un espace qui s’est sclérosé, celui du spirituel, de l’imagination, du discernement, de l’inconscient. Simonne offre une alternative à l’inquiétude des hommes devant les parts d’ombre de leurs âmes. Elle incite chacun à entrer dans le monde de la conscience qui ne s’oppose pas à l’inconscient mais qui travaille sans fin à la liberté et l’indépendance d’esprit dans le mouvement renouvelé de la vie matérielle et spirituelle. Il me semble important de donner plus de rayonnement à l’œuvre de Simonne, de lui reconnaitre une chambre dans l’espace social qu’elle contribue à enrichir. Simonne Roumeur a existé pour lutter contre la maladie, mais son travail décrit une vie au collectif, dans le souci de son entourage. Simonne Roumeur avait conscience de l’iconal de son « atelier-chapelle ». Avec l’imaginal, il est le souci de partage dans l’universel, qui crée un espace imaginal collectif et social pour se réunir autour de ses poésies et peintures.

 

Je remercie André Roumeur pour son amitié et le soin qu’il apporte aux œuvres de Simonne Roumeur. Il a garanti jusqu’à aujourd’hui la préservation de ce riche patrimoine.

 



[1] « socialisation des corps sensibles » expression de Christian Jambet à qui je dois beaucoup mais qui dissocie : « Communauté des corps subtils qui reflète l’union chevaleresque et spirituelle des cœurs angéliques, contre les oppressions nées de la socialisation des corps sensibles. » L’Herne Henry Corbin, conf. Christian Jambet, Philosophie angélique, p.103.

[2] Simonne Roumeur, Tête à l’envers, n°508.

[3] Henry Corbin in L’Herne Henry Corbin, Mystique et humour, Ed. De l’Herne, p.182.

[4] Simonne Roumeur, Vêtue de spirituel, n°448.

[5] Gilles Deleuze, L’image mouvement.

[6] Simonne Roumeur, Soleil du premier matin, n°261

[7] Simonne Roumeur, Prie-Dieu, n°162

[8] Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, Editions Verdier, 1986, p. 144. Hûrakhsh, Shabrîr font référence à la tradition de l’Ishrâq qui représente la sagesse de l’ancien Iran inspirée par l’œuvre sacerdotale de Zoroastre.

[9] Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, Editions Verdier, 1986, p. 148.

[10] Sohravardî, Le livre de la sagesse orientale, Editions Verdier, 1986, p. 153.

[11] Les adorables de Zoroastre, trad. Eric Pirart, Max Milo Éditions, Paris, 2010, p. 278-279.

[12] Les adorables de Zoroastre, trad. Eric Pirart, Max Milo Éditions, Paris, 2010, p. 279.

[13] Simonne Roumeur, L’arbre de vie, n°100.

[14] Simonne Roumeur, L’arbre de vie, n°100.

[15] Simonne Roumeur, Basilic, n° 288.

[16] Simonne Roumeur, Basilic, n° 288.

[17]«  O « imaginal » é uma palavra inventada por Henry Corbin a propósito da obra de Sohravardi. O imaginal é a projeção poética dos nossos pensamentos sobre o mundo sensível ao momento da tomada de consciência de algo. O imaginal é então também um meio heurístico de uma tomada de consciência comum, e um meio de transmissão dos conhecimentos, porque a consciência é o objecto primeiro do saber. » Monique Oblin-Goalou in Monique Oblin-Goalou, Os azulejos do farol de Cascais e da rua do Alecrim in: moniquegoalouoverblog.be.

[18]H. Corbin in Sohravardî, L’archange empourpré, Fayard, 1976, p.96.

[19] Simonne Roumeur, Atelier-Chapelle, n°413.

[20] Simonne Roumeur, Atelier-Chapelle, n°413.

[21] Avicenne met dans l’intelligence la présence de l’Intellect Agent. Présence de la divinité au centre de l’homme.

[22] Henry Corbin, in Constantin Tacou et Christian Jambet, L’Herne Henry Corbin, Ed. de L’Herne, p. 182.

[23] Henry Corbin, Constantin Tacou et Christian Jambet, L’Herne Henry Corbin, Ed. de L’Herne, p. 182.

[24] Sohravardi, Le livre de la sagesse orientale, Editions Verdier, 1986, p. 127.

[25] Catherine Bernard, Des vagues de plus en plus violentes, in Le Magazine Littéraire, Avril 2012, p. 73.

[26] Catherine Bernard, Des vagues de plus en plus violentes in Le Magazine Littéraire, Avril 2012, p. 73.

[27] Simonne Roumeur, Caverne, n°269.

[28] Simonne Roumeur, Caverne, n°269 poésie.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 09:08

Suite aux tragiques événements qui ont eu lieu en Inde, je publie ce texte sur mon blog. Dans un premier jet, j’avais écrit cette histoire pour les enfants du Lycée français de Lisbonne. Les enfants avaient préalablement réfléchi dans quelle histoire associer les marionnettes qu’ils avaient créées en papier mâché. L’histoire doit être encore simplifiée. Mais la version longue est intéressante pour les régions où la population augmente car, elle pose nettement la question de la cohabitation de l’homme avec les bêtes sauvages. Cette question existe en moi depuis la lecture du livre de Romain Gary  Les racines du ciel.

 

Introduction :

 

Il y a bien longtemps, sous Louis XIV, durant une famine les chiens et les animaux domestiques se révoltèrent. Les hommes avaient faim et chassaient les animaux. Les animaux sauvages menaçaient les poulaillers et les troupeaux. Les animaux sauvages se plaignaient de l’excès de braconnage qui menaçait les espèces. Les animaux nommèrent alors des représentants et commencèrent à faire du charivari dans le royaume.

Une des filles du roi prit l’affaire en main. Elle était surnommée Hermine car elle aimait beaucoup les animaux, n’était pas grande mais menue, son teint était pâle.

Le renard représentait les animaux sauvages. Il avait été choisi pour sa ruse.

Le mouton représentait les troupeaux et l’oie les poulaillers.

Le chat était l’animal familier d’Hermine. Il parlait pour les animaux domestiques.

Les loups avaient voulu traiter seuls pour leurs intérêts.

Bruit de bêlements, d’aboiements, de glapissements

 

Scène I

 

Le roi s’approche de la muraille accompagné de la reine et d’un scribe chargé de noter les ordres du roi.

 

Le Roi : Qu’est-ce que tout ce bruit ?

 

Hermine en bas des murailles avec les animaux : Les animaux ont des requêtes. Leur situation est devenue insupportable.

 

Le Roi : Est-ce une raison pour faire tant de bruit ?

 

Le Renard : Nous avons faim et les forêts son devenues dangereuses. Nous ne pouvons plus attendre.

 

Le Roi au scribe : Faites entrer ces animaux.

 

Le scribe : Dois-je faire entrer le loup ?

 

Le loup tacheté : Vous faites bien de parler de nous. Si le braconnage continue ainsi sans règles et sans que les hommes soient punis nous organiserons des peurs dans le Gévaudan. De grands loups là-bas sont prêts à passer à l’action.

 

Le Roi : Ce sont des menaces !

 

Le Renard : Si je puis me permettre, Majesté, Souvenez-vous de Colbert. Il disait « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris »[1]. Nourrissez et habillez les hommes avec l’élevage et la laine des moutons, laissez les forêts.

 

Le mouton : Les pluies ont gâché le fourrage. Nous aurons froid pendant l’hiver si nous sommes maigres et tondus.

 

L’oie : Comment ferons nous pour voler sans plumes ? Il manque de grains pour nous nourrir.

 

Le chien 1 : Nous les chiens nous vous rappelons qu’il est interdit de voler.

 

L’oie : Il ne s’agit pas de cela. Nous sommes mécontentes d’être maltraitées. Nous volerons vers d’autres territoires si la nourriture manque.

 

Le Mouton : Comme les hommes, nous avons peur des loups. Il me semblerait plus sage d’organiser des chasses avec les chiens pour surveiller les forêts et les exploiter pour le bois afin que nous puissions garder notre toison et que nos enfants les agneaux ne soient pas mangés au printemps.

 

Le Loup : Si tu parles encore, toi le mouton, je te mange séance tenante. Grrr… Jean de La fontaine l’a dit dans sa fable la raison du plus fort est toujours la meilleure.

 

Le chien 2 : Tu ne peux toucher à personne ici au pied du château. Tu ne peux pas toucher aux moutons ni aux agneaux car ils sont pour nous des mets raffinés. Contente-toi de dévorer les bêtes de la forêt.

 

Le mouton : Quand cesserons-nous d’être associés à de bons petits plats et à des pulls chauds pour l’hiver ?

 

Le renard : Jamais car vous ne pouvez bénéficier de la protection des hommes sans contrepartie.

 

La Reine : Tout ce petit monde ne semble pas s’entendre. Mais attention, les finances depuis la mort de Colbert partent à la dérive. Les territoires des loups se rétrécissent avec l’intensification du braconnage.

