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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 12:56
Oeuvres réalisées par les enfants de l'Ecole Joli Bois à Bruxelles (Woluwe Saint Pierre)
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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 12:38
Le modelage de cette vierge est inspiré de la vierge de l' église de Notre Dame de la Route blanche. Cette église est construite aux portes de Genève. On y voit la vierge qui fuit les persecutions.
Le modelage de cette vierge est inspiré de la vierge de l' église de Notre Dame de la Route blanche. Cette église est construite aux portes de Genève. On y voit la vierge qui fuit les persecutions.
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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 07:55
Album - Oeuvres-conference-Simonne-Roumeur-le-30-avril-2010
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Album - Oeuvres-conference-Simonne-Roumeur-le-30-avril-2010
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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:44

C.  Les acteurs, la famille et les images de la nature, L’iconal et l’imaginal

Les rêves de Simonne Roumeur sont peu connus de sa famille, mis à part André son mari. Et pourtant elle réalise ce travail pour que ses enfants ne soient plus inquiétés par la richesse de leur sensibilité.

Les acteurs des œuvres et des poésies de Simonne sont de deux types. Dans les tableaux, ils prennent la forme de plantes, d’animaux, ou de personnages proches d’homoncules. Dans les poésies, les personnes du père, de la mère et de l’enfant apparaissent. Ils sont à rapprocher de la vie de Simonne Roumeur. Mais surtout, ils ressemblent aux plis de son âme.

Françoise Dolto  dénonce l’intervention castratrice dans Psychanalyse et pédiatrie (Seuil, 1971, p. 89). Elle a raison sur les difficultés que pose le pouvoir castrateur de la famille, mais dans le pouvoir castrateur de la famille l’enfant ne trouve-t-il pas l’impulsion pour se lancer hors du nid, s’isoler au grenier et construire sa personnalité? Cet éveil n’est pas sans difficultés et souffrances et toujours à reconstruire un peu comme le cycle de l’ouroboros. Les cercles que l’homme enfant ou adulte se construit dans ses relations est enrichissant et toujours à dépasser. La négation qui se crée dans la prise de conscience de la différence ne devrait pas se traduire par un rejet de l’autre mais par l’acceptation de cette différence.

L’enfant prend plusieurs sens dans l’œuvre de Simonne Roumeur. L’enfant est sa conscience, l’esprit qui l’anime, sa démarche créatrice.

Simonne décrit son âme comme composée de différents personnages.

La connaissance de l’âme passe par des rapprochements avec les différents âges de l’homme. L’enfant, la jeune fille, la mère, le père se retrouvent dans tous les rites d’initiation à la connaissance de soi. Les sages de l’Iran ancien, Avicenne, les contes de fées, la psychologie, par exemple l’analyse transactionnelle, décrivent la personne au travers de personnages.

Dans l’analyse transactionnelle, l’enfant est insouciant, pas très sérieux. L’adulte est la personne qui s’est faite. Le parent est celui qui commande. En poésie et dans l’œuvre de Simonne Roumeur, l’enfant est la capacité à voir au milieu du monde ce qui peut faire origine à la présence spirituelle. L’enfance est alors observation de l’entourage et appropriation intellectuelle par retournement de ce qui crée une angoisse.  L’analyse transactionnelle a des prétentions en entreprise et comporte un danger dans sa vision négative du personnage psychologique de l’enfant. Met-elle assez l’accent sur les aspects positifs de créativité de ce pli de l’esprit?

Et justement, c’est ce que l’on ne trouve pas chez Simonne qui ne nie aucun des plis de son âme et travaille chaque jour à faire renaître son enfant.

Toutes les images de Simonne existent en double et véhiculent angoisse et sérénité. Pour reprendre vie, la reconquête de sa personnalité est à refaire à chaque difficulté, intoxication, cancer, oppositions familiale, institutionnelle ou amicale.

« Mon enfant marche dans l’Espace temps

De la ville d’Avant

Et s’écrie approchant de la fenêtre

« Maman dans la maison de l’Ancêtre

Il y a une guêpe-maçonne »  Œuvre 261 : Soleil du premier matin.

La guêpe pique, seringue, mais elle est aussi maçonne. Elle pique l’araignée qui tissait un arbre généalogique. Le poison est transformé en sérum. Les difficultés des ancêtres deviennent la source d’inspiration de la connaissance de soi.

Simonne se situe dans l’imagination, la pensée immédiate, dans les rêves. Blanchot (après André Breton) écrit : « l’écriture automatique est une aspiration orgueilleuse à un mode de connaissance… En levant la contrainte de la réflexion, je permets à ma conscience immédiate de faire irruption dans le langage. » (Catalogue, La révolution surréaliste, Centre Georges Pompidou, 6 mars 24 juin 2002, p. 42.)

 

Œuvre 185 : GLOSSAIRE, 3 janvier 2000

Les animaux que l’on rencontre le plus souvent dans les tableaux de Simonne ont deux aspects. Comme l’abeille, la guêpe ou le serpent, ils peuvent piquer faire mal ou faire peur. Simonne retourne l’angoisse de ses rêves pour chercher l’aspect positif qu’ils portent en eux.

La vache s’associe à la vacherie, une méchanceté, l’âne à l’ignorance. Mais l’image mentale est retournée et dans ses tableaux, l’âne et la vache sont l’ignorance, la naïveté nécessaires à l’écoute des autres.

Une réflexion se met en place à partir des intuitions de la pensée immédiate.

Par exemple, la chenille est magicienne, participante à la transformation de l’esprit. La chenille devient papillon; la guêpe est un être de feu qui allie collectif et individuel.

D.  La magie de l’image peinte, le texte et les rêves de la nuit.

Suite à son intoxication, Simonne Roumeur avait des problèmes de sommeil et faisait des rêves. A la description que Simonne faisait de ses rêves, il s’agit, selon moi, d’hyper-rêves. Si ce sont bien des hyper-rêves, ces rêves sont hyperréalistes et montrent les choses dans les moindres détails. Ils marquent beaucoup l’esprit.

Simonne rêve et s’inspire de ses rêves pour ses créations. Simonne n’est pas la première artiste à travailler ainsi. Hélène Cixous compose aussi avec ses rêves.

Hélène Cixous est née à Oran en 1937. A 10 ans, elle perd son père. Elle dit : « Je ne crois pas au travail de deuil dont parle la psychanalyse. On ne doit pas enterrer, on doit retenir l’être qui est parti. Il m’arrive de retrouver mon père en rêve… » « En général, on oppose tristesse ou joie, mémoire ou oubli, vie ou mort. Alors que la plus forte de nos expériences psychiques, le rêve, se passe là où les contraires se mélangent ». (Hélène Cixous in Télérama 10 janvier 2007.)

En effet, nous avons vu que les images mentales de Simonne Roumeur sont bifaces.

Simonne Roumeur rêvait la nuit. Les images et les sons de ses rêves étaient très réalistes. Elle était heureuse de ses rêves. A partir de ses rêves, elle dessinait au mieux, prenait des notes, faisait quelques recherches de vocabulaire, écrivait des poèmes parfois long de dizaines de strophes! Ensuite, elle choisissait quelques strophes pour accompagner son travail à l’acrylique.

Il me semble intéressant de prendre des exemples: André m’a remis des passages de ses notes décrivant les rêves.

- 1er exemple : Le rêve de l’abeille

Œuvre 264 : PRINCESSE MESSAGERE

« L’ouverture est nette et noire à l’intérieur. J’ai du mal à retrouver= un bruit peut-être comme la lumière d’un flash, parce-que ça passe comme une flèche - peut-être une pensée aussi.

Ca vient du milieu – du fond de la réserve et file donc invisible sur le coté gauche – par rapport à moi – s’évapore dans l’atmosphère.

Dans le même temps – du même endroit sort – même allure sur le côté droit – dans l’espace vide formé avec la véranda – une abeille. Dans cet espace – au plus haut du mur – elle virevolte – presque sur place – le temps d’une danse – fraction d’instants – où elle forme comme un trajet de volutes (?) – comme une arabesque invisible – elle disparait son travail achevé.

Non, en même temps qu’elle l’achève – re-bruit, - re-lumières de flash sur la gauche, et reabeille qui sort – rejoint la première (dur à décrire!) – Côte-à-côte une fraction de seconde – Une volute – la nouvelle arrivée prend le relai – la première par le vide de l’arrière.

Rebruit – lumière flash – la première abeille à nouveau sort et recommence la scène – éternelle – sans interruption – par fractions de temps absolument identiques – sans failles – Un chef-d’œuvre d’organisation – de production sans doute.

Je commente au fur et à mesure ce que je vois à celui qui est à mon côté. »

La ruche est-elle image de maternité?

La réserve est-elle l’inconscient, la fente noire sans lumière ?

Dans la réserve, se trouvent les fruits de l’automne stockés pour l’hiver pour que la cuisinière puisse produire des gâteaux, produire du miel?

E. La femme dans l’œuvre de Simonne Roumeur

- Deuxième exemple : Le rêve de la femme

Ce rêve se réalise en trois images qui viendront en plusieurs jours:

- Le tremble image de la peur ;

- Le 3° Œil image de la connaissance ;

- Le paon image de l’épanouissement de la femme.

Œuvre 032 : LE TREMBLE, 28 janvier 1995

« Tant pis le résultat est incompréhensible pour tout le monde mais j’assume ma folie. Je suis même contente. Une espèce de provocation » (propos relevés dans les notes prises après les rêves).

Notons les associations de sens entre l’arbre le tremble et les tremblements de la peur.

Œuvre 033 : Œil BLEU TROISIEME ŒIL, 03 février 1995

« Mes deux dernières peintures Théâtre, Pipe, ne peuvent être comprises = « bizarre »

Depuis 2 nuits à peu près – mon troisième œil revient. Je suis contente - Je me dis il est là - ça n’est donc pas en passant – ça me rassure – « laisser faire ».

Un œil – des fleurs – depuis longtemps j’ai envie de faire de myosotis – je ne vois pas comment.

Je crayonne quelques myosotis (j’en ai tous les ans dans mon jardin à l’état sauvage) un œil dedans.

Ca évolue 2 3 jours – si j’y arrive au bout c’est bien sinon je verrai.

Je sais que ça c’est vraiment sortir ce qui n’est pas ordinaire – je peux le faire = assumer.

C’est ce qui est bien avec la peinture je peux dire ce que j’ai envie sans expliquer – je dis que c’est rien la liberté d’interprétation »

Œuvre 137 : FEMME, 15 mars 1997

Dans la reprise de ces notes, le rêve alterne avec l’état de conscience. La conscience de Simonne se saisit de la pensée immédiate par allitération, association d’idées, de sons, et de nouvelles images apparaissent.

9 mars 1997 : « Très vite je fais marche arrière sur l’image – et c’est beau – comme un patchwork peut-être – tout vert – fait de nuances de vert – nervuré de traces noires très fines – superbe – Vivant – je le retiens pour l’enregistrer – Il s’en va – Je réalise que c’est une peinture que l’on me montre – je ne vois pas exactement – comme il est parti je demande à le revoir – Ca revient – une image rapide – le temps de voir – au centre du vert – un oiseau tout vert. »

Simonne se pose alors des questions, recherche.

« Une représentation de la femme? Le chemin de la femme – la vie de la femme … Ne me dit-on pas la difficulté de la femme à être reconnue dans le monde même par ses pairs écrivains? Est-ce qu’il y a longtemps, Hildegarde serait une exception?

Hallegot = Saule en rapport avec la mort = pleureur

Symbole pour Hermes de la loi divine = éternellement vert puis par saint Bernard en rapport avec la vierge.

Comme ça se passe au téléphone – directement à Dieu alors? Et qu’on me dit que je dois avoir une carte gratuite pour téléphoner… remerciement… Je ne vois pas.

Sauf que tout ça fait un et je me dis: La fête de la femme – hier je me disais – tiens rien fait cette année – l’an dernier, la vache qui rit, la pie – et voilà – je ne sais pas si c’est réalisable – mais, je vois le pourquoi – ce patchwork de vert = féminité, immensité de la femme dans le monde – Oiseau = symbole de l’âme – féminin – Représenter l’oiseau bleu, vert – toutes les nuances comme mes dernières peintures – L’Ame de la femme dans le monde – la même âme – le corps, la race, qu’une apparence! »

On voit que Simonne Roumeur travaille sur plusieurs images mentales. Elle se pose des questions.

Citons quelques artistes dont l’œuvre peut permettre des rapprochements avec celle de S. Roumeur :

-    Geneviève Asse (née en 1923) est une peintre bretonne. La couleur bleue se retrouve dans les œuvres de Simonne Roumeur.

Même si elles ne se connaissaient pas, le bleu de la Bretagne est commun aux deux peintres.

-    Dans l'autoportrait de Frida Kahlo, Femme souffrante, 1944, la portraitiste prend comme objet son corps brisé à la suite d’un accident de tram. Comme pour Simonne, dans la peinture elle trouve le moyen de s’exprimer et de dépasser la douleur, de la vivre et d’exprimer sa révolte.

La colonne vertébrale unit l’esprit et le monde qui nous entoure. La colonne brisée est l’âme à reconstruire.

Simonne Roumeur n’est pas la seule à prendre son  corps pour s’exprimer. Nous n’avons pas abordé certains tableaux de Simonne Roumeur qui montrent des parties de son corps atteints par le cancer.

-    Comme Louise Bourgeois, Simonne Roumeur explore son inconscient. Le résultat n’est pas le même! Louise Bourgeois a un parti pris différent. Elle s’intéresse aux peurs liées aux images de la pensée immédiate. Elle réalise des images intéressantes pour les décors de cinéma, la connaissance de la sexualité féminine…

Simonne Roumeur travaille avec les images entre l’inconscient et le conscient pour que l’on cesse d’avoir peur des images qui sortent du rêve ou de l’écriture automatique, les images de la pensée immédiate. Grâce à elle, les archétypes de la pensée ne font plus peur. Ils appartiennent aux plis de l’âme que nous avons tous en commun. Les connaître permet d’échapper à l’inquiétude, permet de savoir que tous les hommes partagent ces mêmes images mentales, ces archétypes. Comme le visage comporte un nez, des yeux, une bouche, des oreilles, Simonne décrit de façon familière le visage du plan entre le conscient et l’inconscient.

Conclusion

Dans les Alpes, les bergers ont accroché des lampes sur leurs brebis. Alors les troupeaux se sont mis à briller dans la montagne. (Ces images sont accessibles par Internet).

En nous se cachent des richesses. La lumière est en chacun.

Si l’inconscient reste voilé, car il est mouvant et toujours modifié par la vie, comment garder la liberté ?  Une réponse est peut-être dans le respect de la morale. Mais comme la réalité est toujours un peu dégradée, une autre réponse est peut-être dans le travail sur soi par l’image.

Les archétypes de la pensée de C. G. Jung sont l’expression de la reconstruction de l’âme. Elles sont parfois l’outil du médecin, mais avant tout du poète, de ceux qui ont choisi de vivre leur vie en poète. 

Certaines images mentales sont dangereuses. Elles sont décrites par Sigmund Freud et relèvent de la médecine légale.

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Published by Monique Oblin-Goalou - dans Conférence
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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:00

LES CHEMINS DE SIMONNE LOAËC ROUMEUR

L’IMAGE POSITIVE

Conférence donnée par Monique Oblin-Goalou le 30 avril 2010 à 12h30

Bibliothèque 1001 pages, Place de la reine à Bruxelles (Schaerbeek)

  Nota: les oeuvres auxquelles il est fait référence dans cette conférence sont reproduites dans un dossier de "mes images".