 

Hermine : Nous ne pouvons nier ce danger, l’homme partage avec le loup le gibier. Le loup s’en prendra un jour aux hommes

 

La Roi : Tu as peur du loup. Nous organiserons des battues pour le tuer.

 

Le chat : Je demande que le loup soit exclu de la discussion.

 

Le Roi : J’accorde aux habitants des forêts le droit de braconner pendant l’hiver. Mais ils ne pourront pas faire commerce de leur chasse. Nous organiserons avec les chiens des battues pour chasser les loups qui mangent les biches et le bétail.

 

Le Loup s’approche du scribe  : Si tu notes cet ordre je te mange la main.

 

Le Scribe : C’est inutile, l’ordonnance concernant la chasse et les braconniers a déjà été imprimée récemment en décembre 1715, chez Jean de la Caille.

 

Le Loup : Qui est cette Caille qui va contre mes intérêts ?

 

Le Renard : Jean Caille est le nom de l’imprimeur. L’ordonnance de 1715 limite le braconnage. Elle est intéressante pour nous tous habitants des forêts. La chasse est le privilège des nobles qui ne devraient point faire commerce de leur chasse. Le problème est qu’ils n’appliquent pas la loi. De plus tu fais peur aux bergers qui sortent armés et braconnent.

 

Hermine : Ne pourrions-nous pas trouver d’autres solutions pour le loup ? Il est vrai qu’avec la pluie les récoltes furent mauvaises. Les paysans sont obligés de chasser et le braconnage s’intensifie ce qui fait sortir les loups des bois et menace les enfants qui gardent les troupeaux.

 

Le Mouton : Je demande que les réglementations de la chasse soient abolies et que tous les hommes chassent afin que les bêtes d’élevage vivent plus longtemps. La déforestation et l’assèchement des marécages permettraient d’agrandir les pâturages.

 

Le loup : La salive me monte à la bouche ta chaire tendre ne devrait pas vieillir si tu continues à te faire remarquer. Contente-toi de suivre les autres comme à ton habitude.

 

L’oie : Mouton, as-tu réfléchi à ce qui tu viens de dire ? Nos sœurs les chèvres sauvages, les oies sauvages seront massacrées, les rivières ravagées de leurs poissons. Cela aura des conséquences pour nous aussi. Une fois les ressources en gibier épuisées nous serons mangés. Les hommes devraient passer un examen, une licence pour pouvoir chasser tout en respectant les ressources.

 

Le Loup : Avec la découverte de la pomme de terre je pensais que les hommes chasseraient moins. Mais ils sont de plus en plus nombreux et notre territoire diminue. La chasse à l’homme est devenue difficile. Il faut absolument que je tienne conseil avec mes cousins du Gévaudan.

 

Le Renard : Méfie-toi, les hommes sont nombreux ne livre bataille que si tu es sûr de la victoire.

 

Le Roi : Que l’on tonde les moutons même s’ils sont maigres et les oies seront plumées afin qu’elles ne cherchent pas d’autres lieux où vivre. Que les chats se contentent des souris. Pour privilégier l’élevage laissons les paysans avec leurs armes. Faites appliquer l’ordonnance concernant la chasse et les braconniers et qui interdit le commerce du gibier en dehors des circuits officiels. Avec les chiens, organisons des battues aux renards et aux loups pour protéger l’élevage.

 

Le loup au scribe :Tu n’écriras pas cela ou je te mange la main.

 

Le scribe : éloignez ce loup, il me fait peur.

 

Le roi : « Seule l’oreille des hommes change. Chaque époque crée, selon l’ordre des choses, selon les préoccupations contemporaines, un dialogue vital avec la BÊTE, dialogue condamné à être toujours nouveau et unique, frivole et puissant, bulle de savon frôlant la pierre grise. »[2] Le nombre de mes sujets grandit, les villages s’étendent cela demandera une sagesse nouvelle pour surmonter les peurs de chacun qui mettent tout au feu.

 

Tous partent en grognant. Le scribe ne peut rien écrire car le loup le menace mais pour le loup la loi fut appliquée. Après un siècle de lutte les derniers grands loups du Gévaudan étaient morts. L’élevage s’est intensifié et organisé. Mais la chasse n’est pas encore bien réglementée et les Syndicats de pêche ou de chasse responsables du décompte des ressources sont peu ou pas entendus. La répression n’est pas assez dissuasive pour le braconnage. Les calomnies des promoteurs sur les chasseurs décrédibilisent leurs soucis de préserver les marécages, des forêts aux espèces végétales diversifiées, la lutte contre la pollution. Le cri des soucieux de la nature, des pêcheurs et des chasseurs ne concerne pas seulement les animaux mais l’ensemble des ressources naturelles. Sous l’empire la pêche et la chasse sont restreintes à ceux qui ont une licence qui les instruit de leur responsabilité dans la gestion des ressources. Ce système perdure encore en France mais avec ses fragilités.

 



[1] Wikipedia/jean-Baptiste_Colbert

[2] Emmanuel Chanal, Conclusion du texte La Tour.

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 19:17

O túmulo de Tutankhamon desdobra-se como um botão de rosa. Mas não foi uma rosa. Fica um botão para testemunhar o passado. A exposição Tutankhamon em Bruxelas traz o fato que a múmia leva à marca de uma ferida aberta com fratura do fémur ao nível do joelho. Da análise recente da sua múmia permite-nos equacionar algumas hipóteses de que era desportista e em forma! Quando se vê os automóveis ligeiros que mobilam o seu túmulo, parece-me difícil não acreditar que o jovem homem de 19 anos tivesse tido o prazer de conduzi-los com os seus melhores cavalos. A hipótese de uma ferida ligada ao uso destes engenhos não é de ser afastada. Pela sua morte, Tutankhamon aproxima-se das nossas preocupações contemporâneas. A condução de veículos de todos os tempos foi associada à sabedoria devido aos riscos incorridos e às relações sempre existentes entre a educação e o automóvel. Estatisticamente as insuficiências técnicas, ou humanas mostram que é impossível reduzir a zero os acidentes. Mas a melhoria da rede rodoviária, a sensibilização dos motoristas às suas responsabilidades mostram que as percentagens de morte e feridos podem diminuir consideravelmente. O auriga é um tema de todos os tempos. Condução e sabedoria estão associadas. O auriga é um arquétipo da condução da pessoa e da liberdade da alma. Há por conseguinte uma relação entre a condução e a filosofia. As palavras, os acidentes, a educação, o peso dos sentimentos e a liberdade… são as mesmas para conduzir e para falar de filosofia.

As imagens do homem que dirige um ou vários cavalos são frequentes e podem ser muito antigas.
Uma das maravilhas do mundo é o auriga
[1]de Delfos na Grécia, a palavra «auriga» em grego significa «o que detém as rédeas». A estátua é um belo jovem que tem rédeas. A estátua foi parte de um conjunto composto por quatro cavalos que atrelavam num carro. Esta obra datada de 477 antes de J. C.. foi um ex-voto de bronze para comemorar o quadriga vitorioso nos jogos pythianos de 478 e 473 a. C. O estilo artístico da obra é um pouco anterior ao período clássico grego. Este estilo chama-se severo. A simplicidade acrescenta-se à ligeireza e à economia das linhas do trabalho que testemunham a sabedoria do artista. Trata-se bem aqui de sabedoria porque, para conduzir, temos necessidade de sabedoria. O auriga é uma imagem mental que existe hoje através do motorista ou do piloto de corridas de automóveis. A velocidade como a rapidez ou a ligeireza com que nos deslocamos de um local para outro foi um objeto de entusiasmo ou seja de oferendas aos Deuses e ainda hoje os grandes pilotos de automóveis são admirados. O que admiramos é a velocidade, mas também a sua sabedoria « Sophia » para praticar a velocidade com conhecimento de causa. A sua capacidade de testar a máquina e participar apesar do perigo que representa para a sua vida. Reconhecemos as melhorias que traz pelo seu conhecimento e a a sua experiência que nos dá dos  carros mais seguros e mais protectores.


Tudo o mundo concordará com isto. A invenção da roda é o início da invençáo do veículo. Ela permite realizar transportes mais pesados e mais rápidos do que a pé e a cavalo, e com o tempo mais rápidos e mais pesados que a cavalo ou de comboio, o camião por exemplo. Os acidentes com cavalos, os acidentes de viação, de comboio foram de os todos tempos uma causa de gravíssimos danos pessoais e de perdas de vidas. Grace Kelly e Lady Diana são dois exemplos famosos. Nas nossas famílias contamos tudos vítimas da estrada. No tráfego diário, as condições são diferentes das corridas. O filme francês, Les choses de la vie (As coisas da vida)[2]é de uma comovente atualidade. A bordo do seu automóvel, o advogado Pierre Delhomeau, a caminho de Rennes onde ia defender um caso, perde a vida num acidente automóvel. O filme conta os últimos pensamentos dele antes de morrer. Ele deixa dramaticamente aqueles que ama deixando uma carta de ruptura no bolso, carta destinada à sua namorada, e as suas lembranças de alegria de viver.


No contexto da rede rodoviária a sabedoria existe para as nossas responsabilidades que não são as do circuito automóvel. Mas é importante ter alguns conhecimentos em física para compreender as forças que governam a condução de um veículo. Circulando com uma velocidade elevada torna-se mais difícil controlar o veículo. De facto ao descrever uma curva, a força entre os pneus e o pavimento aumenta com o quadrado da velocidade e com a amplitude da curva, o que, juntamente com a inércia do veículo, faz aumentar significativamente o risco de derrapagem e de despiste. Para integrar estes conselhos das seguradoras, temos de conhecer noções simples como a força de resistência, a quantidade de movimento, a velocidade, a massa. São conhecimentos básicos que são necessários a todos e todas, o que não podemos recusar às nossas crianças. A condução traduz o comportamento e a força de alma. Os carreteiros tinham a reputação de jurar quando estavam a manobrar. Jurar denota uma falta de força de alma, no entanto pode ser trabalhado por uma educação que ousa a criatividade e a audácia, superar as dificuldades evitando-as, incentivar a constância no esforço.


É a imagem do auriga que Platão escolheu para falar de retórica. O bem falar, vem da alma. Como em qualquer arte para bem falar é necessário amar. Platão fala por conseguinte de amante a propósito do orador e de amado a propósito do jovem. A alma do amante divide-se em três partes na imagem mental de Platon, o cocheiro, e uma parelha de cavalos. «Por sua vez o eleito deixa-se conquistar como segue : do mesmo modo que, no início desta história, dividimos cada alma em três partes, duas que são, por assim dizer, em forma de cavalo e a terceira de auriga, […] Dois, dissemos, um é bom e o outro não».[3]Entre o entusiasmo e a razão, o desejo e a virtude, saber utilizar toda a sua personalidade permite avançar na sabedoria. O carro alado de Platão avança pelo cavalo desagradável tanto quanto pela reserva e o temor do garanhão. Em francês o termo “garanhão” diz-se « étalon » o que significa também padrão: referência para medir, para julgar e ajustar. Para evitar um discurso que está demasiado a semear, sem matéria mas com os vincos do sensível, da afeição, das preocupações da heurística, a atrelagem precisa de ser bem equilibrada entre a medida e o desejo.

O desejo não é desprezível. «Detestava-o porque esquecia-se de me dar carinho […] Tinha duas razões de respeitar o meu professor : queria-me bem, tinha um hálito forte. […] Não me desagradava ter um ligeiro desgosto a superar : era a prova que a virtude não era fácil. […] confundia o desgosto com o espírito de seriedade. Era snobe. […] «O pai Barrault fede» e tudo girou : fugi chorando. A partir do dia seguinte recuperava o meu respeito para o Sr. Barrault, para a sua gola de celuloide e o seu laço. Mas, quando se inclinava sobre o meu caderno, desviava a cabeça retendo a minha respiração.»
[4]A obra de Jean-Paul Sartres, Les mots (As palavras) descreve a sua relação privilegiada com os seus mestres na sua infância. Dá também uma vista interessante da virtude. Sem negar a viturde, denuncia o snobismo que impõe más condições aos virtuosos que se implicam no estudo e trabalho com seriedade. A virtude não é fácil mais é prejudicial juntar-lhe más condições tais como o odor para o jovem J. P. Sartre. Por exemplo, produzir trabalhando regularmente 14h00 por dia, é prejudicial e esta situação põe os virtuosos na dificuldade.


No filme Décomposition symphonique n°9 pour accident de voiture[5]de Félix Etienne Tétrault podemos ouvir o som de uma respiração ou talvez o barulho da assistência respiratória acompanhada de baterias mais ou menos fracas de intensidade com sons agudos que recordam barulhos de máquinas, ritmos que dizem a vida. Quando o fôlego cessa então tudo acaba. Esta música de uma morte por acidente toca as nossas consciências. Todos os motoristas sabem que comprometem as suas vidas, as dos que o acompanham e a de terceiros presentes no tráfego em perpétuo aumento. Sadako Sasaki lança as suas mil gruas que acompanham a legenda de paz do origami. «Escrevi a paz nas tuas asas e voas pelo mundo de modo a que mais nenhuma criança morra assim». São as palavras de Sadako Sasaki. Quando a pessoa morre a sua rosa fecha-se sobre ela, a sua luz deixa o mundo sensível. Os modos de ser e a liberdade não estão ligados aos acidentes. Seria um pessimismo pensar contra os estoicos que os acidentes determinam as nossas escolhas, a nossa consciência. Seria um pessimismo acreditar que as chantagens ao trabalho, a amizade, a calúnia, a prisão pudessem alterar a pessoa. Gilles Deleuze na Logique du sens diz que tudo se joga na ligeireza de estar, no existir, nas crostas frágeis do dia a dia, do trabalho que fazem a vida, que fazem o ser, o plano da existência. O drama é morrer, escrever a carta como Pierre, a personagem de Paul Guimard, ou de estar desprezando, tudo o que faz os
cortes com o semelhante. Quando Pierre Curie, inventor com a sua esposa Marie da radiologia tão necessária à redução das fraturas, morreu sob um veículo pesado, quando Archimede, inventor do cálculo infinitesimal, é morto gratuitamente por um soldado, a relação cada vez é interrompida. A luz retira-se. A humanidade fecha-se um pouco. O ser existe no estar, na presença, na carne. Na morte, o pensamento da pessoa junta-se à memória e ao pensamento de Deus. Permanece movente para inspirar a criação amorosa do visível e do invisível. Na ressurreição, o céu da matéria volta a ser um elogio à Deus que manifesta assim o seu amor sobre todos os céus dos seus filhos. A imagem mental das gruas de Sadako Sasaki está no coração dos homens de todos os povos. A sua legenda está como o pássaro, uma relação entre lugares distantes da geografia física, do coração, do espírito ou da alma, quase nada entre o céu e a terra como os seus pequenos papéis dobrados ou como os papéis do Tibete. O acidente fecha uma rosa. Quando uma pessoa morre num acidente, todos têm a responsabilidade deste recue.


Quando estamos a conduzir os riscos nunca são zero. É necessário diminui-los para respeitar o outro, a sua vida e seus compromissos na sociedade. Para que as flores não permanecem em botão como no túmulo de Tutankhamon. A atualização do túmulo para os cientistas de hoje permite precisar as circunstâncias da morte e mostra esta família reunida com afeição no túmulo. « O importante é a rosa »[6].


A mensagem do Gorgias não é um interrogatório da retórica mas do mau uso que dela pode ser feito. Platão teme a retórica que persuade em vez de transmitir o saber. Ele vê lá um risco para a liberdade da alma e a República. Ele denúncia a desregulação de Callistes, o que está sem se preocupar dos outros : «E a alma? será boa quando nela predominar a desordem, ou quando estiver em ordem e harmonia?»[7]Na tradução francesa, a ideia de desregulação é mais precisa.
« Et notre âme sera-t-elle bonne si elle est déréglée ou si elle est réglée et ordonnée ? »[8] Giorgias acaba por um monólogo para a consideração dos silenciadores esses que não têm liberdade para se expressar e também os mortos. A presença ressonante deles estabelece a consciência. E se Platão tivesse tido esta palavra «consciência», ter-la-ia usado aqui. Na falta dela, ele dá-nos uma descrição da consciência que é útil para nós. No Gorgias, a imagem do homem morto, nú que julga, é o virtuoso frequentemente silencioso que não tem vergonha da sua nudez porque não tem nada a esconder, a imagem da verdade. Todos esses que morreram na estrada constituem o julgamento das mortes. Eles julgam a necessidade de uma conduta caridosa ao mais lento, velho ou cansado ou na posse de um veículo mais pesado, lento a travar ; os mais jovens que ultrapassam sem calcular bem as distâncias… As mortes também são as crianças, os passageiros, os peões, toda esta população inocente que vê-nos conduzir perdida nos choques das máquinas. São eles que nos julgam. « O juiz, também tem de estar nu e morto, para examinar com a sua alma as demais almas, logo após a morte, desassistido dos seus pais e que deixe todo esse ceremonial na terra de modo a que o julgamento seja justo. »[9]


A imagem do carro alado no Fedro de Platão é uma matriz. Quer dizer que é difícil distinguir a metáfora heurística do objeto discutido, a alma. Esta incerteza deixa um largo espaço virtual à reflexão. O Gorgias ameaça as pessoas do inferno. A sua chama é o olhar escaldante das inocentes mortes. Quando o julgamento da consciência é pronunciado como sendo favorável, então o céu de Fedro abre-se e a existência virtuosa metamorfoseia-se em sobrexistência amorosa, num existencialismo do amor. O Fedro é uma matriz voltada para o deus Eros (luz, místico) que é o amor componente da relação. Este amor, então, pode existir com todas as dobras da humanidade passadas no crivo da dialética e da virtude. Assim, volta a dar a sua importância à retórica que tinha sido eliminada pela corrupção. Naquilo, Platão está contemporâneo aos nossos problemas. Uma condução sem amor é perigosa.