Je remercie la bibliothèque 1001 Pages, représentée par Monsieur Dessicy, et le musée d’art spontané, dont la responsable est Madame Catherine Schmitz, d’avoir organisé avec moi cette exposition qui réunit 88 œuvres de Simonne Loaëc Roumeur.

En 17 ans, Simonne Roumeur a peint plus de 537 tableaux et écrit de nombreuses poésies. Grâce à ses tableaux l’âme n’est plus réservée qu’aux initiés. La mère, l’enfant, le père, ses ancêtres se transforment dans ses pensées en personnages mythiques qui s’associent aux plis de l’âme. Son travail, la façon dont son âme s’est construite au travers de sa famille, son milieu culturel et religieux, ses enfants, sa maladie, ce microcosme terrestre est retourné dans une prise de conscience pour la liberté de dépasser sa maladie et de vivre. Sa peinture témoigne de son bonheur de vivre tout simplement.

Œuvre 253 : NOURRITURE REGENERATRICE - MATIERE PRIMORDIALE

L’œuvre de Simonne permet une meilleure connaissance de la relation entre la conscience et l’inconscient.

Simonne a commencé ses premiers tableaux au crayon puis, elle ajoute des couleurs à l’aquarelle ou aux crayons de couleur. Finalement, elle peint à l’acrylique sur carton toilé. Elle ne commence pas par un fond. Elle dessine au crayon puis remplit chaque espace de couleurs.

Je propose une réflexion en 5 parties :

A. L’œuvre de Simonne Roumeur est une alchimie.

B. L’unité intérieur et avec les autres est toujours à refaire.

C. Les acteurs de la famille et les images de la nature, l’imaginal et l’iconal

D. Quels lien entre l’image peinte, le texte et ses rêves?

E. Nous aborderons enfin le thème de la femme dans l’œuvre de Simonne Roumeur. (Simonne décrivait tous les jours ses rêves par écrit. Il existe donc de grandes quantités d’écrits. André a choisi quelques textes en rapport n° 264 Princesse messagère et La Femme n°137).

 

Simonne est née à Bohars, le 12 août 1939. Sa vie est engagée entre ses enfants, le travail, des associations de travailleuses familiales. Elle participe à la vie du Relecq Kerhuon, petite ville du Finistère en Bretagne (France) comme élue municipale. En 1990, sa vie bascule suite à une intoxication par des produits chimiques. Son sommeil devient rare. En 1994, après une désintoxication éprouvante, Simonne se réorganise progressivement grâce à la peinture et à l’écriture. Les médecins lui font faire des recherches généalogiques et elle débute l’écriture automatique. Mais son écriture automatique se manifeste, pas seulement par des poésies, mais également par des dessins. La recherche généalogique lui fait redécouvrir le rôle et les contradictions des familles. Il y avait blocage dans la désintoxication. Grâce aux recherches généalogiques, Simonne Roumeur a pu reprendre le  traitement en connaissance de tous les éléments. Elle commence alors à rêver. Les rêves envahissent ses nuits. Et pour reprendre possession de sa maison, elle écrit et elle peint. André Roumeur, son mari, la soutient.

A. L’œuvre de Simonne Roumeur est une alchimie ; elle est l’origine d’un retour à la vie

C. G. Jung, dans Racines de la conscience, p. 537, écrit: « L alchimie a perdu sa substance vitale propre au moment où une partie des alchimistes a émigrés du « laboratoire » dans l’ « oratoire » et une autre, du second dans le premier, les uns pour s’égarer dans un mysticisme de plus en plus vague, les autres pour découvrir la chimie (…) et personne ne s’inquiète du destin de l’âme… »

Simonne désirait que son travail puisse servir à d’autres pour une meilleure connaissance des rapports de l’inconscient et du conscient. L’inconscient, comme inconnu, fait peur. Quand des images viennent directement de l’inconscient, elles sont inquiétantes. Simonne expose et écrit pour montrer que les images peuvent être apprivoisées.

Pour renforcer son âme, elle passe à chaque fois par plusieurs étapes.

 

  • Première étape : Se réserver des forces

Au départ, la vie est simplifiée pour mieux réserver les forces pour lutter contre la maladie et la tristesse.

Œuvre : LE TAS DE BOURRIER

Le tas de bourrier n’est pas à mélanger avec le tas de fumier qu’il y a au fond du jardin potager. Le tas de bourrier se trouve au fond du jardin et se compose de tous les objets qui n’ont plus d’utilité, tout ce qui encombre.

La première démarche est de laisser de côté les incitations extérieures qui rendent la vie compliquée, (portable, TV, voiture…)

Tas de bourrier l’illustre, faire le vide en soi pour réunir son énergie.

  • Deuxième étape : Pour réunir son énergie

Œuvre 427 : ROI DE LA NATURE, 05 mai 2004

Simonne Roumeur s’intéresse à la sagesse de Carlos Castanéda (péruvien né en 1925, mort en 1998) qui s’inspire de la mystique indienne américaine. Contrairement à Simonne Roumeur, C. Castanéda  est élitiste, la connaissance n’est accessible qu’à certains élus. Simonne Roumeur n’utilise pas de drogues, comme Carlos Castanéda. Elle se soigne pour vivre et son art sert, au départ, à surmonter les désorganisations de sa personnalité, issues de la maladie et des effets indésirables des soins.

Cependant, Carlos Castanéda l’intéresse pour ses recherches d’énergie. Pour lui, les fibres lumineuses constitutives de l’univers émanent d’une source unique: « l’Aigle ». On retrouve cette mystique indienne dans des feuilletons bien connus comme MacGyver. Ce thème est repris de façon poétique dans Avatar.

« Mon esprit vidé de peurs viscérales   J’ai ticket-bonus pour ma Vie   Délivrés par le roi de la Nature   Pour que vivante ma création perdure.   Mésange bleue porte le message au grand Sage   Voguons sereine et joyeusement   Sur la route des troubadours   Dispensateurs d’Amour. »

  • Troisième étape : Le retournement du corps et des sentiments et affections

Œuvre 100 : ARBRE DE VIE FLEURI, 18 août 1996, la sortie de l’esclavage

L’oiseau représenté est un pélican, selon André, mais quelqu’un m’a fait remarquer que ce n’était peut-être pas un pélican mais un autre oiseau que je ne connais pas et qui fait un peu peur. Cet animal est l’image agissante de l’inquiétude qu’il est nécessaire de surmonter devant ce qui n’est pas familier.

S. Roumeur commence son œuvre avec la vie de ses anciens, c’est-à-dire ses ancêtres puisqu’elle fait un arbre généalogique. Dans Arbre de vie fleuri, au pied de l’arbre, on voit le crocodile, l’éléphant… Ce sont les anciens, ceux qui ralentissent le retournement.

L’épée est l’instrument du retournement du sensible et des sentiments vers le spirituel. L’image mentale de l’épée dans l’Apocalypse, dans Roméo et Juliette de Shakespeare (Roméo respecte celle qu’il aime et place son épée entre eux), dans la mort de Jésus, est l’instrument de la justice, de la résurrection, du retournement. L’épée donne la vie (sang). L’œuf, l’œil sont la connaissance. Le serpent est dans le caducée, la médecine. Au désert, il délivre le peuple juif des fièvres du désert. Le poison est vaincu par le poison.  Grâce à la médecine, S. Roumeur fait l’unité de son esprit et de son corps. Et surtout, son esprit domine son corps car la médecine soulage le corps. Donc, tout commence avec le corps mais tout finit dans l’amour en passant par le retournement des sentiments. Dans le renoncement au cœur, comme pour le corps, les sentiments ne sont pas détruits mais purifiés.