 



[1]Museu arqueologico de Delfos.

[2]Claude Sautet, Les choses de la vie, 1970, filme com Romy Schneider et Michel Piccoli. O livro é de Paul Guimard, Les choses de la vie, Ed. Folio, 1973. O filme está à origem do livro.

[3] Platão, Fedro, Tradução : José Ribeiro Ferreira, Biblioteca Nacional de Portugal, Edições 70, 2009, p. 71.

[4]Jean-Paul Sartre, Les mots, Gallimard, 1964, pp. 66-68. « Je le détestais parce qu’il oubliait de me choyer […] J’avais deux raisons de respecter mon instituteur : il me voulait du bien, il avait l’haleine forte. […] il ne me déplaisait pas d’avoir un léger dégoût à surmonter : c’était la preuve que la vertu n’était pas facile. […] je confondais le dégoût avec l’esprit de sérieux. J’étais snob. […] « Le père Barrault pue » et tout ce mit à tourner : je m’enfuis en pleurant. Dès le lendemain je retrouvais ma déférence pour M. Barrault, pour son col de celluloïd et son nœud papillon. Mais, quand il s’inclinait sur mon cahier, je détournais la tête en retenant mon souffle. »

[5]Félix Etienne Tétrault: Decomposition simphonique n°9 para acident de carro, 2010, Internet: Artflx.olympe-network.com.

[6]L’important, c’est la rose, palavra : Louis Amade, música : Gilbert Bécaud.

[7]Platão, Gorgias, tradução : Carlos Alberto Nunes, Internet : scribd.com, LIX.

[8]Platon, Protagoras, Euthydème, Gorgias, Ménexène, Ménon, Cratyle, traduction : Émile Chambry, Flammarion, 1967, p. 256, 504b.

[9]Platão, Gorgias, tradução Carlos Alberto Nunes, Internet : Scribd.com, LXXIX, 524a.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 18:04

Os portugueses gostam de utilizar azulejos nas suas obras arquitectonicas  ? A geometria das decorações recorda às vezes a arte óptica em ritmos que cansam o olhar. Os motivos dos anos 60 não estão mais ao gosto dos nossos dias mas as realizações recentes testemunham a flexibilidade da humilde faiança.

A sua utilização assegura aos nossos interiores o conforto da limpeza nas casas de banho , nas cozinhas e nos hospitais. A louça de faiança no museu da marinha em Belém mostra a sua importância na melhoria das condições sanitárias dos viajantes para viajar mais tempo e mais distante. A faiança apresenta grandes qualidades de cores que iluminam os interiores tanto quanto as fachadas pela sua maneira de reter a luz. As cores não se alteram durante os séculos, fazendo da faiança um testemunho fiél das artes decorativas. A técnica usada na faiança e a historia não se opõem mas revisitam-se perpetuamente na criatividade dos seus artesãos. A faiança é uma técnica corrente das artes e da arquitectura. Esta frequência e a sua relação com a racionalidade permite de repôr a pergunta da estética.

O farol de Cascais é uma parte do Forte de Santa Maria. O Forte tem uma arquitectura militar seisentista. Foi construida quando o Conde de Cantanhede era Governador das Armas de Cascais. Em 2003-2005 com o projecto de recuperação do imóvel[1] de Cascais, as paredes são rebocadas e pintadas de branco. O interior do forte é pintado de branco e com azulejos monocromaticos brancos com um tom cinza-verde. O farol é exteriormente revestido de azulejos monocromaticos brancos e azuis.

As formas geometricas dos quarteis e as paredes brancas altas em azulejo ligeiramente esverdeado recordam o lado científico do farol e do museu. A luz da construção que reflete durante o dia, lembra a luz do farol à noite, do conhecimento do museu, pela apresentação das óticas de faróis e o seu poder de augmentar, magnificar a luz.

 

Em Lisboa, na Rua do Alcrim, foi recentemente construido um edifício do arquitecto Álvaro Siza Vieira. Os Terraços do Duque de Bragança propõem uma revisitação ao tema tecnico-científico usando o revestimento cerâmico. A arquitectura geométrica branca e a luz dos azulejos aclara a rua Alecrim. Como no farol, a aparência técnica que dão as formas geométricas da faiança junta-se a preocupação de conforto que traz a modernidade a estes apartamentos. Em 1998, Ivan Chermaieff utilizou o vocábulo técnico do azulejo nas composições do Oceanário. Recuperou a tradição de manufacturação do azulejo padrão para a figuração de grandes animais marinhos, tratada informaticamente.

 

O vocabulario dos azulejos é também útil ás imagens mentais da literatura de Lobo Antunes. Prisioneiro na cidadela interior da consciência, as suas imagens mentais surgem do seu amor para a Sofia, a saudade de sófia que não existe sem as relações. As descrições de Lobo Antunes fazem sobressair a carne imprecisa e imperfeita da humanidade na luz dos quadrados de faiança dos hospitais e das sanitas. Lobo Antunes é um médico e conta-nos o homem dissociado, disfarçado, desumanisado. Nada é separado e no seu aquario aseptizado impessoal o homem torna-se peixe, animal. Os ajulejos vêm demorar na pele no aquário brilhante impessoal que faz a quarta. « Quando ensaboo a cara, Sofia, sinto as escamas vitreas da pele nos meus dedos, os olhos tornam-se salientes e tristes como os dos gorazes na mesa da cozinha, nascem-me barbatanas de anjo dos sovacos »[2]. As escamas dos azulejos vidrados são os atributos do silêncio e o frasco, a imagem do caixão de chumbo. A mulher de quem gosta chama-se Sófia. Se esta mulher for a sabedoria, talvez a filosofia, então um sentido novo aparece. Sem amor e só com o desejo de universalidade, o ovo de ouro perde-se. « esta sede de amor raivoso que te escondo »[3]. « as rugas que em torno da boca se multiplicam numa fina teia misteriosa, idêntica à que cobre de leve os quadros de Leonardo »[4]. As obras de Leonardo da Vinci não puderam ser conservadas, não transmitiu a receita da sua pintura por negligência ou temor de compartilhar. O seu saber perdeu-se e com o tempo, o saber levará com ele as obras do mestre. O saber não pode ser sem amor. O temor e o terror destroem o amor e a Sofia. « Eu estava farto da guerra, Sofia, farto da obstinada maldade da guerra e de escutar, na cama, os protestos dos camaradas assassinados que me perseguiam no meu sono, pedindo-me que os não deixasse apodrecer… »[5] O médico permanece sozinho fechado nos seus conhecimentos geométricos da ciência. Porque a ciência não pode fazer nada, sem o amor, o meio da guerra. Para o autor de Os Cus de Judas, a ciência é uma prisão sem escuridão, sem dobras, apenas uns reflexos da humanidade. O seu amor fica sozinho na impessoalidade dos quadrados de faiança. Mas as suas obras são o encontro do amor na prisão da ciência. O vocabulário médico e a saudade tornam-se o molde e o negativo, a imagem escura que fica nos quadrados fechados e brilhantes da limpeza necessária. O personagem de Sofia permite um monólogo onde se exprime o sofrimento de viver sem a infancia, sem a alegria da amizade e do amor, na prisão do silêncio, na decepção das relações humanas. « lucidez sem ilusões dos bêbados de Hemingway que passaram, gole a gole, para o outro lado da angústia, alcançado uma espécie de serenidade polar […] Talvez desse modo se consigam sorrir risos de Sócrates depois da cicuta […] e consiga enfrentar a ferocidade da manhã dentro de um frasco de Logan que a proteja, tal como os cadáveres dos bichos se conservam em líquidos especiais nas prateleiras dos museus […] não se sentir perseguido pelos impiedosos fantasmas da propria solidão, de que os rostos sardónicos e tristes, tão semelhantes ao nosso, se desenham no vidro para melhor nos troçarem : há derrotas… »[6]. Nestas páginas antes a Sofia, dentro a saudade da Sofia, nos reflexos da luz no vidro as luzes sombras destacam-se onde a imaginação incita a ver os duplos de si mesmo onde o pensamento toma formas novas. O “imaginal”[7] forma-se sobre a superfície brilhante dos azulejos, nos reflexos luminosos da ciência impotente na frente do mistério da vida

« Uma das coisas, aliás, que me encanta em si, permita-me que lho afirme, é a inocência, não a inocência inocente das crianças e dos polícias, feita de uma espécie de virginidade interior obtida à custa da credulidade ou da estupidez, mas a inocência sábia, resignada, quase vegetal, diria, dos que aguardam dos outros e deles próprios o mesmo que você e eu, aqui sentados, esperamos do empregado que se dirige para nós chamado pelo meu braço no ar de bom aluno crónico : uma vaga atenção distraída e o absoluto desdém pela magra gorjeta da nossa gratidão. »[8]

 

Os trabalhadores silenciosos sabem que a humanidade não se resume aos números da produção. Tudo se joga entre a situação limite da sala de operação, onde os motivos poderiam desconcentrar a equipa médica, e a alegria de viver da criança presente em nós quando cantamos um refrão. Todas as pessoas têm o direito de guardar um pouco de tempo para compartilhar a alegria de viver na amizade e que a criança não se afasta da vida. « Eram felizes os gaiatos do Bairro Alto. Sentiam uma alegria interior muito grande e a esperança de serem sempre crianças. Eram donos da tradição da rua. Rapazes befejados pela sorte de terem vida. […] Tenho certeza que uma dela é a minha mãe, afirma o Bexigas com convicção e com os olhos cravados de saudade ».[9] A saudade é a capacidade de fazer marcas da vida, como as rugas ou a cicatrizes da varicela por exemplo, as estrelas e os sinais de um lugar ou uma terra[10] nova da alma onde viver em poeta.