L’arbre de sa vie peut donner des fleurs.

Elle remet son corps en état, elle remet ses sentiments en état pour qu’ils soient transparents. Le serpent est à rapprocher de l’ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Cette image est un archétype de la pensée humaine pour exprimer le cycle de l’individualité dans le tout. L’arbre de vie Fleuri correspond à une image mentale que l’on doit à Zosime de Panopolis vers 300 après J.C.

  • Quatrième étape : Le vide de l’âme des mauvaises pensées, jalousie, désespoir, inquiétude, regard des autres…

Œuvre 288 : BASILIC, 09 août 2000

Comme nous l’avons vu dans Arbre de vie fleuri, il est nécessaire de dépasser ses sentiments. C. G. Jung, dans Les racines de la conscience, réfléchit sur les visions de Zosime (pp. 192,193n-195). Il y décrit les archétypes de la pensée qui s’expriment de façon simple dans l’œuvre 288 : BASILIC. Le meurtre du dragon est un emblème de la Chimie au Moyen Age. Ainsi la parole, le logos, est l’épée de la mise à mort. Une mort, comme dans le cycle de l’Ouroboros, permet une résurrection. Comme dans le Ion de Platon, on assiste à la mort de l’orateur pour une résurrection.

L’ouroboros représente l’inconscient qui, comme le dragon (le lézard), aime à se tenir caché dans les failles des murs, les lieux ténébreux. L’inconscient doit être sacrifié, purifié, pour posséder la connaissance consciente. Le héros tue le dragon et l’issue est marquée par un levé de soleil. (inspiré de C. G. Jung Les racines de la conscience, Buchet/Chastel, 1971, p. 201.)

« Spectre terrifiant

Il met en charpie mon enfant.

Ma pensée, serions-nous vouées

A ne jamais nous exprimer? 

Porté par l’audace, mon regard,

Du bleu du ciel perce le noir

Et débusque dans un déclic

Un monstre basilic.

Squatter de mon inconscient

Il annihile la personnalité de mon Enfant.

Vide de pourriture ses entrailles

Ne sont plus l’obstacle aux merveilles. »

S. Roumeur a peint un monstre basilic et du basilic.

Simonne aime les jeux de mots, les rébus. En perçant le « monstre basilic », elle remet à sa place la paternité de son entourage pour trouver la sienne. Le dragon est aussi le corps qui fait obstruction par ses défaillances à la pensée. Son esprit reprend chaque jour possession de son corps. Il y a le tas de fumier et le basilic. S. Roumeur garde le basilic. Le dragon ne meurt pas, il se libère de ce qu’il contient de pourri.

« Vide de pourriture ses entrailles

Ne sont plus obstacle aux merveilles.

Leur énergie donne vigueur

Aux plantes en fleurs. »

Dans la poésie, on parle du saurien. En réalité sauriens s’écrit avec un s et est un nom masculin pluriel. Il vient de « saura » ou « sauros », en grec lézard. Il représente l’ordre des reptiles autant serpents que lézards. Par association et ressemblance des mots « saura » peut se rapprocher de « ça se saura » et exprime l’inquiétude à dépasser.

 

  • Cinquième étape : Image de la renaissance

Œuvre 261 : SOLEIL DU PREMIER MATIN, 14 octobre 1999

Après les différentes étapes du cycle de l’initiation, l’âme s’éveille.

Les deux cubes d’énergie sont peut-être les deux étapes précédentes:

-          Le retournement du corps ;

-          La purification de l’âme, mauvaises pensées, jalousies, désespoir, peur du regard des autres…

André Roumeur, puis l’un de ses fils m’ont dit plusieurs fois que cette image correspondait à l’un des épisodes les plus sombres de la vie de leur maman et de leur famille.

A chaque fois que Simonne Roumeur peint ou compose des poèmes, elle reprend toutes les étapes, sans omettre aucun ciel, ni celui de corps, ni celui de l’affection familiale. Ici, le contraste est particulièrement marqué entre l’ombre de la vie ancienne et la lumière de l’éveil.

Je remercie la famille de Simonne d’avoir rendues accessibles ces richesses.

-          Sixième étape : L’énergie retrouvée

Œuvre 369 : ENERGIE SOLAIRE, 5 novembre 2002

Le monde est transfiguré une fois l’œuf ouvert et que l’on a accès au jaune, image de la lumière.

« L’œuf fécond de mon univers

Reflète l’énergie solaire.

L’œil de mon cœur

Illumine ma pensée intérieure. »

Il y a proximité d’identité entre l’Ouroboros et l’œuf, il correspond au « liquide splendide » (expression reprise dans les racines de la conscience de C. G. Jung), le jaune au monde physique, microcosme ou monade.

B.  L’initiation et la relation aux autres est toujours à recommencer, l’Ouroboros

« L’œuf fécond de mon univers   Reflète l’énergie solaire.   L’œil de mon cœur   Illumine ma pensée intérieure.   Le patriarche de ma maison   Pourvoit à mes connections. »

 

En alchimie, l'ouroboros est un sceau purificateur. Il symbolise en effet l'éternelle unité de toutes choses, incarnant le cycle de la vie (naissance) et la mort. On doit à Zosime de Panopolis, le premier grand alchimiste gréco-égyptien (vers 300) la fameuse formule :

« Un [est] le Tout, par lui le Tout et vers lui [retourne] le Tout ; et si l'Un ne contient pas le Tout, le Tout n'est rien (Ἓν τὸ πᾶν καὶ δι' αὐτοῦ τὸ πᾶν καὶ εἰς αὐτὸ τὸ πᾶν καὶ εἰ μὴ ἒχοι τὸ πᾶν οὐδέν ἐστιν τὸ πᾶν). »

Tout ce développement un peu compliqué veut dire que le travail sur son âme est toujours à refaire. Chez Simonne Roumeur cela est net. Les figures du travail sur son âme se répètent 537 fois.

J’ai choisi Ame de la Pierre et Tête à l’envers pour montrer que son travail vise aussi à changer le monde et son entourage.

(Le chimiste August Kekulé a toujours affirmé que c'est un anneau en forme d'ouroboros qui a inspiré sa découverte de la structure du benzène, modèle qui lui aurait été inspiré par la vision onirique d'un Ouroboros. D'où son exhortation célèbre à ses collègues : « pour comprendre, apprenons à rêver! »).

Œuvre 476 : AME DE PIERRE

(C. G. Jung, p. 199) Le dragon s’enfante lui-même.

La tête est le siège de la conscience. Le dragon est la montagne d’où émerge la tête.

Comment dominer son inconscient? Le bus, en bas, est l’image du « train social », mot de Simonne rappelé et répété par André Roumeur. Simonne Roumeur est consciente du rôle que son œuvre peut jouer pour le groupe social, pour le progrès spirituel de tous.

« Comment rester insensible   A la détresse ostensible?  Pour laver les pleurs   Des vies mitées de douleur   L’âme de la pierre   Lève sa colère,   Dresse le phallus de la roche   Pour vivifier ce qui cloche   Et donner virilité    A l’être en perte de stabilité.   Ma pensée se met à l’ouvrage   Pour que se réalise le sauvetage »

 

Œuvre 508 : TETE A L’ ENVERS, 07 juin 2006

(Les racines de la conscience, pp. 150, 202). L’arbre est croissance spirituelle et retournement. Comme l’orchidée, S. Roumeur trouve sa nourriture dans le monde spirituel.

L’arbre renversé est un archétype de la pensée. C. G. Jung, dans Les Racines de la conscience, y consacre un chapitre : L’arbre renversé.

Le petit esprit que l’on voit au col de l’arbre est l’enfant qui va peindre l’arbre à sa manière. L’arbre généalogique de sa famille a un reflet vivant et feuillu, la vie de Simonne et ses expressions poétique et artistique.

Tête à l’envers est le retournement des images mentales.