A humanidade é desfigurada mas não é Antonio Lobo Antunes que tem os argumentos para denunciar o homem dividido na análise da ciência, nem é mim que parará os massacres dos inocentes[11] no egoísmo. A consciência de cada um pode sozinha vencer a desmoralização, a recusa da sabedoria. A batalha contra o sofrimento não tem fim e não pode ser só a responsabilidade do autro. Onde os padres da Igreja não conseguiram, onde os médicos não conseguiram, os poetas e os políticos não conseguirão também. Talvez a importância não seja a de conseguir mas de reconhecer a importância de cada um no amor e na simplicidade para abrir-mos as portas das citadelas dos medos.

 

Mesmo nas mais ocidentaies formas e vocabulário do pensamento como a ciência e a geometria e o numérico, a poesia e as imagens dos nossos sonhos encontram sombras ou reflexos onde o mundo imaginal se renova incessantemente. A superfície, mesma lisa, multiplica-se para surexistencias maravilhosas nas lagunas brilhantes do mundo sombrio dos peixes silenciosos, nas imagens mentais dos trabalhadores silenciosos. Temos necessidades da poesia e da escrita dos trabalhadores.

 



[1] Arquitectos Francisco Aires Mateaus e Manuel Aires Mateus, o projecto das estruturas é da autoría do engenheiro Joel Sequeira e a instalação electrica de Joule, o programa museológico é da responsabilidade de Joaquim Boiça, fruito de uma parceria entre a Câmara Municipal de Cascais e o Estado Maior da Armada Portuguesa.

[2] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide Portugal, p. 159.

[3] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide Portugal, p. 160.

[4] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide Portugal, p. 160

[5] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide Portugal, p. 162.

[6] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide, p. 140-141.

[7] O « imaginal » é uma palavra inventada por Henry Corbin a propósito da obra de Sohravardi. O imaginal é a projeção poética dos nossos pensamentos sobre o mundo sensível ao momento da tomada de consciência de algo. O imaginal é então também um meio heurístico de uma tomada de consciência comum, e uma transmissão dos conhecimentos, porque a consciência é o objecto primeiro do saber.

[8] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide, p. 25.

[9] Raquel Baltazard, Os gaiatos, Lidel, 2011, p. 18-20.

[10] A saudade aproxima se do imaginal de Henry Corbin, da boémia descrita na crónia de Cosmas, e na poésia de Fernando Pessoa e nas palavras de Bruno Schulz : « Ce qui m’unit à ce poète (Julius Wit) n’est pas seulement le même pays natal, la même contrée terrestre. S’il existe une géographie spirituelle, si dans ce monde intérieur nous occupons tel cercle, telle sphère nos confins avoisines… »Bruno Schulz, Œuvres, Paris : Ed. Denoël, 2004, p. 407.

[11] António Lobo Antunes, Os cus de judas, Edit. : Leya, rua Cidade de Córdova, n°2, Alfragide, p. 26.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:15
Escrevo esta receita, porque encontrei muitas pessoas que faziam a pasta de papel com cola. Ora, a receita à base de farinha é mais segura para as jovens crianças e, além disso, mais barata e simples para trabalhar, para todos.
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O papel machê pode ser usado na fabricação de máscaras. Exemplo disso são as máscaras de Veneza. Além disso, permite também a feitura de pequenos objectos de decoração. Outra utilização bastante interessante deste material é a construção dos cenários de teatro. Tem ainda outras utilizaçoes e entra na composição de vários materiais como móveis ou bandejas para servir comida e bebida. No Castelo da Pena em Sintra, podemos encontrar móveis feitos com papel machê, mesas, cadeiras e comodas.
 
 
 
O papel machê trabalha-se com um molde para as máscaras, pratos ou recipientes. Pode cobrir uma bola ou uma forma qualquer de papel amarrotado, poliestireno, uma estrutura de madeira ou metálica para os grandes objectos.
 
 Dessins d'enfant 5802
 
Para fazer bolas de Natal, pode esvaziar um ovo, cobri-lo de jornal rasgado em pedaços mergulhado numa mistura de água e farinha, deixar secar dois dias e depois, polir, pintar, envernizar ou encerar. É deste modo que os ovos Faberger eram trabalhados.
 
Com o papel machê, as cabeças de marionetes e das bonecas, ficam particularmente finas graças ao polimento.
 
 
 
Para fácilmente recordar a receita do papel machê, aplica-se as mesmas proporções da massa para crepes.
 
- 500 g de farinha
 
- 1 litro de água
 
- Jornal picado ou papel de seda picado
 
 
 
Misturem a farinha com a água acrescentando a água progressivemente na farinha para evitar os grumos.
 
 Dessins-d-enfant-5804.JPG
 
Pode deixar o papel na água de um dia para o outro que facilita a mistura com a farinha para fazer uma pasta.
 
 
 
Ou pode mergulhar numa mistura de água e farinha os pedaços de papel cortados e coloca-los sobre um molde ou forma. Após uma ou duas camadas é possivel moldar pormenores como, olhos, orelhas…etc e deixar secar.
 
 
 
Depois deve lixar, colocar outra camada para refinar a superfície, deixar secar novamente um dia podendo ser depois pintado com guache, deixar secar e finalmente encerar.
 
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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 19:27

Dieu ne reçoit que le dimanche2

Les spécificités de la vie monacale ne sont pas celles de laïcs au milieu du monde

 

L’homme croyant est libre de choisir et de pratiquer une religion sans discriminations ? Il est libre de choisir une vie de laïc ou une vie consacrée ? Le concept « d’homme nouveau » se lie au messianisme russe dans la pensée de Dostoïevsky. Une des origines de ce mouvement se trouve dans la publication de la Philocalie des Pères neptiques. Ce livre reprend les plus beaux textes des grands saints du monachisme. Mais attention, la vocation monacale n’a rien à voir avec celle de ceux qui vivent au milieu du monde comme les familles, les célibataires, les prêtres diocésains qui ne se sont pas liés à un ordre monastique ! Le monachisme ne se réduit pas à l’hésychasme, ni au Carmel ou aux moines chartreux. Il existe des ordres dont l’engagement est dévoilé au monde et donc différents de l’hésychasme. La lecture de ces textes nécessite de ne pas être séparée de son contexte monacale particulier des moines cloitrés et aussi, comme cela a été dit plus haut, séparée de Dieu. Cette note a pour fin d’insister sur l’absurdité d’imposer aux laïcs ou aux ordres séculiers le mode de vie monacal hésychaste. Certaines familles choisissent de vivre en communauté, mais dans ce cas les règles sont plus souples et adaptées aux enfants, et aux travailleurs, aux mères. Hélas, trop souvent, par méchanceté, un mode de vie qu’ils n’auraient pas souhaité est imposé aux croyants et les croyants par jalousie l’imposent aussi à leurs frères alors que Dieu leur assigne des tâches qui n’ont rien à voir avec l’hésychasme. Ce fut le cas de Nicolas Dieterlé. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, il n’est pas facile de prouver qu’ils ne sont pas morts d’une dépression mais d’une exclusion sociale. En effet, les milieux de l’art et de l’écriture sont difficiles. Mais, il est étonnant de constater que la pensée catholique n’a pas rencontré, ou très très peu, d’échos dans les milieux académiques, institutionnels et chez les éditeurs et cela depuis plusieurs générations. Et je n’accuse pas seulement les incroyants d’intolérance mais surtout les catholiques d’avoir peur de la connaissance, peur de se soutenir mutuellement, peur des quolibets des incroyants. Je regrette que pour bien des personnes la laïcité soit confondue avec le rejet de l’institution religieuse. Mais je regrette, plus encore, les murs qui séparent les pensées des différentes confessions sans oublier ceux qui n’ont pas de confession. Ces murs sont construits par les croyants qui excluent leurs frères dans la foi s’ils connaissent les autres peuples, leurs religions et leurs pensées, ou s’ils connaissent la pensée athée. Pourtant l’ignorance est la source de la peur de l’autre.

 

1.      Le travail des moines neptiques :

 

La philocalie de Pères Neptiques s’adresse à ceux qui cherchent à s’approcher de Dieu dans la perfection. « Néptique » vient du mot nepsis, sobriété de l’âme dans le sens d’ascétisme. La philocalie est un mot grec qui veut dire amour de la beauté. Au travers du sermon du personnage du Pater Cyril, Vigil Gheorghiu décrit la vie monacale selon la tradition hésychaste. « Vous, les religieuses, vous êtes les plus grandes artistes du monde. Les sculpteurs, eux, taillent dans la pierre, le bois, le marbre, pour réaliser la beauté idéale de leurs rêves. Une religieuse coupe dans sa propre chair, dans ses pensées et dans ses rêves en éliminant tout ce qui est superflu […] Son idéal est de rendre à sa personne la beauté suprême. La beauté de Dieu »[1]. La tradition veut dire les règles de communauté qui ont été mises en place dans la sagesse de l’expérience du temps et qui évoluent. Le mot tradition implique simplement que les règles ne sont pas immuables mais vivantes.

 

2.      La cloture et une origine Bohémienne de la terre de l’imaginal

 

La Bible du diable du début du XIIIe siècle ou Codex Gigas fait référence au diable au travers d’un portrait du diable. Elle est très connue pour cette image mais n’est pas un ouvrage occulte. Le livre est une prise de la guerre de 30 ans (1618 à 1648) par les Suédois qui l’ont emportée à Stockholm, en 1648, comme butin, en dédommagement des frais de la guerre. Elle contient non seulement l’Ancien et le Nouveau Testament mais également la Chronique de Cosmas du XIIe siècle, le Nécrologium du monastère de Podlazice, le Manuel de confession. Cette Bible a été réalisée par un moine du monastère bénédictin de Podlazice, en Bohême centrale, pour ses frères. La légende dit qu’elle a été conçue en une seule nuit. En réalité, le moine copiste avait fait vœux de vivre retiré du monde derrière une « clôture » afin d’être dans le monde sans être du monde[2]. A la fin de la Bible, la liste des auteurs de ce livre fait mention d’un moine qui vivait dans la clôture de son couvent. La clôture n’est pas une prison mais un choix libre de vivre dans un monastère en règlementant ses relations au monde. Cette vie est choisie par les moines chartreux, entre autres, afin d’accomplir la prière de Jésus rapportée par l’apôtre Jean, celui qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. »[3] « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie les dans la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde »[4]. Ainsi le moine peut se présenter devant Dieu au nom de tous.

 

La chronique de Cosmasprésente dans La Bible du diable fait le récit mythique de l’histoire des habitants de la Bohême. La Bohême est une terre de l’imaginal, une terre où se retrouvent les intellectuels, les poètes et ceux qui savent éclairer le plaisir et le charme de chaque instant à la sagesse et au spirituel. L’origine géographique de cette terre spirituelle est la Bohème religieuse, artistique et poétique. L’imaginal fait revivre les faits et la vérité dans l’imagination. Là où s’arrête la connaissance s’arrête le récit, comme l’écrit Cosmas de Prague. Le principe du récit est de redonner vie et pour cela le narrateur a recours à l’imagination de son auditoire. « Or ce livre premier contient les faits des Bohèmes, aussi bien que j’ai pu les savoir, jusques au règne de Brzieczyslaw premier, fils du Duc Odalric. Quant aux années de l’incarnation de Jésus Christ, je n’ai commencé à les compter, qu’aux temps de Borziwog premier Duc Catholique : car pour les temps compris dans les commencements de ce livre, je n’ai pas voulu les imaginer ; & je n’ai pu trouver aucune chronologie pour les évènements que j’y raconte. »[5] La chronique Cosmas est un récit mythique de l’histoire des habitants de la Bohême, les Bohèmes ou Bohémiens. Cosmas de Prague écrit peu après la création du Saint Empire Romain (par opposition à l’empire d’Orient orthodoxe) par Otton premier le Grand, en 962. Il tente de recréer l’esprit de « l’Empire » dont les vues influençaient le Pape. Les exemples glorieux qui l’avaient précédé, Constantin, Charlemagne, dirigeaient des Empires qui régnaient sur le Monde Spirituel autant que sur le séculier. Les empereurs de l’empire d’Orient organisaient les conciles et leur participation a marqué la bataille des images. Irène, Constantin… imposaient leur vue à l’institution religieuse de façon parfois violente et s’attaquaient aux personnes et à l’autorité du Pape, ce qui est regrettable. Mais leur force était de s’imposer à la hiérarchie sans contourner l’institution. L’institution religieuse et les dogmes étaient modifiés, divisés, discutés mais aucun magicien n’imposait sa spiritualité. Entre l’Empire d’Orient et l’Empire romain d’Occident régnait une bataille, hélas orgueilleuse, de saints. Elle était cruelle mais ne méprisait pas la Vérité. La bataille du monothéisme passe par celle de l’image, de l’imagination, de l’imaginal, de la poésie, de la rhétorique autant d’éléments nécessaires à la mise en place de la prière dans la solitude ou en communauté, pour éviter les chemins trop courts de la violence[6] et préférer ceux de l’amour et de la louange. Le peuple juif adorait la Lune avant qu’Abraham, dont le nom signifie « Père élevé », ne devienne père d’un peuple. Comme Moïse regarde le buisson ardent, l’arbre de la création porte en lui la flamme de la présence de Dieu. Sintra au Portugal porte les vestiges d’un culte millénaire à la Lune apporté par les Phéniciens. Sur cette montagne rocheuse, la nature les arbres et la brume sont propices à l’imagination et la rêverie. Quand la Lune domine les monts Sintra, la rêverie ses joint à l’astre qui règle le temps et la vie pour une louange. La lune sur laquelle se base le calendrier rappelle qu’à Sintra, il existe des rêveries de la raison. Dans le calendrier, 700 ans après Otton premier, le roi Rodolphe II ne parviendra pas à réunir spiritualité et connaissance. La personnalité de Rodolphe II marquera l’Europe pour les siècles qui suivront. La syphilis engendrera chez lui de la mélancolie. Toute sa vie, il cherchera le remède à sa maladie. La spiritualité de Rodolphe II est une source de la pensée moderne mais elle est décadente. Elle s’intéresse au ciel de Mercure mais ne respecte pas les institutions et les calendriers et leurs fêtes qui relient le monde sensible à la divinité. Rodolphe II est empereur du Saint Empire de 1576 à 1612, roi de Bohême et roi de Hongrie. Il transporte la capitale de Vienne à Prague en 1586. Il fait de Prague une capitale artistique, au travers du maniérisme, et scientifique mais il ne sépare pas vraiment la magie des sciences. A sa cours, il a invité les plus grands astrologues. Pour le meilleur, J. Kepler y rencontre le mathématicien et oculiste John Dee, le sculpteur Adrian de Vries, le peintre Arcimboldo. La cours accueille et laisse des personnages scientifiquement douteux, comme Tycho de Brahe, grand astronome et alchimiste, prendre beaucoup d’influence. L’empereur Rodolphe II confond le merveilleux avec l’utilisation de la magie comme moyen de pouvoir. Il ne lie donc pas le pouvoir à la recherche de la vérité en science et de la Vérité spirituelle. Un des charmes de Prague vient des mythes et légendes comme le montre la légende Cosmas. De l’époque maniériste, celle de Golem est témoin des persécutions juives. Or le peuple croie à une image mentale qui fédère, mais autour de la vérité. Le Rabbi Löw construit donc un géant en terre pour protéger les persécutés. Car le Rabbi Löw croit aux légendes qui sont vraies comme Moïse qui élève un serpent de bronze quand ceux qui fuient l’esclavage dans le désert sont piqués par des serpents. Rodolphe II est à l’origine du romantisme montrant un pessimisme pour l’homme et sa conscience avec le souci du pouvoir lié au savoir, qu’il soit vrai ou faux. En réalité, Il a manqué à Rodolphe II la psychologie. Il a su voir un intérêt dans l’alchimie qui est la science la plus proche de la psychologie avant son apparition. L’affaire des breuvages de Tycho de Brahé et de Sheton montre la précarité des connaissances alchimiques, un pessimisme sur l’intérêt de l’homme pour la vérité.