Œuvre 14 : MON COQ, 26 octobre 1994

Ce coq fait partie des premières écritures automatiques. En regardant bien le coq ont voit qu’il se compose de formes, au premier regard invisibles. Dans le cou du coq se trouvent les enfants de Simonne Roumeur. André Roumeur, le mari de S. Roumeur, le décrit ainsi en fonction de leurs conversations. 

Ce tableau est proche de Tête à l’envers. Mais à mon sens les choses sont inversées. La vie domine les souffrances de ceux qui sont morts. Simonne a voulu que les méandres de l’esprit ne soient plus mystérieux afin que ses enfants sachent que leurs angoisses sont communes à tous les hommes. Simonne est fière de ses enfants, elle leur a donné la vie et la vie spirituelle, l’indépendance d’esprit.

Les images qui viennent à la conscience, dans l’angoisse, se ressemblent d’une personne à l’autre. L’adolescence est marquée par l’inquiétude de l’intégration dans le groupe social, la première prise de conscience du monde qui nous entoure et de ses imperfections… Toutes ces fragilités ont été répertoriées par Carl Gustav Jung, comme un enfant qui collectionne des insectes sans trop de discernement : L’arbre, l’arbre renversé, le serpent, le prince, l’épée, la pierre…

A ma connaissance, Simonne Roumeur n’avait pas lu C. G. Jung. Mais elle utilise le venin de ses peurs pour les retourner. La forme que prennent ses angoisses est l’origine de leur apparition dans la conscience. Ces images origines sont riches de double sens. Comme elles naissent d’une angoisse, on y trouve une face d’ombre et une face de lumière.

 

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 12:58

A Marie Estelle

 

 

Au moment où je travaillais sur l’œuvre de Simonne Roumeur, au cours d’une conversation, Marie Estelle me disait qu’elle croyait à l’intégration par le travail. Autour de la question de l’intégration se pose celle du travail, bien sûr, mais aussi celle de l’identité qui est également liée au travail mais à d’autres éléments encore. De cette conversation à quatre ou cinq, j’ai voulu retenir quelques éléments et apporter un peu de réflexion.

De quel travail parle-t-on ? Si le travail est l’ensemble des gestes ou des actes qui permettent de vivre ensemble, comprenant les secteurs primaire, secondaire et tertiaire est-ce que l’acte de penser est un travail ? Oui, dans tous les secteurs l’acte de penser est un travail. Est-ce que le travail est uniquement la rémunération ? Un architecte vous dirait que non car beaucoup de ses projets et de longs jours consacrés à ces projets n’ont pas abouti.

Quand on me parle de travail, je vois ces immenses terres à blé d’Amérique ou de Chine. Ces lieux si riches que l’on a même tenté de faire deux récoltes par an. Et pourquoi n’a-t-on pas pu faire deux récoltes par an ? Car les labours ouvraient la terre deux fois et les vents emportaient la terre. Après la pluie, les terres riches en sels minéraux forment à leur surface une croute. Cette croute résiste au vent. Et la terre ne bouge pas.

Les premiers fermiers d’Amérique du Nord ont labouré la terre en la retournant comme en Europe. Comme le désert gagnait sur les terres fertiles en raison du vent qui soufflait des toundras du Nord, ils ont fendu la terre juste un peu pour pouvoir semer sans casser l’intégrité de la croute de sels. Les américains labourent peu.

Quand on me parle de blé, je repense au « petit prince » de A. de Saint-Exupéry. Il y a un petit prince dans chaque cœur. Le cœur est une maison et l’un de ses habitants est un petit prince. A. de Saint-Exupéry, dans son petit avion, était un pionnier de la communication qui faisait la liaison entre la France et l’Afrique du Nord. Dans le groupe Latécoère, on trouvait aussi Jean Mermoz,  un grand bonhomme qui ne savait rien faire d’autre que de piloter et qui prenait tous les risques pour ouvrir la liaison avec l’Amérique. Il est tombé dans la Cordillère des Andes, a traversé des montagnes glacées et a réussi à ouvrir la ligne avec les Amériques avant de disparaître dans l’océan[1]. Jean Mermoz disait d'Antoine de Saint-Exupéry à peu près ceci : il exprime ce que je ne sais pas dire. En lisant vol de nuit vous saurez pourquoi Jean Mermoz parlait ainsi. Avec tout leur courrier dans les soutes, les pilotes incarnaient les rêves et les espoirs de ceux qui dormaient dans les villes et les campagnes qu’ils survolaient.

Quand la guerre a éclaté, Antoine de Saint-Exupéry  a demandé à voler pour les armées. Bien sûr, la hiérarchie n’était pas d’accord. Pourquoi envoyer dans des missions dangereuses un des plus grands penseurs et intellectuels de l’époque ? C’était un véritable cas de conscience. Mais il insistait tellement… Il s’est abîmé en Méditerranée, cette mer qu’il avait dominée.  A-t-on retiré son petit avion de la mer ? Ce serait retirer le signe des relations entre l’Europe et l’Afrique. Alors, pourquoi le petit prince meurt-il ? Le renard lui dit : quand je verrai les blés, je me souviendrai de toi et de ta chevelure. Le petit prince veut retourner auprès de sa rose, dans sa planète. Il a découvert qu’il existait des milliers de roses dans les jardins de la terre, aussi belles que la sienne. Mais, il a vu aussi, en sortant de sa planète, avant de rejoindre la planète bleue, que personne n’était sorti de sa planète et qu’il était seul au milieu du désert, loin de tout avec son petit avion cassé plein de lettres. Il a vu l’astronome, l’économe qui s’acharnaient sur leurs calculs sans même lever la tête ; il a vu l’ivrogne qui ne savait plus quoi faire de ses bouteilles lancées sans retour ; il a vu le lampiste ; il en a vu d’autres qui toujours n’étaient tournés que vers leur point de vue finalement mesquin. Et puis, il y a eu la guerre la dernière des relations, celle du sang, qu’il n’a pas voulu refuser. Et le petit prince est mort.

Le renard parle des blés à maturité, dorés et il parle des cheveux de l’enfant. Personne n’a voulu écouter l’enfant, personne n’a ouvert le cœur de l’enfant. La rose, en Orient, est symbole de l’épanouissement du spirituel de l’âme tournée vers Dieu. La rose est l’origine, le lieu où le spirituel rejoint les sentiments.

La terre de l’âme de l’enfant ne se retourne pas complètement car elle est aussi grande que les riches terres à céréales de Chine ou d’Amérique. Il est important de respecter l’intégrité de la personne, ses secrets et sa richesse, autrement, tout part au vent. Il suffit d’ouvrir d’un coup d’épée précis dans le cœur pour y semer avec science les graines nécessaires à l’épanouissement du jardin de l’âme.

Le coup d’épée dans le cœur peut être l’acceptation de la différence, de l’autre, voir que les jardins sont pleins de roses et de continuer à aimer sa rose et respecter sa rose.

Dans l’enfance, il existe un stade ou l’enfant cherche son unité. Il se détourne de sa famille qui le déçoit pour mieux regarder le monde. Il cherche autour de lui ce qu’il ne trouve pas dans le cercle familial. Le stade Tintin est la sortie du stade du miroir. (Le stade du miroir se caractérise par l’impuissance et le transfert de l’énergie vers les membres de la constellation sociale). Il s’inspire des célèbres aventures du reporter en bandes dessinées. Serge Tisseron dénonce Tintin, une image d’Hergé, comme créée autour d’un secret de famille. A mon sens, Tintin est un prolongement dans l’adolescence et l’âge adulte pleins de désillusions, des plaisirs de la fin du stade du miroir, moment où l’enfant prend conscience de son identité, se détache de sa famille et cherche son identité en dehors de la famille, son imagination créatrice qui se définit par l’aptitude à fabriquer des images toujours nouvelles. Le stade Tintin est celui des études et de l’intégration nécessaire pour trouver une place dans le groupe social, se marier ou autre.

Les secrets de famille créent une angoisse. Les images de l’enfance angoissée sont de l’imagination créatrice. « Les scènes et les scénarios psychiques construits par l’enfant en réaction au secret l’ont été dans l’espoir de trouver une confirmation ou un démenti chez ses parents »[2].

Peut-on vraiment dire qu’il existe des « familles à secret »[3] ? Toutes les familles ont des secrets, surtout si l’on remonte très loin et très large dans les arbres généalogiques.

La connaissance des ancêtres est l’occasion de chercher les constituants de sa personnalité et de se les approprier, non pas en les subissant.

Mais le virtuel, ce n’est pas le complexe. L’assimilation virtuelle du développement a pour fin l’expression de la personnalité. En art, les images symboliques se traduisent dans l’œuvre si la personnalité de l’artiste est simple et une. Alors, l’œuvre d’art est une réalisation réussie dans le contexte psychanalytique. Lacan arrive aux mêmes conclusions car, selon lui, le but du psychanalyste est de restaurer cette image, au départ en état divisé. L’œuvre d’art manifeste de la fin du stade du miroir comme portant les multiplicités virtuelles.

Le terme complexe est employé, en psychanalyse d’abord, par C. G. Jung pour désigner les phénomènes qu’il découvre quand il demande à ses patients d’associer un mot à un mot qu’il énonce. Le temps de réaction et l’attitude perturbée du patient peuvent faire apparaître, pour certains mots, un contenu émotionnel. Le complexe absorbe une quantité d’énergie ; le complexe peut engendrer des personnalités multiples dans l’individu ; le complexe est une dissociation de la personnalité.

Le virtuel, en s’associant au possible, donne, selon G. Deleuze, pour ce qui est de la pensée, l’actuel. Et le possible donne, dans le sensible, la réalité.  L’assimilation virtuelle de développement réunit le multiple pour former une image simple qui dépasse le stade du miroir. L’œuvre d’art est un exemple d’assimilation virtuelle de développement.

Revenons à la libido comme concept énergétique. La libido est la notation symbolique[4] des équivalences entre les dynamismes du comportement. Ces dynamismes sont dus aux images auxquelles le patient s’identifie.

Le stade du miroir est le moment où le « je » est forme primordiale, matrice symbolique, quand il n’est pas encore objectivé. Le stade du miroir est le stade de la dépendance et de l’impuissance motrice. Il est le stade de l’image, de l’identification à la constellation sociale. Le « je » s’objective dans l’identification à l’autre et dans le langage. Pour dépasser l’impuissance motrice, il s’identifie à ses parents et devient sujet à travers eux. Il s’inspire de l’image de ses parents pour canaliser l’énergie sexuelle présente en lui naturellement. Le stade du miroir détermine le rôle féminin ou masculin que jouera la personne.

« Il faut feuilleter un album reproduisant l’ensemble et les détails de l’œuvre de Jérôme Bosch pour y reconnaître l’atlas de toutes ces images agressives qui tourmentent les hommes. »[5] L’agressivité se manifeste par le refoulement hystérique et ses retours à un stade plus archaïque.

Dans le triple portrait de Keith Cottingham[6], il semble que le stade du miroir ne soit pas dépassé. Il n’y a pas de sujet. Cette image est celle de l’androgyne, une multiplicité sans identification. L’artiste est aussi celui qui dit la différence par rapport à la norme ; il exprime alors une dégradation de la réalité. La réalité n’est pas conforme à la norme. La réalité est toujours un peu dégradée. L’art, la poésie sont aussi les plaisirs renouvelés des différents stades de l’enfance. Les plaisirs de la fin du stade du miroir sont ceux du ciel de Mercure, la poésie, les arts, l’espérance de changer le monde, la réflexion et l’étude. Convaincre l’enfant de s’intéresser trop tôt à la nécessité familiale et de ne pas canaliser son imagination dans la lecture, l’art, le plonge vite dans la jalousie et l’empêche de connaître les plaisirs du stade du miroir. Cela sera peut-être déterminant, plus tard pour la finesse et la persévérance avec laquelle il travaillera ou fera ses études. Mais le stade Tintin est aussi celui de l’opposition, du détachement normal, vis-à-vis de la famille, pour s’imposer et éviter ces deux écueils. Le stade Tintin est celui où l’enfant monte au grenier, s’isole, va à la bibliothèque pour enfant, écoute les conseils de son institutrice et ne se moque pas d’elle…

Le moment où s’achève le stade du miroir inaugure l’identification à l’imago du semblable, des parents, et inaugure le drame de la jalousie primordiale. En fait, la fin du stade du miroir se caractérise par le désir de l’autre qui donne l’énergie d’accéder au savoir humain. La rencontre de l’autre se fait dans la connaissance, le sensible et l’amour comme recherche d’unité.

 

Nous avons défini le stade du miroir et celui qui ouvre sur le désir de l’autre. Les deux ne sont pas en opposition. La formation des images est nécessaire pour ensuite construire la personnalité tournée vers les autres. Je pense qu’il n’est pas bon de rejeter les différents stades de la libido. Le stade du miroir est important pour l’identification. Ce n’est pas surprenant de le découvrir dans l’art. La découverte de soi, l’importance du groupe social et le moyen de fédérer ce groupe passe par les images mentales. Accepter des images mentales perverses (les perversions ont été répertoriées par Sigmund Freud) dans l’esprit ou en mettre chez les autres est source de division et de violence. Le visage, l’ange, la beauté telle que l’a décrite Baudelaire, tout cela participe de la fin du stade du miroir, si l’on se réfère à la psychanalyse. Ce sont des étapes pour une action centrée sur un sujet, dont l’âme est simple et qui pourra se tourner vers les autres. Mais ces images ne passent pas par la négation du sujet. La symbolisation passe par une sublimation. Le Cantique des Cantiques en est un exemple. Les images mentales et les images poétiques qui chantent l’amour peuvent rester.

Les chansons populaires sont le moyen de déclarer son amour à quelqu’un mais elles peuvent aussi être une forme de sublimation, un hymne à l’Amour.

Jean Mermoz est-il un adulte irresponsable quand il ouvre les voies postales de l’Amérique du Sud, même s’il le fait au détriment des supplications de son épouse follement amoureuse ?

Que reprocher à Antoine de Saint-Exupéry quand il va à l’encontre des chefs militaires qui cherchent à le protéger ? Son petit avion est un relais entre les hommes du bassin méditerranéen.  Sa tombe est aussi grande que la mer Méditerranée. A son petit prince est associé les immenses terres à blé de l’hémisphère Nord, aussi grandes que les âmes à initier des petits princes de tous les pays. Les études, l’intérêt pour la société, pour l’école, les grands projets et les petits projets du quotidien sont les joies du vivre ensemble, la fin du stade du miroir.

Le stade du miroir peut-être perturbé par un secret qui isole l’enfant des parents.

Certains secrets perturbent le comportement des parents et par découlement celui de l’enfant. Pour le médecin, le but n’est pas d’entrer dans les secrets, ni de chercher à les comprendre. Le rôle du médecin est de montrer les constructions issues des distorsions familiales. « La reconnaissance de ces constructions est d’autant plus nécessaire que, pour guérir des secrets, nous devons bien souvent renoncer à en connaître le contenu… »[7]

Mais attention, « Le secret est la meilleur des choses. Il protège notre intimité psychique et physique, notre vie privée et celle de ceux que nous aimons. »[8]

« Par contre, il importe que le thérapeute pointe l’existence de secrets qu’il pressent. Encore une fois, « pointer l’existence » ne veut pas dire désigner le contenu, du reste le plus souvent hypothétique. »[9]

Attention donc aux questions  et suggestions des proches de la personne elle-même et des personnes mal intentionnées du groupe social, elles peuvent constituer une violence.