 

3.      Avec ou sans imaginal ?

 

Claire Vajou, dans son livre [7], raconte les batailles de celles et de ceux qui choisissent de s’isoler pour se tourner vers Dieu en coupant dans ce qui fait la chair l’humanité. Ils trouvent Dieu, le silence de Dieu et le mal. Sa vie, aux confins de l’amour de Dieu, se dévoile sans pudeur dans toute sa dureté à la frontière entre ce qui est Dieu et ce qui n’est pas Dieu. Il apparaît que le monothéisme vécu comme un mépris de l’humanité, et des prières d’action de grâce, de l’imagination, et de la finesse du geste du métier, du monde animal, et des connaissances rejetées dans les vanités, permet de marcher le long de la ligne entre ce qui est Dieu et ce qui n’est pas Dieu. Cette vie d’équilibriste est extrêmement dangereuse et il n’est pas possible de la vivre en dehors d’une communauté sans accompagnement spirituel solide. Les moines sont encordés entre eux dans leur monastère par la vie communautaire et son règlement. Alors l’homme tout petit, très très petit devient l’immense maison de Dieu. Comme pour Thérèse de Lisieux, le carmel est le lieu du silence de Dieu, le sommet d’une montagne aux apiques vertigineux. Le désir du vertige de Dieu est présent en tout homme, mais le premier commandement est formel et ne forme qu’un seul selon Jésus : « tu aimeras ton Dieu de toute ton âme et de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même ». Dans le respect de ce commandement, les moines vivent en communauté. Ils s’isolent parfois complètement dans des ermitages mais sans renoncer à l’accompagnement spirituel de leurs frères par l’échange des sacrements. Les conditions de vie sont alors dictées par un règlement. Il n’est donc pas question d’imposer à des croyants de vivre isolés de la société sans soutien. Les formes les plus radicales du monachisme ne peuvent pas exister sans que chaque moine en ait exprimé librement le désir. Dans le désir des cœurs, Dieu peut se faire présence pour dépasser le cœur pour Celui de Dieu. Le témoignage de Claire Vajou est intéressant car il ne montre pas seulement la lumière de la vie des Hésychastes. Il montre aussi les souffrances d’ombre, Satan, comme le fait l’image célèbre de la Bible du diable. La Bible du Diable était destinée aux moines du couvent bénédictin de Podlazice qui luttaient pour faire reculer Satan. Comme Louis Massignon le disait pour Hallaj, quand Dieu quitte ses saints, ils sont plus petits que des enfants. Le moine ne détruit pas son ombre. Carl Gustav Jung écrit justement : « L’oppression pure et simple de l’ombre ne constitue pas plus un remède que la décapitation ne guérit la migraine ; d’autre part, détruire la morale d’un homme ne serait plus d’aucun secours, car cela tuerait son meilleur moi, sans lequel l’ombre elle-même n’aurait plus de sens. Dès lors la réconciliation de ces contraires est un des problèmes les plus importants qui soient, et déjà dans l’Antiquité elle a préoccupé certains esprits »[8]. Comme je l’ai déjà dit dans Le manifeste des terres à blé la morale est une nécessité car l’inconscient se libère dans la conscience et l’inconscient se recrée chaque jour avec la vie. L’inconscient détermine certains actes. La mutation perpétuelle de l’inconscient est liée à la vie. « Bien prétentieux serait celui qui croirait connaître son inconscient quand celui-ci se renouvelle sans arrêts dans la relation »[9]. Sachant que l’inconscient échappe à notre liberté, la morale et l’initiation qui accompagnent la vie sont les objets de la liberté. « Peut-être l’initiation, la morale sont-elles des solutions à mettre en avant pour espérer trouver une unité intérieure »[10]. « Même si nous étions sur le sommet le plus haut qui soit, nous ne serions jamais par-delà le bien et le mal et plus nous connaitrons l’inextricable entrelacement du bien et du mal, plus notre jugement moral deviendra incertain et trouble. »[11] Cette phrase tient compte du fait que l’élévation ne dispense pas du mal. En effet, la vie monacale n’échappe pas plus au mal que le fondamentalisme religieux issu d’un monothéisme sévère. Au contraire, les moines combattent souvent le diable. « Chez les moines, les images qui servent de tentation viennent de leur propre mémoire et de leurs rêves. […] Mais nous avons l’habitude de combattre le diable »[12] Et l’image dans La bible du diable le confirme, les moines sont familiers du diable. Par contre, la connaissance de l’entrelacement du bien et du mal ne me semble pas au cœur de la problématique. L’inconscient nous est inconnu et cela nécessite réflexion. La conscience ne peut pas tenir compte de toutes les petites impulsions de notre sensibilité humaine[13] sans tomber dans l’autisme. En faisant des efforts, l’inconscient se dévoile dans une lutte montrant le « bien suprême »[14] et le mauvais. Il se reconstruit avec les joies et les souffrances, la sensibilité de l’instant d’où l’importance de préserver cet instant. Quelqu’un qui vit entouré par la violence ou la débauche aura un inconscient marqué par son milieu et ses actes en seront affectés. Une éducation dans un pays en guerre peut déterminer l’enfant et ralentir le retour à la paix. La ligne entre la conscience et l’inconscience fait mesurer à l’homme sa fragilité naturelle. Ce n’est pas dans le dévoilement que l’on perd la notion de bien et de mal. Mais la nécessité de rejeter le mal vient dans la recherche consciente d’une vie saine, protectrice de l’inconscient et de ses actes qui ne passent pas par la conscience. En effet, il est impossible de décapiter l’ombre sans tuer le « bien suprême »[15]. Le conflit du bien et du mal n’est pas remis en question mais il se pense sur la ligne de la conscience et de l’inconscience et non pas sur la ligne entre le sensible et le spirituel. L’inconscient et la conscience existent dans le spirituel comme dans le sensible ou dans l’intelligence dans tous les plis de l’humanité. La vie des moines qui s’isolent du monde est une forme de beauté car elle témoigne de la force de leur amour, mais elle ne leur donne pas de facilité par rapport au mal.

 

Au début de son livre Claire Vajou cite Odysseus Elytis : « Je considère la poésie comme une source d’innocence remplie de forces révolutionnaires. Ma mission est de concentrer ces forces révolutionnaires. Ma mission est de concentrer ces forces sur un monde qui ne peut admettre ma conscience, de sorte qu’au moyen de métamorphoses successives, je porte ce monde à l’exacte harmonie avec mes rêves. ». Claire Vajou réfléchit autour d’Athéna, et des anciens dieux de la Grèce quand les autres religieuses de son monastère ne connaissent rien des anciennes sagesses. 15 ans de vie avec une religieuse spécialiste de la Grèce antique ne semblent à aucun moment avoir attiré leur attention. L’ancienne Grèce est-elle considérée par les Grecs orthodoxes comme peuplée d’idoles païennes dangereuses ? La sagesse de Dieu pourtant a certainement voulu préparer les hommes à sa venue et pas seulement dans le monde juif où Dieu va participer de l’humanité. La sagesse des anciens, comme Platon, Aristote… apporte des opportunités d’avancer vers la vérité par les voies déjà ouvertes. La progression des hommes dans l’histoire est enrichissante car Dieu aime toutes ses créatures et éclaire ceux qui cherchent son visage. Dans les arbres des sagesses anciennes la flamme de Dieu est présente sans les consumer[16]. La philosophie ne concerne pas seulement la religion car elle est une science de la réflexion qui fait de l’homme un miroir de la création autant que de Dieu. La question du rêve et du merveilleux est plusieurs fois présente dans de façon allusive. « Moi qui était si avide de merveilleux, je n’ai jamais reçu la visite de la moindre apparition céleste, je n’ai jamais eu la moindre vision divine […] Taxiarchia, elle, raconte souvent ses songes à la réunion du dimanche. Elle voit fréquemment l’archange Saint Michel, le taxiarque dont elle porte le nom, investir les parvis de nos églises avec ses anges. »[17] Claire Vajou ne sait-elle pas que la présence de Dieu est infiniment subtile en nous et qu’elle respecte le buisson de notre intelligence sans le consumer ? Rarement la violence prévaut dans l’amitié de Dieu. Et pour cela les pas de Dieu sont petits et n’omettent aucun ciel. Sœur Taxiarchia canalise ses rêves vers Dieu. Quand Dieu parle à Claire Vajou, il le fait au travers de la sagesse, d’un dialogue conscient. Les deux sont possibles pour une même personne car le merveilleux passe par la sagesse et par notre imagination. Et à la rencontre des deux on trouve le mythe. L’exemple du mythe de Golem, vu plus haut, est frappant. Le mythe de la chouette de Claire Vajou est vrai dans l’importance de la connaissance, de la sagesse, et du travail de l’intelligence que représente le symbole de la chouette.

 

Conclusion :

 

Cette réflexion demanderait d’autres développements.

 

Le refus du rayonnement spirituel des laïcs croyants, le rejet de la religion créent un vide. D’autres religions se mettent en place plus cruelles et plus sévères que celles qui ont déjà une expérience des relations entre les institutions familiales, politiques, économiques, du maintien de l’ordre… De la vie des moines, nous retiendrons qu’il est important de savoir reconnaitre en soi les différents plis et le pli ascétique ne doit pas l’emporter chez tous les hommes de façon uniforme. Les choix libres de vie n’impliquent pas pour un croyant de nier le corps et le lien entre le sensible et le spirituel. Vivre le monothéisme comme mépris du corps et de l’art appliqué à la vie est dangereux. Se voiler, voiler sa beauté reflet de Dieu, pour pouvoir vivre sa religion de façon cachée en croyant ainsi respecter la laïcité est contraire au sens du mot religieux qui veut dire relation. L’étude de la vie des moines montre qu’imposer à tous les croyants et à tous les ordres religieux une confrontation directe avec le mal est contraire au bonheur que Dieu a voulu pour nous en offrant à l’homme de nombreux bagages, tout le virtuel présent dans la création, la vie sociale, professionnelle, familiale. Le virtuel constitue le possible, les richesses et bagages que Dieu donne pour vivre dans son amour. Tous les possibles ne s’actualisent pas mais ils sont agissants. Ces possibles devenus virtuels dans l’engagement permettent un rayonnement même si la vie n’autorise pas à les déplier tous.

 

« Ce qui est inné, selon Leibniz, ce sont les facultés de l’âme, « virtualités ou formes pures, attendant une matière qui doit leur être fournie par les sens externes pour constituer immédiatement les idées proprement dites », virtualités qui ne sont point de simples capacités réceptives » mais des dispositions d’une âme qui est une force et à qui « l’activité est essentielle »[18]. Les idées sont issues de l’acte de la démarche de l’écriture. La critique de Deleuze est qu’il y a une lutte pour l’existence morale dans le système de Leibniz. G. Deleuze écrit « En progressant, il donne des coups de pied aux autres. » Cours à l’université : âme et damnation[19]. G. Deleuze reproche à Leibniz, comme aux croyants du XX° siècle, de se damner mutuellement pour se frayer un chemin moral. La lecture de Leibniz ne contredit pas ce propos dans le chapitre de la Philosophie Cartésienne[20]. L’important est de pouvoir critiquer mais aussi reconnaître ce qui aujourd’hui encore constitue le rayonnement des pensées avec leurs limites et leurs richesses, la dimension archétypale de certains points communs.

 

La conscience et l’inconscient concernent tous les plis de l’humanité. De l’intelligence au plus large de la spiritualité, du sensible à l’activité de notre corps, nous vivons sans tout percevoir. La liberté est la possibilité de rejeter le mal. Elle est dans la recherche consciente d’une vie courageuse, protectrice de l’inconscient et des actes qui ne passent pas par la conscience.

 

L’engagement monacal n’est pas une voie plus facile vers la sainteté. Les moines qui pratiquent l’hésychasme suivent encordés la voie la plus courte mais aussi la plus abrupte vers Dieu. Il serait dangereux et mal intentionné d’imposer cette voie à quelques inconscients attirés par la beauté des paysages grandioses des âmes hésychastes.

 

De façon allusive ce texte porte en lui un questionnement sur le monothéisme. Les religions du livre sont toutes monothéistes. Abraham passe de Père élevé à père spirituel de la multitude. Dieu n’est plus dans la nature mais participe de l’homme qui en acceptant le ciel de la grotte étoilée participe de la nature pour la plus grande gloire de la création.



[1] Virgil Gheorghiu, Dieu ne reçoit que le dimanche, Plon, 1975, p. 169.

[2] Les chartreux ont pour règle de vivre séparés selon le statut n° 34.2 « Séparés de tous, nous sommes unis à tous car c’est au nom de tous que nous nous tenons en présence du Dieu vivant »

[3] Jean 3-16.

[4] Jean 17-18.

[5] Cosmas de Prague, Chronique des Bohémiens, Internet : historiens cosmas bohême, Préface.

[6] Freud, Au-delà du principe de plaisir, Essai de psychanalyse, Paris : Petite Bibliothèque Payot, 1981, p. 82 : « Il nous faut alors mettre les résultats effectifs du développement organique au compte d’influences extérieures qui le perturbes et le détourne de son but (L’état stable originel du sans vie). L’être vivant élémentaire n’aurait dès son origine pas voulu changer et, si les conditions étaient restées les mêmes, le cours de la vie n’aurait fait que se répéter toujours le même. »

[7] Claire Vajou, Iô, Paris : Odile Jacob.2010.

[8] C. G. Jung, L’âme et la vie, trad. Dr Roland Cahen et Yves Le Lay, Buchet/Chastel, 1963, p. 263-264.

[9] Monique Oblin-Goalou, Le manifeste des terres à blé, blog : moniquegoalouoverblog.be, conclusion.

[10] Monique Oblin-Goalou, Le manifeste des terres à blé, blog : moniquegoalouoverblog.be, conclusion.

[11] C. G. Jung, L’Âme et la vie, p. 266.

[12] V. Gheorghiu, Dieu ne reçoit que le dimanche, p. 192.

[13] C. G. Jung, L’âme et la vie, Buchet/Chastel, 1963, p.111 : « car la conscience avec sa raison nous a aidés à dominer l’espace, à soumettre le monde à notre volonté. Mais elle ne nous a point aidés à comprendre notre être propre, ce monde de l’infiniment petit, le microcosme en nous. Celui-ci est le secret que la nature humaine située au dessous de l’intellect, « l’homme d’en bas » en quelque sorte, pressent et connait parfaitement bien ; pour la conscience il reste un inconnu. »

[14] C. G. Jung, L’Âme et la vie, p. 267.

[15] C. G. Jung, L’Âme et la vie, p. 267.

[16] Cette démarche se retrouve dans l’œuvre de Anne Catherine Emmerick, La vie de la Vierge Marie.

[17] Claire Vajou, Iô, books.google.fr, 2011.

[18] Henri Gouhier. Les conversions de Maine de Biran, Paris, Vrin, 1947, p. 11.

[19] G. Deleuze, C.D. Cours à l’université, âme et damnation, Gallimard, 2003.

[20] G. W. Leibniz, Discours de métaphysique et autres textes, Paris : Flammarion, 2001, pp 177-187.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:24

De la terre et de la nature à la lumière en hommage aux chemins de Simonne Roumeur et aux poètes des lumières des sagesses orientales.

 

·         De la lumière à l’ombre :

 

de Nicolas Dieterlé,

 

La Pierre et l’oiseau

 

La poésie est cet oiseau

Qui se pose sur l’appui de la fenêtre

Et te regarde de son œil cerclé

De vert et de bleu

Rien ne résiste à sa perspicacité

Pas même toi

Qui te veux opaque cerclé de Dur.

 

·         De l’ombre à la lumière :

 

de Monique Oblin-Goalou,

 

La poésie est cet oiseau

Pour lequel rien ne résiste à sa perspicacité

Pas même toi

Qui te veux opaque

Et cerclé de dur.

 

Il se pose sur l’appui de la fenêtre

Et te regarde de son œil cerclé

De vert et de bleu.

Ses irisations sont la porte

D’un autre ciel plus grand qui éclaire tout,

Alliance de la présence de l’enveloppe divine

Arche du tour de nos cœurs.

En retournant l’arc des couleurs,

Le vaisseau lumineux

T’emporte sur l’onde soyeuse

Des plumes légères

Du voile fin de la lumière partagée,

Comme le pain du ciel,

Sans limites.

Les aimants sont là

Imprécis à nos yeux dans la mandorle

De leur présence amoureuse.

Leur amour me frôlait,

Entre reproche et chemin de vie,

Sentinelles de Dieu

Aux abords des chemins des hommes.

 

Dans la fraction du temps de ma pensée,

J’ai vu l’oiseau et la fenêtre

Devenus symboles des amis de Dieu.

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:23

La peste bumonique,

    Casse pieds vers la sagesse,

 

 

Il a bu Monique jusqu’à la lie, s’est perdu dans son île.

Cette peste vêtue jaquette couleur lie de vin,

Car qui a bu boira les leurres qui sont des moulins

Sans brise du pauvre qui pensa, devenu rejeté débile ;

 

La vie des ordonnés, La vie des penseurs,

La vie des militaires, des particules exacerbées,

Pauvre poésie du Mal armé, la poésie des mal aimés

Sang chaud dans le désert brûlant des sans sœurs ;

 

De Drogo dans la tente, attente protectrice de l’hypocrisie,

De l’autre côté du fort dans la nuit étoilée grotesque

Des kaléidoscopes des sols orientaux se géométrisent en fresques

La gloire sous le haut vent des Huns aux multiples facéties

 

Volent âmes éthérées mangeurs de champignons

Pilleurs des vivants des terres libertés

Le ciel sensible les penseurs de l’aimé

Qui de la grotte à l’oiseau oublient l’illusion.

 

Des geôles anodines au soleil Arabî

Les fils d’Abraham Joseph à tard à l’âge

Al-Ghazali des oiseaux aux sages

Firent d’aussi grands et riches voyages

 

Par l’imagination réelle des nez amis

Les princesses ruches béantes des jasmins

Dont la beauté est pourpre ailée du chemin

Aux lumières fleuries de Sohrawardi

 

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