Pour l’individu, « Connaître ses propres secrets familiaux est la condition pour pouvoir s’occuper de ceux des autres »[10].  Ce propos est contradictoire avec « …on ne peut jamais vraiment savoir si un secret révélé n’en cache pas un autre, et cela à l’insu du porteur de secret lui-même qui croit garder un secret bien à lui alors qu’il est en fait la victime d’un secret qu’il ignore à la génération précédente. »[11]

Le XX siècle fut très violent, déplacement de peuples, génocides, pogromes, persécutions, bombe atomique, suicide, avortement, divorce, racisme etc., même si dans une partie des cas ces souffrances n’ont pas été cachées ou partiellement cachées. Les familles à secrets sont nombreuses.

La symbolisation, dans cette situation, devient une construction entre le secret et la vie. Les relations difficiles occasionnées par le secret ont une place dans l’inconscient. Bien prétentieux serait celui qui connaîtrait son inconscient qui, sans arrêt, se renouvelle dans la relation. Les symbolisations expriment les angoisses de l’enfant face à l’exclusion du groupe, aux inquiétudes collectives. Simonne Roumeur exprime son angoisse devant l’exclusion et l’isolement résultant de la maladie, le manque d’énergie, ses rêves en poésie et en peinture sont une raison de vivre au milieu des autres avec les oppositions et les rencontres que cela occasionne.

Simonne Roumeur désirait que sont travail puisse servir à une meilleure connaissance de l’inconscient, sans peur de l’inconnu. Elle présente les archétypes de la pensée en les rendant inoffensifs et les sort de l’inquiétude collective. Les archétypes de la pensée ne sont pas les secrets qui, eux, occasionnent des scènes figées sur lesquelles son imagination viendra buter. Les archétypes de la pensée sont sa recherche de l’énergie pour vivre et ne pas sombrer dans la peur. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de secrets dans la famille de Simonne. Je dis : peut-être que le geste issu de l’imagination et du souci de travailler son inconscient les domine, comme Hergé dans l’œuvre Tintin. Tintin travaille à changer le monde comme Simonne Roumeur travaille à faire grandir son âme, ou Saint Georges à terrasser le dragon.

Comment protéger l’inconscient qui existe à côté du conscient ? Il est impossible de renoncer à l’inconscient qui est un constituant de la pensée. 

Peut-être l’initiation, la morale sont-elles des solutions à mettre en avant pour espérer trouver une unité intérieure qui ouvrira les portes de l’unité du groupe social.

 



[1] En trois années, après avoir quotidiennement frôlé la mort et vaincu la Cordillère des Andes, Jean Mermoz avait réussi ce challenge. Le 30 janvier 1930, il quittait l'Amérique du Sud et laissait la responsabilité des lignes à ses amis: le Brésil à Etienne, le Paraguay à Reine, la Cordillère des Andes à Guillaumet et la Patagonie à Saint Exupéry ...
De retour en France, Mermoz n'avait plus qu'une obsession : traverser l'Atlantique Sud.
Le 12 mai 1930, il réussit le premier vol entre Saint-Louis et Natal sur un hydravion Laté 28, le «Comte de la Vaulx».
Mais il faudra attendre 1933 pour qu'un avion moderne, le Couzinet 70 « Arc en Ciel », fasse faire un pas de géant à l'aéronautique mondiale.
Parti le 12 janvier 1933 de l'aérodrome de Paris-Le Bourget, Mermoz arrivait le 17 à Buenos Aires, en Argentine.
Le retour à Paris fut une formalité et un triomphe total.
http://www.amcmermoz.com/JeanMermoz/FrameJeanMermoz.htm

[2] Serge Tisseron, Secret de famille mode d’emploi, Ed. Marabout, 1996, p. 113.

[3] Serge Tisseron, Secret de famille mode d’emploi, Ed. Marabout, 1996, p. 114.

[4] La symbolique est le moyen alchimique de faire fusionner deux milieux différents. Il a le même sens en alchimie qu’en chimie. La psychologie est l’exploration de l’esprit, l’alchimie est l’étude de la rencontre de l’esprit et de la matière le lieu de Mercure.

[5] Jacques Lacan. Ecrits I, Seuil, 1966, p. 104.

[6] Keith Cottingham, Untitled (Triple), 1992, in Michael Rush, Les nouveaux médias dans l’art, Paris: Thames & Hudson, 2002, p. 187.

[7] Serge Tisseron, Secret de famille, mode d’emploi, Paris : Marabout, 1996, p. 120.

[8]Ibid. p. 125.

[9]Ibid. p. 131.

[10] Ibid. p. 124.

[11] Ibid. p. 130.

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 09:11
Album - Exposition Simonne Roumeur à Bruxelles avril 2010
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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 08:58

IMG 2747

 

Cette exposition a lieu au Musée d'art spontané de Bruxelles (Schaerbeek) et à la bibliothèque 1001 pages
entre le 1er avril et le 8 mai 2010.

 

Monique Oblin-Goalou donnera une conférence sur cette artiste le vendredi 30 avril 2010 à 12h30 à la bibliothèque 1001 pages.

 

IMG 2747
par Monique Oblin-Goalou

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:22

SCHAERBECK (Belgique)

MUSEE D’ART SPONTANE : 27 rue de la Constitution. 1030 Schaerbeek. Tél. :               +32 (0) 2 426 84 04         +32 (0) 2 426 84 04  ou               +32 (0) 2 426 84 04         +32 (0) 2 426 84 04  Mardi/Samedi : 13h/ 17h.

 

 

roumeur roumeur


Simonne LOAËC ROUMEUR

Née à Bohars le 12 Août 1939 Simonne, suit la formation de sténodactylographe.
Elle se marie en 1960 et a 4 enfants. Elle lâchera son travail salarié pour s’occuper de ses enfants.
Elle milite dans le syndicalisme familial fera de l’alphabétisation des adultes et assurera pendant 4 ans l’animation et la gestion d’un organisme de travailleuses familiales.
Elle sera aussi une engagée politique active et sera élue conseillère municipale à Relecq-Kerhuon.

En 1991 Simonne devra abandonner tous ses engagements pour cause de maladie. Gravement intoxiquée par des produits chimiques, son état de santé devient catastrophique. Elle souffre d’un épuisement général avec des douleurs de toutes natures. Après trois ans de lourds traitements Simonne va mieux, son corps est moins douloureux, et son esprit se libère ; lui permettant d’effectuer différentes recherches d’ordre métaphysique. C’est dans ce contexte qu’un jour de septembre 1994, elle laisse courir sa main sur le papier. Sa première écriture automatique est tracée. Peu après elle entreprend ses premières peintures.

 

De 1994 à 2007, elle alterne poésie et peinture en concordance avec ses rêves et ses recherches du moment. Malgré toutes les appréhensions et les peurs engendrées par ce qui se passe en elle et se révèle au grand jour, Simonne accepte de se laisser guider par son subconscient et l’assume pleinement. Pour elle c’est une question de survie. Après s’être tant battue, pendant 16 ans, contre la souffrance, le cancer et ses multiples rechutes, Simonne rend son dernier souffle le 9 Juillet 07.

 

Dans le combat qu’elle a mené pour la vie (Simonne affirmait qu’elle ne se battait ni contre la maladie ni contre la mort qui sont trop fortes) elle a découvert les délices de la création artistique tout en cheminant sur la longue et difficile route de la maladie.

 

Exposition de dessins et de textes au Musée d'Art Spontané et à la Bibliothèque 1001 pages, du 1er avril  au 2 mai 2010

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 09:56

Je livre ici une ébauche de réflexion suite à une relecture de l'ouvrage de Jean Guitton.

La première fois que j’ai vu la chambre de Marthe Robin, j’ai eu un mouvement de surprise et de rejet. Comment avoir permis une œuvre d’une telle ampleur, au travers de Marthe Robin et du Père Finet, et avoir laissé la famille de Marthe dans de telles difficultés ? Marthe a été enfermée dans une image de Dieu, celle de la passion. Et elle a souffert pendant des dizaines d’années ce que Dieu avait souffert en un jour ! Cette hystérie est née du rejet du spirituel par les croyants du groupe social. Les hommes veulent-ils Dieu ?

La biographie de Marthe Robin, par Jean Guitton, s’appuie sur la pensée d’Henri Bergson. La mystique d’Henri Bergson est le témoignage de la conversion progressive d’un juif au christianisme. Au départ, Dieu s’est détourné des hommes. La pensée est celle de l’attente.

Henri Bergson est un juif qui croit en un accomplissement de la pensée juive dans le catholicisme. « Bergson allait plus loin que James pour qui toutes les mystiques s’apparentaient.  A ses yeux, les grands mystiques chrétiens étaient profondément différents des mystiques non chrétiens, grecs ou hindous, païens ou bouddhistes. Ceux-ci s’arrêtaient à l’état d’extase. Au contraire, les mystiques chrétiens renversaient la direction du mouvement qui les portait vers l’extase ; ils convertissaient la conversion, en la  ramenant du ciel sur la terre. »[1]

Mais pourtant, jamais la mystique d’Henri Bergson ne vient rejoindre la simplicité de la vie dans le point remarquable de l’échelle humaine. Il rencontre sa fille dans une vision, mais, il ne la voit pas dans la simplicité de la vie.

Jean Guitton est issu de la bourgeoisie partagée entre pudeur et crainte, influencée par l’élégante et mondaine morale protestante. La relation à Dieu est une affaire personnelle sans considération de la question de la religion.

« Relativement à un être qui est tout fait au-delà des limites de notre expérience, mais qui se rencontre toutefois quant à sa possibilité dans nos Idées, par exemple l’Idée de Dieu […] Mais ce n’est pas là conscience d’un devoir envers Dieu. Car puisque cette Idée procède entièrement de notre propre raison et que nous l’élaborons nous-mêmes, soit au point de vue théorique pour nous en expliquer la finalité dans le monde, soit à un autre point de vue pour nous en servir comme d’un mobile de notre propre conduite, nous n’avons donc point devant nous un être donné (révélée), […] sinon il faudrait tout d’abord que sa réalité fut prouvée par l’expérience.  On peut donc dire en ce sens (pratique) : avoir de la religion est un devoir de l’homme envers lui-même. »[2] Pour Kant, Dieu n’est pas présence mais Idée. Pour Kant, la religion se fait en conscience individuelle, sans considération de la relation, ce qui est contradictoire avec le sens du mot religion.

Jésus dit à ses disciples : " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés " (Jn 13,34).[3]

Jean Guitton distingue donc deux types d’usage du sens. En quelque sorte, il échoue dans la mystique. Il écrit avec raison: «Pour Görres, qui était dans la tradition de Plotin, la vie mystique n’est pas une vie superposée à la vie sensible : elle est la sublimation, la plénitude de cette vie. Nos sens peuvent pénétrer dans le domaine de l’esprit sans cesser d’être des sens. »[4]

Marthe Robin savait voir Dieu dans l’autre, son prochain, les multitudes qui l’ont visitée. Marthe a vécu le mystère de la visitation. Elle savait voir l’enfant en chaque personne qui la visitait, comme Elisabeth se réjouit devant celle qui porte Dieu.

Jean Guitton écrit encore : « Autrement dit, Görres a l’idée que nous pouvons utiliser un sens dans deux directions possibles.  La première est celle par laquelle le sens nous met en relation avec l’objet extérieur. La seconde est celle par laquelle le sens peut nous mettre en rapport avec un objet supérieur aux domaines que nous appelons « matière » et « vie ». Ainsi, il y a deux manières d’user de la vie : une première qui est corporelle utilitaire et commune ; une seconde, qui est celle du « voyant », où celui qui voit, ou croit voir, capte une réalité cachée aux autres et invisible. »[5]

Jean Guitton est catholique, il croit en la présence rédemptrice du Christ au monde. En chaque homme, Dieu est présent et nécessite d’être dévoilé. Il le dit, mais il en sort une sorte de pessimisme car cela reste réservé à certains ou intervient au moment de la mort. Il échoue en réservant l’usage des « deux directions possibles » du sens à des cas exceptionnels : «Admettons qu’il existe pour certains privilégiés une seconde fonction des sens. Ils ne feraient que réveiller une faculté virtuelle en chacun des hommes et susceptible de se réveiller un jour, de sorte que nous serions des mystiques qui s’ignorent.  »[6]

L’usage du mot virtuel est intéressant car chacun vit la présence de Dieu. Cette présence est parfois inconsciente, ou indéfinissable. Ainsi, au jugement dernier, les fidèles ne se souviendront pas avoir été de bons serviteurs.

Geneviève Clancy, ma directrice de thèse à Paris I, me disait sa certitude que la sagesse est présente à chacun. Ce sont les hommes qui refusent d’ouvrir leur porte à la Lumière. Mais en chacun, il y a cette conscience qu’il est possible de fermer ou de sceller selon les mots du Coran.

L’idée de mystique qui s’ignore est intéressante. Mais, ne cache-t-elle pas une situation facile, un prétexte pour ignorer Dieu?

Marthe Robin souffrait de l’indifférence des hommes pour Dieu et de tous ceux qui furent voilés pour cacher la présence de Dieu au monde. Cela met Marthe en première ligne de la bataille. Etait-elle vraiment seule ? « Le conflit du bien et du mal n’était pas pour elle, comme il est pour nous, un spectacle. C’était une bataille où elle était exposée en première ligne. Et, comme je l’ai dit et comme elle le pensait : où elle était peut-être engagée seule, s’offrant seule pour l’expiation »[7].

Jean Guitton, par humilité devant la grandeur des combats de Marthe, n’ose peut-être pas s’associer à Marthe Robin. Marthe Robin était très seule mais elle n’était pas seule car elle disait d’une autre personne, qui avait d’autres engagements dans sa vie et que Jean Guitton ne nomme pas, ne jamais avoir souffert devant Dieu par cette personne. Je ne crois pas que Marthe était seule, mais elle fut le témoignage « merveilleux » de l’amour de tous ceux qui furent voilés.

Le mystère de Dieu est grand. Pour un temps, devant les lâchetés du XXe siècle, peut-être s’est-Il détourné des hommes laissant dans l’ombre ceux qui lui restaient fidèles ? Ne pleurons pas sur les souffrances de Marthe, mais pleurons sur nous-mêmes et nos enfants.



[1]Jean Guitton, Portrait de Marthe Robin, Grasset, 1985,  p.128.

[2] E. Kant, Doctrine de la vertu, Paris : Vrin, 1996, Tome II, p. 119.

[3] 2196 En réponse à la question posée sur le premier des commandements, Jésus dit : " Le premier, c’est : ‘Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l’Unique Seigneur ; et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force !’ Voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là " (Mc 12,29-31).

L’apôtre S. Paul le rappelle : " Celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte : tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne voleras pas ; tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en ces mots : tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi dans sa plénitude " (Rm 13,8-10).

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 15-20 :

Jésus disait à ses disciples : «Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église : s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Vraiment je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Oui vraiment je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre s'entendent pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux.»

[4] Jean Guitton, Portrait de Marthe Robin, Livre de poche Grasset, 1985, p. 131.

[5] Jean Guitton, Portrait de Marthe Robin, Livre de poche Grasset, 1985, p. 132.

[6] Jean Guitton, Portrait de Marthe Robin, Livre de poche Grasset, 1985, p. 132.

[7] Jean Guitton, Portrait de Marthe Robin, Livre de poche Grasset, 1985, p. 75.

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